Test de « Dragon Quest III HD-2D Remake » sur PC. Le RPG 8 bits dans toute sa splendeur

Cette légende du JRPG, initialement sortie sur Famicom le 10 février 1988 sous le titre de Dragon Quest III: Soshite Densetsu e..., a connu de nombreuses adaptations : Super Famicom, Game Boy Color, téléphones mobiles, Wii, Nintendo Switch…

Test de Dragon Quest III HD-2D Remake réalisé sur PC à partir d’une version fournie par l’éditeur.

Depuis le 14 novembre 2024, le jeu Famicom ayant défrayé la chronique japonaise en 1988 fait son retour à l’occasion de Dragon Quest III HD-2D Remake. Développée par Artdink sous la supervision de Team Asano, cette nouvelle interprétation du JRPG légendaire de Yūji Horii est disponible sur PlayStation 5, Xbox Series X (69,99 €), Nintendo Switch et PC (59,99 €), en éditions physiques et numériques. Le prix élevé du remake se justifie par son habillage luxueux. Mais comme Dragon Quest III: The Seeds of Salvation (12,49 € sur eShop), l’expérience, fidèle à la version 8 bits, est résolument immémoriale.

Test de Dragon Quest III HD-2D Remake sur PC

Comme l’indique sa numérotation, Dragon Quest III HD-2D Remake remet au goût du jour le troisième épisode de la série… qui s’avère être le premier, chronologiquement parlant, de la trilogie d’Elric. Se déroulant quatre-vingt ans avant les événements de Dragon Quest, cette préquelle met en scène les péripéties de l’enfant d’Ortéga, héros ayant échoué dans sa mission d’anéantir l’Archidémon Baramos. Dès son seizième anniversaire, sa fille ou son fils (selon le choix du joueur) suit ses traces pour mener sa quête à son terme.

Derrière la sobriété de son scénario se cache pourtant l’un des jeux de rôle les plus populaires de l’histoire du Japon. Jusqu’au lancement de Persona 5, en 2016, le lectorat de Famitsu le considérait d’ailleurs comme le meilleur RPG de tous les temps. En raison de son lancement mouvementé, dépeint dans l’une des quêtes annexes de Yakuza 0, une légende urbaine s’est inscrite dans son sillon, selon laquelle le gouvernement aurait interdit à Enix de publier ses jeux en semaine, pour combattre l’absentéisme. Qu’importe la véracité de ce récit, romancé par les internautes et transmis de génération en génération de rôlistes, Dragon Quest III est à jamais entré dans l’histoire japonaise. Et la légende fut…

Un RPG de l’ère 8 bits

Ce statut mythique cache pourtant un RPG de l’ère 8 bits dont la narration demeure en retrait aujourd’hui, malgré la modernisation de Dragon Quest III HD-2D Remake. L’objectif est fixé dès les premières minutes de l’aventure et le héros que l’on incarne ne change jamais de cap. Les dialogues sont concis et les combattants qui nous accompagnent ne sont que des pions, dénués de personnalité, créés de toute pièce ou générés au hasard. Quelques scènes ont alimenté la réputation du jeu, dont celle où le roi de Romalie confie son trône et sa couronne au joueur. Ou le dénouement, que l’on n’évoque pas pour préserver la surprise, trente-six ans après. Mais le JRPG n’avait pas encore entamé sa révolution narrative, amorcée par Phantasy Star II ou Final Fantasy IV.

La structure elle-même est d’époque avec des quêtes à tiroir et un gameplay construit autour du farming. Dans chaque nouvelle région, le joueur est contraint, par l’équilibrage de la difficulté, à récolter de l’or jusqu’à posséder les meilleurs équipements de la dernière ville visitée. Les combats sont donc abondants et, à vrai dire, hypnotiques. Cet épisode est aussi célèbre pour avoir introduit un système de jobs (prêtre, voleur, artiste martial…). Au niveau 20, les combattants repartent de zéro, tout en conservant leurs compétences et la moitié de leurs statistiques. Les possibilités sont enrichies, aujourd’hui, par une classe supplémentaire, monstrologue.

Il faut d’ailleurs compter huit bonnes heures avant d’atteindre l’Abbaye des Vocations qui rend le changement possible. C’est à peu près à ce moment-là que l’équipe obtient un bateau et que la quête des six orbes, au cœur de Dragon Quest III et ouvrant l’exploration, démarre véritablement. Dans la veine des versions d’antan, l’aventure s’étale sur vingt-huit à trente-cinq heures, en fonction des à-côtés qu’a réalisés le joueur.

Une modernisation sur la forme avant tout

La modernisation de l’expérience est donc assez légère. On ressent la volonté des développeurs de conserver au mieux l’esprit de Dragon Quest III. La démarche se rapproche davantage de Final Fantasy III Pixel Remaster que de Final Fantasy III sur Nintendo DS, par exemple. Quelques scènes densifient pourtant le lore, d’Ortéga notamment, et resserrent les liens avec le premier Dragon Quest. Par ailleurs, il s’agit de la première version française de cet épisode qui s’est longtemps soustrait à l’Europe. Comme d’habitude avec les localisations de Square Enix, les traductions sont irréprochables.

La principale amélioration est finalement esthétique avec l’adoption du rendu HD-2D, cher à l’éditeur. Il n’est peut-être pas le titre le plus impressionnant dans le genre, Star Ocean: The Second Story R ayant suscité notre admiration l’an dernier. Mais Dragon Quest III HD-2D Remake ajoute du volume, grâce aux jeux d’ombre et de lumière, et du relief. Les environnements plus verticaux et la carte du monde plus vallonnée favorisent l’immersion… au contraire des animations, peut-être trop rigides, à peine plus détaillées que dans Eiyuden Chronicle: Hundred Heroes. La scénographie de la version Super Famicom est cependant respectée à la lettre avec ses décors parfois vertigineux.

Lire aussi | Qu’est ce que la HD-2D, représentation graphique revendiquée par Square Enix ?

En réalité, c’est le travail sonore qui nous a le plus séduit avec une bande-son réinterprétée par l’Orchestre symphonique de Tokyo. Quelques dialogues, doublés en anglais ou japonais, donnent aussi vie à l’univers. L’immersion dans les années 80 est pourtant de mise grâce aux bruitages traditionnels, imitant le processeur sonore de la console 8 bits de Nintendo, en lançant des sorts ou en traversant une porte, par exemple.

Qualité de vie, maîtres-mots de Square Enix

Dans la continuité des productions récentes de Square Enix (Romancing SaGa 2: Revenge of the Seven), « qualité de vie » sont les maîtres-mots de cette restauration. Dragon Quest III HD-2D Remake est nettement plus accessible que par le passé. On apprécie notamment la sauvegarde automatique, les tutoriels, les niveaux de difficulté, l’indicateur d’objectif… Mais on n’a pas trouvé un grand intérêt au système de souvenirs, permettant de sauvegarder des dialogues, à l’heure où toutes les plateformes sont dotées de fonctions de capture d’écran.

On a surtout célébré comme il se doit la possibilité de se téléporter, ou d’utiliser une aile de chimère, depuis n’importe quel endroit du jeu, y compris les intérieurs ou les profondeurs d’un donjon. Les vétérans sauront apprécier cette fonctionnalité qui facilite les allers-retours.

Du côté des combats, l’utilisateur peut augmenter la cadence des animations, à l’image de Dragon Quest Monsters : Le Prince des ombres récemment. Le gain de temps est inestimable et il est impossible de revenir en arrière une fois basculé sur le mode ultra rapide. Une mécanique permet enfin d’automatiser le comportement des alliés pour accélérer le rythme, là encore : attaque sans relâche, économie des points de magie, soutien… Mais l’intelligence artificielle ne nous a que partiellement convaincu, ayant tendance à dépenser des sorts coûteux, destinés aux grands groupes d’ennemis, pour vaincre un petit monstre sans grand danger. Les PM étant souvent à flux tendus, on aurait préféré plus de parcimonie dans certaines situations.

Notre avis | 7

Note : 7 sur 10.

Évidemment, Dragon Quest III HD-2D Remake est la version la plus ambitieuse de cette légende du JRPG. La restauration a tout de même un coût assez élevé : 59,99 € sur Nintendo Switch et PC, 69,99 € sur PlayStation 5 et Xbox Series X. Pour le prix d’un AAA, le joueur non-averti pourrait être surpris par sa philosophie, modernisée certes, mais témoignant d’une époque lointaine. Derrière l’habillage HD-2D, le poids des années se ressent non seulement dans le gameplay, mais aussi dans la structure narrative. L’habillage et l’atmosphère faisant toujours mouche, on ne cache pas non plus notre impatience à découvrir Dragon Quest I & II HD-2D Remake, prévus pour 2025.

On aime

  • L’aspect HD-2D
  • Le respect du jeu d’origine
  • La bande-son orchestrale
  • Les améliorations de qualité de vie

On n’aime pas

  • Le farming omniprésent
  • Le prix de lancement élevé

Merci d’avoir lu notre test de Dragon Quest III HD-2D Remake sur PC.

Lire aussi | Les meilleurs jeux vidéo de 2024. Tous nos tests classés par note

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Test de Dragon Quest III HD-2D Remake réalisé sur PC à partir d'une version fournie par l'éditeur. https://www.youtube.com/watch?v=_hNtbIPa9AA Depuis le 14 novembre 2024, le jeu Famicom ayant défrayé la chronique japonaise en 1988 fait son retour à l'occasion de Dragon Quest III HD-2D Remake. Développée par...Test de « Dragon Quest III HD-2D Remake » sur PC. Le RPG 8 bits dans toute sa splendeur