Test de Fantasian Neo Dimension réalisé sur PlayStation 5 à partir d’une version fournie par l’éditeur.
- JRPG
- Développé par Mistwalker | Édité par Square Enix
- PlayStation 5 | PlayStation 4 | Xbox Series X | Nintendo Switch | PC – 5 décembre 2024
- Ne comporte pas de sous-titres en français – PEGI 12
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La préservation des ludothèques mobiles demeure un casse-tête au fil des disparitions. À ce propos, le studio Mistwalker (Blue Dragon, Lost Odyssey) fait partie des bons élèves. Fantasian Neo Dimension est effectivement disponible sur PlayStation 5, PlayStation 4, Xbox Series X, Nintendo Switch et PC, depuis le 5 décembre 2024, trois après son lancement sur iOS. À partir de 49,99€, le JRPG s’ouvre à un plus grand public, au cours d’une année comptant de très sérieux compétiteurs dans cette catégorie. Les principaux atours du titre, pour se démarquer, sont ses décors en diorama et ses combats de poche. Tout un programme.
Test de Fantasian Neo Dimension sur PlayStation 5
Le monde des humains est progressivement corrompu par une maladie mécanique, la Mechteria. Un dieu maléfique appelé Vam l’a lâchée sur le monde, dévorant le paysage et empoisonnant les êtres vivants. Durant un mystérieux attentat dans le monde des machines servant de prologue à l’aventure, Leo perd la mémoire et se réveille dans un village du bout du monde. Il se bat alors pour récupérer ses souvenirs, et tente de sauver le monde de la menace des robots.
Modeste mais pragmatique
Ce synopsis, volontairement lacunaire pour ménager le suspens, montre une histoire d’un classicisme certain, à l’image de nombreux autres aspects du jeu, sans pour autant constituer un frein à l’enthousiasme. Une grosse partie de la narration passe par des textes à l’écran, en lieu et place de scènes cinématiques. Leur écriture se fait à la manière d’un conte, avec une emphase sur la figure du narrateur, rappelant fortement la méthode Yoko Taro. Les charmantes illustrations, quant à elles, donnent du cœur à l’univers. Les récits associés alternent les histoires touchantes et les passages plus dispensables.
Cette concession sur le dynamisme du jeu s’avère compréhensible étant donnés l’ambition et les moyens alloués à ce type de projet. Mais on aurait aimé plus de polissage sur le côté technique. À l’image de la caméra, fonctionnant sur le principe de plans fixes. Le passage d’un cadre à l’autre pose des soucis dans la continuité du mouvement impulsé au stick directionnel. Les temps de chargement sont également omniprésents, y compris sur PlayStation 5, ce qui surprend pour un jeu initialement pensé pour un usage mobile. Et ce d’autant plus que certains d’entre eux finissent sur un plantage. On constate enfin trop de flou dans les arrière-plans, parfois grotesques quand la mise en scène implique un zoom. Dommage car ces décors font partie des originalités du titre.
Visuellement original
En effet, la plus grande surprise quand on lance Fantasian Neo Dimension est le choix dans la mise en scène des environnements. L’univers du jeu est en soi original, s’éloignant des poncifs de la fantasy pour dépeindre un monde où alternent ambiance pré-apocalyptique et enfer mécanique, avec un soupçon de poésie. Jusque dans l’architecture et les tenues, on a l’impression de se trouver dans Nier, avec une touche en plus : le recours aux dioramas. Près de cent-cinquante décors ont été réalisés à la main, donnant un grain particulier à l’exploration. Les bâtiments fourmillent de détails, le flocage de la végétation a un charme particulier, le tout dépeignant une œuvre singulière.
Le support d’origine fournit cependant un revers à cette médaille. Les personnages, eux, sont modélisés en 3D sommaire, notamment aux niveaux des expressions et des détails du visage. Ce qui ne posait aucun souci sur l’écran d’un iPhone s’avère plus gênant sur grand écran. On a l’impression que le jeu est étiré pour s’adapter au téléviseur. Outre le flou prémentionné, les personnages détonnent et les dioramas perdent un peu de leur superbe dans cet assemblage bancal. Ces réserves mises à part, le jeu conserve un charme certain, justifiant à lui seul la nécessité d’un portage.
La touche Sakaguchi
Mistwalker n’en est pas à son coup d’essai. Le studio a eu à cœur, au fil des années, de proposer des jeux ne révolutionnant rien mais apportant des touches d’originalité à des genres établis, au fil des sorties. La proposition de Fantasian Neo Dimension est celle d’un JRPG tout ce qu’il y a de plus classique, avec son héros amnésique et ses rencontres aléatoires. Pour autant, des idées de-ci de-là contribuent à sa singularité et au confort de l’aventure. Certaines compétences permettent d’ajouter un effet de courbure et/ou de transpercement pour toucher plusieurs ennemis. Par ailleurs, des rencontres aléatoires peuvent être stockées dans une dimension de poche. Ainsi, tous les ennemis sont affrontables d’un seul tenant, améliorant le rythme de l’aventure et accélérant la montée de niveaux.
Le reste des mécaniques mobilisées en jeu sont dans la pure continuité des Final Fantasy, sur lesquels travaillait le maître avant de prendre son indépendance. Plus précisément, ceux précédant le quatrième volume. On retrouve donc un tour par tour au sens le plus strict, particulièrement statique, sans Active Time Battle ou équivalent. Les personnages sont par ailleurs spécialisés des points de vue des statistiques et des compétences, avec peu de choix d’équipement et des catégories d’armes fixes. Seul l’ajout d’un arbre de compétences permet de moduler légèrement les caractéristiques de chacun. Mais on reste en terrain connu. Et cette option n’est de toute façon rendue disponible que tard dans le jeu.
Des ajouts bienvenus mais en demi-teinte
La « nouvelle dimension » accolée au titre de Fantasian est un qualificatif excessif tant ce portage diffère peu de l’original dans son déroulement. Certaines nouveautés apportent cependant un peu de fraicheur à l’aventure, comme l’ajout d’un mode normal, correspondant à une difficulté moindre par rapport à la version de 2021. On constate rapidement que ces ajouts sont en demi-teinte, à l’image des doublages japonais et anglais. Si les personnages gagnent en caractérisation et l’aventure devient plus vivante, on déplore qu’un éditeur de l’envergure de Square Enix ne n’apporte pas de localisation française, au moins sur la partie textuelle. On ne s’étonnerait pas de faibles ventes tant la présence de deux langues uniquement, pour une sortie mondiale, revient à se tirer une balle dans le pied.
La possibilité de rajouter des musiques issues de Final Fantasy montre que Mistwalker conserve d’excellentes relations avec Square Enix. Ce clin d’œil est un chouette cadeau pour les fans… mais un choix à double tranchant concernant Nobuo Uematsu. Le compositeur légendaire n’est plus au firmament de sa carrière et ses compositions pour le jeu sont mi-figue mi-raisin. Hormis quelques pistes et morceaux chantés (toujours maîtrisés par l’auteur), peu de musiques restent en tête. On se surprend à privilégier les réorchestrations de son travail d’antan par Masashi Hamauzu, ou les compositions de Masayoshi Soken pour pimenter les affrontements. Un semi-constat d’échec qui n’entache aucunement la légende, néanmoins.
L’ajout du support 4K interroge quant à lui à plus d’un titre. L’aspect graphique est, à vrai dire, plutôt bancal, comme on l’expliquait ci-dessus. Plus encore, la fiche du jeu mentionne que certains passages ne supportent pas ce type d’affichage. Un choix que l’on juge paresseux au regard de l’ambition technique limitée.
Notre avis | 8
Des gloires du jeu vidéo ont déçu par le passé, à l’occasion de leur come-back. Mais Hironobu Sakaguchi et sa bande en ont toujours dans le ventre. Fantasian Neo Dimension n’est probablement pas le JRPG le plus original, le plus beau ni même le plus émouvant de 2024. Mais il se démarque ici et là, tout en se montrant étonnamment généreux. Longtemps réservé aux abonnés Apple Arcade, il a de quoi séduire les amateurs du genre capables de regarder plus loin que son classicisme de façade. Pourvu que Terra Battle et compagnie suivent cet exemple.
On aime
- Sa générosité
- Les combats de poche, habile pied de nez aux rencontres aléatoires
- Pouvoir courber et transpercer les ennemis
- Les dioramas, une idée de génie
On n’aime pas
- Un volet technique bancal
- Peu d’originalité dans les mécaniques
- Une bande-son fade
- Certaines options de confort manquent
Merci d’avoir lu notre test de Fantasian Neo Dimension sur PlayStation 5.
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