Test d’« Age of Empires IV » sur PC. Ne s’agit-il que d’une évolution par rapport à « The Age of Kings » ?

Test d’Age of Empires IV réalisé sur PC à partir d’une version commerciale.

Age of Empires IV sonne la cloche de la reconquête. Après seize ans d’attente et la sortie d’Age of Empires III, un nouvel épisode, signé Relic Entertainment, est enfin disponible. Celui-ci ne se risque pas à faire évoluer Age of et ressemble à s’y méprendre à un remake du deuxième. Depuis, le STR a pourtant évolué mais les développeurs ont scrupuleusement respecté la recette d’antan en se tournant vers le passé. Et si ce nouvel épisode est taillé dans la même pierre qu’Age of Empires II: The Age of Kings, il semble tout de même promis à un bel avenir.

Test d’Age of Empires IV sur PC

Pour Age of Empires IV, Relic Entertainment signe un retour au Moyen-Âge. Au contraire d’Age of Empires III, les campagnes s’appuient sur des batailles ayant réellement existé. Pour l’instant, quatre d’entre elles sont disponibles :

  • Les Normands (1066-1217)
  • La Guerre de Cent Ans (1351-1450)
  • L’Empire Mongol (1223-1273)
  • L’ascension de Moscou (1238-1552)

Il faut compter entre vingt et vingt-cinq heures pour terminer l’ensemble du contenu solo. Comme d’habitude, il s’agit de missions scénarisées et dont les unités et les ressources sont prédéfinies. On regrette toutefois une forme de redondance dans les objectifs. Il s’agit souvent de tenir un siège ou de résister à celui d’un adversaire. Des quêtes facultatives s’ajoutent de temps en temps, mais rien de très original pour le genre.

Les campagnes ont surtout vocation à apprendre les mécaniques du jeu. On y découvre en effet les nombreuses possibilités tactiques dont les nouveautés de cet épisode. Par ailleurs, tous les profils de joueurs peuvent en profiter grâce aux quatre niveaux de difficulté. Ce mode solo ne reste qu’une mise en bouche avant de mordre le multi à pleines dents. Comme on le trouvait dans les Definitive Edition, l’art de la guerre permet toujours de s’entraîner aux techniques indispensables pour le jeu en ligne.

Aujourd’hui, le contenu peut sembler un peu chiche en comparaison des nombreuses batailles disponibles dans les précédents épisodes. Il ne faut cependant pas oublier le nombre de campagnes additionnelles sorties pour chacun au fil des ans. On pense particulièrement à Age of Empires II: The Age of Kings qui regroupe à ce jour sept extensions. Sans dévoiler ses plans, Adam Isgreen a déjà confirmé que du contenu post-lancement était en cours de développement.

Peut-on découvrir l’Histoire avec Age of Empires IV ?

Les deux premiers épisodes d’Age of Empires sont notamment célèbres pour leur représentation de l’Histoire. Dans les années 2000 et avant l’émergence d’Assassin’s Creed, il n’était pas rare que les professeurs d’histoire-géographie les conseillent. La série a depuis perdu ce statut privilégié car Age of Mythology puis Age of Empires III ne sont pas aussi fidèles. Age of Empires IV a néanmoins vocation à récupérer cette caractéristique.

Ainsi, les batailles de la campagne sont présentées par une narratrice. Les événements intra-jeu sont également racontés par cette dernière, qui sert aussi de guide au joueur. Les développeurs ont réalisé des merveilles pour que les contextes historiques soient décrits avec dynamisme. L’une des astuces est notamment de montrer des panoramas des champs de bataille aujourd’hui. Par exemple, une vidéo présente la ville de York telle qu’elle est de nos jours, et les soldats y apparaissent en filigrane.

On déverrouille enfin des contenus pour approfondir nos connaissances de l’Histoire. Ceux-ci sont souvent en relation avec la mission en cours. Une vidéo présente par exemple le château fort de Guédelon, actuellement construit dans l’Yonne dans les conditions de l’époque. Une autre présente le fonctionnement d’une arbalète. Des pages d’histoire exposent enfin des événements ou des figures historiques. Le travail de documentation est exceptionnel et ces contenus enrichissent grandement l’intérêt des campagnes.

Ne s’agit-il que d’une évolution par rapport à The Age of Kings ?

Il n’est pas tout à fait inexact de considérer Age of Empires IV comme une évolution d’Age of Empires II: The Age of Kings. De nombreux éléments de gameplay introduits dans Age of Empires III ont tout bonnement disparu. On regrette certains d’entre eux, comme les comptoirs et les camps d’indigènes. Le système d’expérience et la métropole n’ont également plus lieu d’être. Voilà pourquoi les développeurs ont opté pour un retour au Moyen-Âge : les mécaniques sont ainsi les mêmes que dans le deuxième épisode. Choisir une autre ère aurait obligé à imaginer un gameplay en conséquence.

On retrouve donc un STR relativement classique qui applique une formule désormais ancestrale. Par exemple, on aurait apprécié que la limite de population saute, pour des batailles de plus grande envergure. On aurait aussi aimé que l’économie diffère légèrement avec une ressource inédite. Age of Mythology s’appuyait notamment sur la faveur des Dieux obtenue en priant. On remarque ici le retour de la pierre, indispensable pour la construction de remparts. L’intérêt est notamment d’y poster de nombreux archers pour contenir les adversaires.

Ce nouvel épisode brille tout de même par ses améliorations de qualité de vie. Les raccourcis clavier sont un peu limités, mais quelques-uns changent la donne. On peut attribuer tous les bâtiments militaires à F1 par exemple, de sorte que l’on puisse produire en un seul clic. Il est même possible de changer le point de ralliement pour tous. On peut sélectionner tous les bâtiments économiques avec F2, l’arsenal avec F3 etc. pour y voir plus clair dans les évolutions de notre civilisation. La gestion de certaines activités est aussi simplifiée, comme le moulin dont les fermes sont disposées plus facilement.

Quelles sont les nouveautés de gameplay introduites dans cet épisode ?

Age of Empires IV repose sur une recette depuis longtemps connue et ne propose que peu de nouveautés. L’adage un peu ringard selon lequel il s’agit « d’une évolution plutôt que d’une révolution » s’applique plus que jamais. Mais quelques mécaniques originales changent profondément la façon de jouer. Comme dans Age of Empires III et Age of Mythology plus particulièrement, les huit civilisations ont des arbres de technologies différents, mais aussi des gameplay particuliers. Les Mongols ont par exemple la possibilité de déplacer leurs camps, tandis que les bâtiments du Saint-Empire Romain se réparent automatiquement.

D’un point de vue purement tactique, la possibilité de réaliser des embuscades est aussi bienvenue. Le joueur peut cacher des armées dans la densité des forêts et sortir au moment opportun. Il prend alors à revers l’avancée de son adversaire. Cette nouveauté réhabilite notamment l’éclaireur dont le champ de vision nettement supérieur permet de mieux détecter le mouvement ennemi. On pense également au déplacement d’attaque : on peut désigner une cible à assaillir et nos unités s’y déplacent en ravageant tout ce qu’elles croisent en chemin.

Le dernier élément qui profite d’Age of Empires IV est le relief puisque les archers ont un net avantage quand ils se trouvent en haut d’une falaise. D’ailleurs, placer un poste avancé en hauteur permet de couvrir une plus grande partie de la carte. Ainsi, en plus de la triangulaire habituelle, l’environnement prend une dimension nettement plus stratégique. À ce propos, les cartes des escarmouches et du multi sont générées de façon procédurale. On ne joue donc jamais deux fois le même scénario, mais on regrette le génie du level design du troisième épisode.

Depuis que l’on attend un nouvel épisode, constate-t-on un immense fossé technique ?

Age of Empires IV n’est pas techniquement exceptionnel. Mais en dépit des centaines d’éléments affichés simultanément, les performances n’ont jamais vacillé dans nos conditions de test. L’aspect graphique est cependant sujet à débat parce que de nombreux joueurs en contestent l’esthétique. Les shaders donnent parfois l’impression d’une peinture à l’huile qui s’anime. Les animations, dont les éboulements de châteaux, sont aussi moins fines que dans les Definitive Edition. D’autres sont très agréables à l’œil, comme les constructions des bâtiments. On y voit alors des échafaudages et des ouvriers qui travaillent en accéléré, permettant d’apprécier l’ampleur de la tâche.

La réussite visuelle de ce nouvel épisode vient plutôt de la génération des chemins et de jardins. Lorsque l’on pose une habitation par exemple, des lopins de terre apparaissent autour et donnent l’impression d’un village. Des routes relient automatiquement les bâtiments entre eux et n’ont qu’une fonction esthétique. Mais on a plus que jamais l’impression de créer une citadelle. C’est-à-dire que dans les précédents Age of, on avait parfois le sentiment que l’on posait nos constructions au milieu de nulle part. Ces détails insufflent beaucoup de vie aux parties, tout comme l’aspect sonore extrêmement travaillé.

On perd toutefois l’ambiance quasi-mystique propre à la série. Les musiques paraissent un peu plus génériques et on a moins l’impression d’assister à la naissance d’une civilisation. On regrette aussi une interface sans aucune fioriture médiévale. L’UI est parfaitement fonctionnelle et très lisible, mais elle tranche avec les aspirations historiques d’Age of Empires IV. Au moins, elle n’occupe pas un tiers de l’écran comme c’était le cas auparavant, mais elle ne permet pas de pleinement s’immerger dans l’Histoire.

Age of Empires IV peut-il remplacer Age of Empires II sur la scène multi ?

Age of Mythology puis Age of Empires III n’ont jamais remplacé The Age of Kings dont le multi est toujours très pratiqué de nos jours. Le premier est trop déséquilibré tandis que le système d’évolution du second n’a pas pleinement convaincu. Age of Empires IV pourrait aussi souffrir d’un manque d’équilibrage sur la scène eSport, parce que les civilisations sont très différentes. Les développeurs auront donc à feutrer les mécaniques pour trouver au fil des mises à jour le rapport de force le plus juste possible.

Cela étant, le netcode, largement éprouvé avec les Definitive Edition, s’avère très performant. Au cours du test, on n’a jamais perdu la connexion ou subi le moindre ralentissement. Il est parfois un peu long de trouver un adversaire disponible, mais intra-jeu, Age of Empires IV est parfaitement stable. Par ailleurs, il est possible de rechercher différents contextes de partie : 1c1, 2c2, 3c3 mais aussi de jouer en coop contre l’IA. Les plus timides peuvent se contenter d’observer les batailles des autres, pour trouver l’inspiration pourquoi pas. Un décalage de quatre minutes a toutefois lieu, pour que l’observateur ne puisse pas rapporter les moindres faits et gestes de l’un des adversaires à l’autre.

En plus des conditions de victoire habituelles, construire une merveille ou détruire tous les bâtiments des vis-à-vis, une nouvelle fait son apparition. Il s’agit du contrôle des lieux sacrés. Ces derniers rappellent les comptoirs d’Age of Empires III et doivent être capturés par les moines. Il faut ensuite les protéger pendant dix minutes et ils génèrent de nombreux conflits. Leur positionnement étonne néanmoins puisqu’ils sont parfois très rapprochés, génération procédurale oblige.

S’agit-il de l’épisode idéal pour découvrir Age of ?

Age of Empires IV remet au goût du jour la formule classique de la série, que l’on imaginait disparaître après Age of Empires III. Il se trouve que les développeurs n’ont pas pris de risque en répétant Age of Empires II: The Age of Kings. Ce dernier fait toujours autorité mais il n’est pas des plus accessibles. Bien que sa Definitive Edition en améliore de nombreux aspects, on peut difficilement oublier son grand âge. Dire qu’il s’agit d’un STR du siècle dernier n’est pas qu’une expression : il est initialement sorti le 30 septembre 1999.

Ce nouvel épisode permet donc de moderniser son gameplay avec des améliorations de qualité de vie bienvenues. Ses batailles sont plus variées avec huit civilisations aux approches différentes. On peut véritablement choisir son peuple en fonction de sa façon de jouer, que l’on soit mobile, agressif ou plutôt axé sur l’économie.

Mais on a tout de même l’impression que cet épisode s’adresse avant tout aux vieux de la vieille, aux grognards qui n’ont pas accepté les évolutions du troisième épisode. Malgré son ergonomie à toute épreuve, ses graphismes séduisants et son volet historique passionnant, Age of Empires IV semble destiné aux joueurs déjà acquis à la cause. Les curieux et ceux qui ont toujours voulu se lancer dans Age of ont une bonne occasion de se lancer enfin. Mais l’ambition de ce quatrième semble simple : purement remplacer Age of Empires II: The Age of Kings, sans pour autant faire évoluer les mécaniques de la série.

Merci d’avoir lu notre test d’Age of Empires IV sur PC.

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