Test de « Like a Dragon Gaiden: The Man Who Erased His Name » sur Xbox Series X. Entre deux opus majeurs, Ryu Ga Gotoku Studio réalise une fanfic

Avec Jōryū, la série introduit un nouveau protagoniste. Ou presque.

Test de Like a Dragon Gaiden: The Man Who Erased His Name réalisé sur Xbox Series X à partir d’une version fournie par le distributeur.

  • Action/aventure
  • Développé par Ryu Ga Gotoku Studio | Édité par SEGA
  • PlayStation 4 | PlayStation 5 | Xbox One | Xbox Series X | PC – 9 novembre 2023
  • Sous-titré en français – PEGI 18
  • Toute l’actualité du jeu | de la série

En attendant Like a Dragon: Infinite Wealth, Ryu Ga Gotoku Studio nous fait patienter avec Like a Dragon Gaiden: The Man Who Erased His Name. D’abord conçu comme un DLC puis devenu, en l’espace de six mois, un épisode à part entière, ce hors-série signe le retour de la formule traditionnelle et de l’insubmersible Kazuma Kiryū. Le titre est disponible au téléchargement depuis le 9 novembre 2023 sur PlayStation 4, PlayStation 5, Xbox One, Xbox Series X et PC au prix de 49,99 €.

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Test de Like a Dragon Gaiden: The Man Who Erased His Name sur Xbox Series X

Like a Dragon Gaiden: The Man Who Erased His Name a vocation à combler les trous scénaristiques entre Yakuza 6: The Song of Life et Like a Dragon: Infinite Wealth, prévu pour le 26 janvier 2024. Se déroulant, en réalité, en parallèle à Yakuza: Like a Dragon, il dépeint la nouvelle vie de Kazuma Kiryū, désormais connu sous le nom de Jōryū. L’ex-yakuza a falsifié sa propre mort avec l’aide des Daidoji, pour s’assurer que ses proches ne soient plus jamais pris en otage. Mais son passé le rattrape quand une organisation criminelle cherche à entrer en contact avec lui.

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Une narration qui peine à trouver son rythme

L’action se déroule ainsi dans trois lieux différents : Isezaki Ijincho, largement raboté pour l’occasion, Sōtenbori et le très évocateur Château. Sans entrer dans les détails pour ne rien gâcher de la surprise, il s’agit d’un colisée clandestin comme on en trouve dans le premier Yakuza ou Kurohyō: Ryū ga Gotoku Shinshō. Sa carte est donc extrêmement compacte mais quelques activités y ont lieu dont des combats, des jeux de casino et des romances. La suspension d’incrédulité est toutefois de mise devant son emplacement hautement improbable. Le septième épisode avait pourtant déjà franchi de nombreuses barrières mais Ryu Ga Gotoku Studio trouve toujours les ressources pour surenchérir.

On a parfois même l’impression de suivre une série à succès où les nouvelles saisons sont toutes plus abracadabrantes les unes que les autres. On le ressent forcément sur la narration qui peine à trouver son rythme. Chaque nouveau personnage a besoin d’exposition, d’autant plus que le Dragon de Dojima risque sa vie pour l’un d’entre eux. Mais on ne connaissait ce dernier ni d’Ève ni d’Adam et son sort n’émeut pas outre-mesure. Les scènes se succèdent un peu bizarrement, sans le génie relationnel qui liait les personnages et les factions jusqu’à présent, donnant l’impression de lire une fanfic.

À ce propos, l’aventure s’étale sur cinq chapitres pour une durée de vie estimée entre huit et douze heures. Les à-côtés doublent, comme toujours, le temps de jeu des joueurs exhaustifs.

Un produit fan service qui n’honore pas pleinement Kazuma Kiryū

Le postulat de Like a Dragon Gaiden: The Man Who Erased His Name est justement d’offrir un nouveau tour de piste à Kazuma Kiryū, « l’homme qui effaça son nom ». Nombreux étaient les fans à réclamer son retour depuis l’introduction d’Ichiban Kasuga, qui ne fait pas l’unanimité dans la communauté. Mais même en se plaçant dans la peau d’un fan, cette renaissance du Dragon de Dojima ne se fait qu’en demi-teinte.

On ne reconnaît pas toujours l’ex-yakuza taciturne tant Ryu Ga Gotoku l’a enfermé, presque piégé, dans une caricature de lui-même. Les dialogues où il brandit ses « valeurs » sont si nombreux qu’ils sèment le trouble. Après tout, Kiryū n’avait jamais jugé à ce point ce qui est bien ou mal. Véritable légende de Kamurochō, il ne s’est jamais trahi en agissant de la manière la plus juste possible. Mais il n’a jamais non plus été un enfant de chœur. Son comportement est en l’occurrence tellement chevaleresque qu’il en devient cliché. C’est le risque du fan service quand il n’est pas distillé avec parcimonie.

Que dire de sa fonction d’agent pour les Daidoji ? Tout comme on n’imagine pas Ryūji Gōda combattre en s’entourant de tigres, on accepte difficilement de voir Kiryū ainsi courber l’échine. L’image de 007, avec ses gadgets sophistiqués et sa chemise boutonnée jusqu’en haut, ne colle pas du tout au personnage.

Deux styles de jeu qui ne s’opposent pas

Like a Dragon Gaiden: The Man Who Erased His Name est aussi l’occasion de ressusciter le système de combat à l’ancienne, avec ses mécaniques de beat ’em all. Après l’excellent Yakuza 6: The Song of Life, Judgment et Lost Judgment ont affiné la formule avec des styles adaptés aux duels ou aux mêlées. Mais ce hors-série n’est pas aussi clair avec deux façons de combattre qui ne s’opposent pas véritablement. On opte finalement plus volontiers pour le mode « Yakuza » et ses puissantes attaques chargées. En « Agent », les mouvements sont élégants mais les différents gadgets (montre-grappin, drones de combat…) tombent comme un cheveu sur la soupe.

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L’épisode le plus facile de la série

On n’est de toute façon pas vraiment pénalisé en ne progressant que dans ce seul arbre de compétences. Comme d’habitude Kazuma Kiryū améliore ses statistiques et déverrouille de nouvelles techniques. Mais au contraire du système d’expérience en vigueur dans les épisodes les plus récents (Yakuza 6: The Song of Life, Yakuza Kiwami 2), tout s’achète contre des millions de yens. De ce point de vue, on a sensiblement l’impression de retrouver Yakuza 0 où l’argent coulait à flot. Des équipements font aussi varier les statistiques et la résistance aux malus de l’ex-yakuza, mais la difficulté ne nécessite pas de s’y plonger pleinement.

Car cet épisode est très certainement le plus facile de la série. L’une des clés des combats est l’esquive des super-attaques, offrant une contre-attaque étonnamment puissante. Comme dans Like a Dragon: Ishin! néanmoins, rien n’empêche d’opter pour un mode assisté qui produit automatiquement les meilleurs combos.

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Retrouve-t-on l’esprit de Like a Dragon ?

Concernant l’exploration, Like a Dragon Gaiden: The Man Who Erased His Name n’incarne pas non plus pleinement l’esprit de Like a Dragon. Quelle ne fût pas notre émoi quand on s’est rendu compte, après trois heures de jeu, qu’aucun quidam n’avait daigné nous aborder ! À la place des sous-scénarios habituels, le réseau d’Akame comporte diverses missions extrêmement génériques. Une livraison de repas ici, une rixe là… Parfois, il suffit d’attraper un objet qui se trouve littéralement à un mètre, en se servant de la montre-grappin. D’autres fois, il suffit d’acheter un œuf au konbini d’en face. Quelques missions sortent du lot mais les villes paraissent alors dévitalisées, voire artificielles devant le nombre de commerces inaccessibles.

Restent les nombreuses activités annexes dont le studio a le secret : stamp cards, jeux Master System, salles d’arcade, Pocket Circuit… Cet épisode comporte d’ailleurs SEGA Racing Classic 2, version de Daytona USA 2: Battle of the Edge sans la licence NASCAR officielle. Il s’agit, mine de rien, du premier portage de ce classique de la maison.

Comme dans d’autres Like a Dragon, Kazuma Kiryū peut aussi nouer des relations avec les diverses hôtesses des cabarets. Mais enfin, quelle mouche a piqué Ryu Ga Gotoku Studio ? Ces séquences en FMV, pas du meilleur goût pour tout dire, sont une porte ouverte sur la vallée de l’étrange. Les échanges sont statiques et manquent cruellement de naturel. Il s’agissait peut-être de la manière la plus simple d’intégrer ces segments sans modéliser et animer une demi-douzaine de jeunes femmes.

Like a Dragon Gaiden: The Man Who Erased His Name
Les romances du cabaret sont tournées en live action.

Le manque de finition est manifeste

Like a Dragon Gaiden: The Man Who Erased His Name comporte donc tous les éléments d’un jeu de la série, mais aucun d’entre eux n’est suffisamment approfondi ou soigné pour se comparer sans rougir aux standards habituels. On a notamment été frappé par la faiblesse de la mise en scène. Les interactions et les jeux de regard paraissent un peu négligés par rapport aux épisodes majeurs. Peut-être eût-il fallu prévoir davantage que six mois de développement, qui ne nous semblent pas une donnée dont il faut se vanter pour un jeu commercialisé au prix de 49,99 €.

À notre sens, la version française cristallise les limites de ce hors-série. S’appuyant sur le script anglo-saxon, la traduction défaillit dès le prologue de l’histoire. Dans son test pour JapanPop (6 novembre 2023), Guillaume, expert en grammaire japonaise, a notamment alerté sur l’emploi hasardeux des suffixes honorifiques. Mais la localisation ne nous épargne rien : confusion des genres, des singulier et pluriel, textes qui dépassent des boîtes de dialogue, accessoire qui change d’appellation au gré du vent… On avait déjà remarqué ces soucis avec Persona 3 Portable et Persona 4 Golden.

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Un épisode de transition

La magie opère finalement parce que le titre s’appuie sur des personnages que l’on aime, des lieux que l’on connaît et des activités qui offrent, pour certaines, le même confort qu’une paire de chaussons. Peut-être que Like a Dragon Gaiden: The Man Who Erased His Name n’est qu’un « encore » à la gloire de Kazuma Kiryū, un hors-série éphémère pour rappeler aux vétérans les bons moments passés ensemble. En attendant Like a Dragon: Infinite Wealth, on l’accepte car on sait d’ores et déjà qu’il s’agit d’une simple transition. Mais si deux visions de la série devaient cohabiter, l’une à l’ancienne et l’autre plus moderne, on aimerait qu’elles bénéficient du même soin.

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Notre avis | 7

Note : 7 sur 10.

SEGA avait prévenu. Like a Dragon Gaiden: The Man Who Erased His Name n’affiche pas les mêmes ambitions que les épisodes canoniques. Ce qui nous a le plus gêné toutefois n’est ni le manque de soin, ni les contenus plus chiches que d’habitude, compréhensibles pour un développement qui se compte en mois. On considère surtout que ce hors-série pêche par une narration qui ne trouve jamais son rythme et par une exagération des traits de caractère de Kazuma Kiryū. La mayonnaise ne prend pas avec les nouveaux personnages et le scénario, aux allures de fanfic, ne s’emballe jamais véritablement. Le plaisir de se promener dans des quartiers que l’on connaît comme sa poche est pourtant là. Mais Ryu Ga Gotoku Studio devra soigner les prochaines sorties de sa légende vivante pour ne pas tomber dans la caricature.

On aime

  • La formule d’antan
  • Le retour de Kazuma Kiryū
  • Daytona USA 2: Battle of the Edge enfin disponible sur consoles et PC

On n’aime pas

  • Une narration peu convaincante
  • La faiblesse de la mise en scène
  • La pauvreté des quêtes annexes
  • Le traitement du Dragon de Dojima
  • La version française perfectible

Merci d’avoir lu notre test de Like a Dragon Gaiden: The Man Who Erased His Name sur Xbox Series X.

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