lundi 8 août 2022
Tests et aperçusTest des Schtroumpfs - Mission Malfeuille : ne paraît-il pas un peu désuet ?

Test des Schtroumpfs – Mission Malfeuille : ne paraît-il pas un peu désuet ?

Les Schtroumpfs – Mission Malfeuille est la nouvelle production d’OSome Studio. On connaît déjà l’équipe lyonnaise pour Astérix & Obélix XXL 3 : Le Menhir de Cristal. Microids a fait part de son envie d’exploiter les grands noms de la BD : Marsupilami, Astérix bien sûr, Tintin bientôt… Ces adaptations évoquent souvent des souvenirs lointains chez les gamers de plus de trente ans, mais pas toujours les meilleurs. Heureusement, et malgré quelques couacs détaillés ci-après, les développeurs proposent un jeu de plateforme très honorable grâce au Vaporisaschtroumpf.

VersionsSortieDéveloppeurÉditeurPrix
PC26/10/2021OSome StudioMicroids29,99 €
PlayStation 405/11/2021OSome StudioMicroids39,99 €
Xbox One05/11/2021OSome StudioMicroids39,99 €
Switch05/11/2021OSome StudioMicroids39,99 €

Sommaire

Les Schtroumpfs – Mission Malfeuille est-il fidèle à l’univers de Peyo ?

Cette nouvelle adaptation des Schtroumpfs ne s’appuie pas directement sur l’esthétique de la bande dessinée, comme celle d’Ubisoft en 2015. On retrouve toutefois l’univers de Peyo avec ses personnages emblématiques et son fameux village, dépeints en 3D. La représentation graphique fait davantage penser au film d’animation de 2017 : Les Schtroumpfs et le Village perdu. À ce titre, OSome Studio permet de réaliser un rêve d’enfant, à savoir se promener dans le village des Schtroumpfs entièrement modélisé. Les interactions y sont hélas peu nombreuses.

Gargamel a mis au point une nouvelle arme pour capturer les Schtroumpfs : la Malfeuille. Il s’agit d’une mauvaise herbe qui se répand dans la forêt et qui permet de piéger les petits êtres bleus dans d’immenses cages végétales. Pour s’en débarrasser, le Schtroumpf bricoleur met au point le Vaporisaschtroumpf. Cet appareil diffuse une substance capable de soigner plantes et créatures contaminées, en plus de nombreuses autres fonctionnalités qui s’ajoutent au fil de la progression.

On contrôle alors le Schtroumpf costaud, le Schtroumpf à lunettes, le Schtroumpf cuisinier puis la Schtroumpfette dans de longs niveaux aux biomes très similaires. Tous les niveaux sont aux abords du village et représentent différents lieux de la forêt, qui se ressemblent beaucoup. On parcourt ainsi le village, la forêt autour puis le marais lugubre. Les deux derniers chapitres tranchent légèrement avec les cuisines du château Marmite et la masure de Gargamel. La narration s’avère toutefois plaisante avec des interludes à la manière d’un livre pour enfants. Les Schtroumpfs ne cessent de communiquer par l’intermédiaire d’un talkie-walkie et les dialogues humoristiques gardent un esprit bon enfant.

De quels jeux de plateforme s’inspire-t-il ?

Les Schtroumps – Mission Malfeuille évoque les jeux de plateforme en 3D de la fin des années 90. On parcourt des niveaux relativement linéaires dans lesquels de nombreux collectables sont disposés. Ces derniers servent de ressources pour améliorer le Vaporisaschtroumpf. Des phases de plateformes très classiques constituent la majeure partie du level design. Elles manquent souvent de précision mais sont suffisamment permissives pour ne pas frustrer l’utilisateur. Mais les mécaniques restent très simples : vol plané, bumpers etc.

On peut toutefois citer deux références qui ont sans doute inspiré la conception du Vaporisaschtroumpf : Luigi’s Mansion et Super Mario Sunshine. L’outil sert en outre à combattre et l’on doit en exploiter une fonctionnalité pour chaque ennemi. Le joueur doit par exemple aspirer la tête de l’un ou effectuer une attaque rodéo sur un autre. Une créature requiert que l’on fasse tomber la colonne sur laquelle elle se trouve en utilisant l’accélération. Chaque monstre possède sa mécanique, ce qui rend les combats plus variés, à défaut d’être particulièrement amusants. On remarque également l’absence de boss de fin de niveaux : le joueur doit plutôt soigner d’immenses plantes qui font office de petits niveaux à part entière.

Au fil de la progression, on peut enfin améliorer son appareil auprès du Schtroumpf bricoleur, en échange de ressources. On peut parfaitement passer à côté des mises à niveau car elles ne sont pas suffisamment explicites. Les développeurs auraient pu afficher une notification quand l’une d’entre elles est disponible, par exemple. Pour le reste, on ne se perd jamais car un indicateur d’objectif affiche en permanence le chemin à emprunter. L’exploration en dehors des sentiers battus est cependant récompensée.

Comment OSome Studio a réussi à rendre la mécanique du Vaporisachtroumpf aussi plaisante ?

Dès lors que l’on visite une zone des Schtroumpfs – Mission Malfeuille, il est possible de s’y téléporter à l’aide d’un voyage rapide. Chaque niveau comporte une jauge de nettoyage et il revient au joueur de la remplir. Il suffit de soigner chaque touffe d’herbe pour faire reculer la contamination de la Malfeuille. Et rapidement, la chasse aux mauvaises herbes devient aussi satisfaisante que le nettoyage de Super Mario Sunshine ou de PowerWash Simulator. Rien n’est plus agréable que voir le village des Schtroumpfs retrouver sa verdure.

Comme les fonctionnalités du Vaporisaschtroumpf ne sont pas toutes immédiatement disponibles, le joueur doit souvent revenir après coup pour terminer le jeu à 100%. Pour certains collectables, le joueur doit faire l’usage de mécaniques spécifiques. Il n’est pas rare que l’on doive nettoyer × champignons dans une fenêtre de temps serrée. On doit par exemple réaliser une attaque rodéo de très haut, de sorte que tous soient nettoyés en même temps par le souffle du Vaporisaschtroumpf. Il faut aussi et parfois utiliser l’accélérateur pour les toucher à toute vitesse. Au début, on ne comprend pas forcément comment résoudre ces petites énigmes, mais elles n’ont rien de sorcier quand on débloque tous les mouvements.

De ce fait, le titre propose une durée de vie qui se situe entre six et sept heures de jeu. Si l’on inclut le nettoyage de toutes les cartes et l’ensemble des collectables, le volume est en réalité beaucoup plus important. Les développeurs laissent par ailleurs le choix : on peut terminer le jeu en ligne droite ou prendre le temps de compléter au maximum les objectifs. Dans tous les cas, ces à-côtés représentent la partie la plus plaisante des Schtroumpfs – Mission Malfeuille.

Le titre est-il accessible aux enfants ?

Les Schtroumpfs – Mission Malfeuille est bel et bien destiné aux jeunes joueurs, mais à ceux qui ont déjà un minimum d’expérience avec le jeu de plateforme. Les tout petits rencontreront en effet des difficultés à franchir certains passages. Il ne s’agit pas d’une expérience d’initiation comme peut l’être Pat’ Patrouille : La Super Patrouille sauve la Grande Vallée, par exemple. Il existe bien des niveaux de difficulté mais ils n’ont hélas pas d’influence sur la façon dont on appréhende les sauts. Le jeu demande assez régulièrement un certain doigté dans la gestion des sauts et des vols planés. On l’estime plutôt adapté aux enfants à partir de sept ans.

Pour ceux-là, le titre n’est pas excessivement frustrant puisque les combats sont somme toute faciles. On regrette néanmoins un manque de précision qui peut se montrer pénible, surtout dans la dernière ligne droite. Dans le niveau final, notre Schtroumpf doit échapper à Gargamel en prenant soin de ne pas être repéré à la lueur de sa lampe à huile. La caméra est alors fixe et il n’est pas rare que l’on manque une action, encore et encore. Mais dans l’ensemble, les points de contrôle sont assez rapprochés pour que l’on ne doive pas recommencer de trop grands segments de gameplay.

La réalisation modeste ne gâche-t-elle pas le plaisir de jeu ?

Cela n’a échappé à personne : la réalisation des Schtroumpfs – Mission Malfeuille est extrêmement pauvre à plusieurs égards. L’aspect graphique notamment est parfois désagréable, puisque les textures sont souvent pixelisées. On ne parle pas de celles qui s’affichent au loin mais celles d’objets au premier plan, comme l’intérieur d’un tronc d’arbre que l’on doit obligatoirement traverser. Certaines modélisations sont aussi très angulaires, rappelant les jeux de plateforme de l’ère Dreamcast. On a aussi l’impression que le frame rate ne dépasse pas les 30 FPS.

À la limite, cela n’empêche pas de prendre du plaisir mais le manque de finition est tout de même flagrant. On pense à la caméra qui s’emballe trop souvent dans les derniers niveaux. Mais aussi aux collisions souvent hasardeuses avec le décor, puisqu’on reste régulièrement coincé dans des arbustes entre lesquels on n’est pas censé atterrir. Peut-être que l’OEngine n’est pas aussi adapté à la plateforme qu’il peut l’être à un beat ‘em up comme Astérix & Obélix XXL 3 : Le Menhir de Cristal. Les développeurs ont tenté de corriger ce genre de désagrément avec de nombreux murs invisibles mais la sensation est finalement assez déplaisante.

D’un autre côté, on s’étonne du soin apporté au volet sonore. La bande-son est bucolique, puis épique parfois, avec des compositions parfaites pour l’ambiance que l’on imagine être celle du village des Schtroumpfs. On le précise au cas où : non, le célèbre générique n’est pas de la partie. Mais les dialogues sont quasiment tous doublés et donnent beaucoup de vie à l’aventure. On reconnaît quelques temps morts dans le rythme, mais les échanges entre nos petits êtres bleus (et rouge) sont en fin de compte assez captivants.

Les Schtroumpfs – Mission Malfeuille ne paraît-il pas un peu désuet ?

Les Schtroumpfs – Mission Malfeuille ne donne pas l’impression d’un jeu particulièrement moderne. On a plutôt le sentiment qu’il s’agit d’un projet repêché de l’époque où officiaient les PlayStation, Nintendo 64 et Dreamcast. Peut-être que son cadre forestier rappelle celui de Rayman 2: The Great Escape, faisant émerger quelques souvenirs lointains. Son game design surtout fait penser à la simplicité de cette époque. Que ce soit une volonté délibérée d’OSome Studio ou non, on reconnaît le charme un brin désuet du titre.

La première impression n’est pas la meilleure et le jeu montre rapidement ses limites ainsi que ses plâtres non-essuyés. Les séquences de plateformes et les combats ne génèrent pas autant de plaisir qu’on l’aimerait, mais le nettoyage procure une immense satisfaction. Le côté « complétionniste » de l’aventure est suffisamment addictif pour que l’on reprenne sa sauvegarde, même après avoir terminé la campagne. On n’ira pas jusqu’à ranger Les Schtroumpfs – Mission Malfeuille sur l’étagère des classiques de la plateforme, mais OSome Studio a schtroumpfé une adaptation honorable et respectueuse de la bande dessinée.

Test réalisé à partir d’une version fournie par l’éditeur sur Xbox Series X

Les Schtroumpfs - Mission Malfeuille

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