dimanche 13 juin 2021
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Test de Yakuza: Like a Dragon : un Horii peut en cacher un autre / Suivi de : Nippon Connection

Test réalisé à partir d’une version fournie par Koch Media sur PC (Ryzen 7 3700X, 32 Go de RAM, GeForce RTX 2070 8 Go)

Développé par RGG Studio, édité par Sega et distribué par Koch Media
Sorti le 10 novembre 2020 et disponible sur PlayStation 4, Xbox et PC (également prévu sur PlayStation 5)

InterfaceFrançais / Anglais / Italien / Allemand / Espagnol
AudioAnglais / Japonais
Sous-titresFrançais / Anglais / Italien / Allemand / Espagnol

Test de Yakuza: Like a Dragon

Nouveau protagoniste, nouveau système de jeu : avec Yakuza: Like a Dragon, RGG Studio balaie quinze ans d’excellence d’une formule bien rodée. Le pari est osé pour un épisode à cheval entre deux générations de consoles et qui se présente comme une porte d’entrée idéale pour de nouveaux publics. Que les yakuzas vétérans n’aient aucune crainte : les mutations opérées pour Yakuza: Like a Dragon n’enlèvent rien aux nombreuses qualités de Yakuza.

Pour couvrir son capitaine, Ichiban Kasuga est condamné à quinze ans de prison. Mais contrairement à Kiryu Kazuma, Ichiban ne retrouve pas sa liberté dans la peau d’une légende : il est même abandonné par son patriarche. Pour lever le voile sur cette trahison, le yakuza rompu doit gravir tous les échelons de la société. Il n’est pas seul : les intrigues d’un infirmier devenu SDF, d’un policier mis à pied et d’une hôtesse esseulée se recoupent avec celle d’Ichiban.

Il n’est pas étonnant que Yakuza: Like a Dragon prenne la forme d’un jeu de rôle puisqu’il ne raconte pas l’histoire d’un personnage mais d’un groupe. La structure n’est pas différente des autres Yakuza avec un monde ouvert de quinze chapitres, mais l’aspect beat’em all disparaît entièrement au profit de combats au tour par tour rappelant Dragon Quest, dont Ichiban est d’ailleurs un grand fan.

Leur déroulement est parfaitement classique avec des attaques élémentaires et des coups critiques à la clé. Ils sont cependant aussi dynamiques que dans Super Mario RPG: Legend of the Seven Stars, par exemple, puisqu’en appuyant sur certaines touches dans le bon timing, on augmente ses attaques ou amoindrit les coups que l’on subit. Les personnages peuvent attraper les objets à proximité pour davantage de dégâts, dans la plus pure tradition de Yakuza, et même profiter du trafic pour qu’un ennemi percute un véhicule.

Une agence d’intérim fait ici office d’abbaye des vocations : les personnages peuvent changer de job et même en déverrouiller de nouveaux, ancrés dans la réalité de notre monde. Au lieu de mage, guerrier ou voleur, on peut ici devenir cuisinier, garde du corps ou même idol pour Saeko. Les équipements et les techniques sont également adaptés au monde de Yakuza : un musicien combat avec une guitare et un sort électrique prend ici la forme d’un coup de taser, par exemple.

De ce point de vue, Yakuza: Like a Dragon reste Yakuza avec un humour omniprésent malgré la noirceur de sa trame narrative. Aucun épisode n’avait été aussi fou avec des répliques à s’en tenir les côtes, des gags à la limite de la bienséance et des références en pagaille au jeu vidéo. Des tonnes d’activités annexes jonchent les cartes, dont les traditionnels objectifs d’achèvement et les mini-jeux loufoques dont RGG Studio a le secret. Seul Ijincho, le grand quartier de Yokohama que l’on parcourt, semble moins organique que Kamurocho et Sotenbori, parce qu’il est beaucoup plus vaste.

Yakuza: Like a Dragon n’est pas un hors-série et il n’a rien d’un épisode de transition. Cet opus, le premier réalisé par Ryosuke Horii, n’a aucune raison de rougir devant son héritage et encore moins devant les cadors du jeu de rôle japonais : il a déjà un statut de grand classique, au même titre que Persona 5 Royal ou Dragon Quest. Comme quoi, un Horii peut en cacher un autre.

Post-scriptum : Nippon Connection

Que serait Yakuza sans ses nombreuses activités ? Yakuza: Like a Dragon ne déroge pas à la règle avec d’excellents mini-jeux, des objectifs secondaires, des missions annexes et des objets à collectionner. Ces à-côtés dépeignent un Japon plus vrai que nature, tel qu’il est rarement représenté en jeu vidéo, invitant le joueur à flâner dans des quartiers souvent malfamés. Ils influencent aussi les combats de bien des manières grâce à l’interconnexion qui unit tous les éléments du jeu.

Pour se divertir entre deux tunnels de combats, on retrouve sans déplaisir les traditionnels karaokés avec de nouvelles chansons, les cages de baseball ou les salles d’arcade du Club Sega qui contiennent, entre Fantasy Zone et Super Hang-On, Virtua Fighter 5: Final Showdown. D’autres jeux plus ambitieux ont été spécifiquement développés pour Yakuza: Like a Dragon.

Dans l’un d’entre eux, Ichiban doit parcourir les rues à vélo pour ramasser toutes les canettes éparpillées au sol. Étonnamment fun, ce petit boulot permet de recycler son butin contre des objets rares et coûteux. Des concurrents, des pièges et des bonus pimentent les parties. Un autre, Dragon Kart, est un clone de Mario Kart (ou Team Sonic Racing pour rester chez Sega) avec quatre Grands Prix et des objets à ramasser (accélérateurs, missiles etc.). Cet authentique jeu dans le jeu pourrait prétendre à un hors-série de Yakuza à part entière.

L’activité demandant le plus d’investissement n’est autre que l’administration de l’entreprise Ichiban Senbei. Comme la gestion d’un cabaret club ou d’un parc immobilier dans d’autres épisodes, Ichiban prend ici la tête d’une société qu’il doit faire florir grâce à ses talents d’entrepreneur. L’ex-yakuza doit non seulement gérer les lieux d’exploitation mais aussi les investisseurs, l’ensemble des employés, leur recrutement, leur formation et leur licenciement. On doit enfin convaincre les actionnaires en les confrontant régulièrement dans un mini-jeu de réflexes, permettant d’augmenter la valeur des actions de l’entreprise.

Une salle de cinéma vintage programme des films soporifiques. Ichiban peut les visionner grâce à des QTE : en appuyant sur les boutons au bon moment, le joueur peut chasser des moutons que l’on croirait issus de Catherine et qui tentent d’endormir notre héros. Comme les précédentes, cette activité est suffisamment profonde pour que l’on y revienne régulièrement, notamment parce que la courbe de difficulté est parfaitement calibrée mais aussi parce que la programmation du cinéma est à se tordre de rire.

Comme le veut l’usage, de nombreux objectifs annexes balisent la progression. Par l’intermédiaire du site Internet Part-Time Hero.com, le joueur déverrouille des récompenses selon le nombre d’ennemis abattus, les kilomètres parcourus et des missions de sauvetage. Un Sujidex enfin, sorte de Pokédex permettant de recenser les adversaires « à souci », demande beaucoup d’énergie pour découvrir toutes les « créatures » de Yakuza: Like a Dragon.

On pourrait presque se décourager devant tant d’activités mais les éléments sont si bien interconnectés qu’il est toujours intéressant de sortir des sentiers battus. Selon ses actions, on peut augmenter les différentes statistiques d’Ichiban et les relations entre personnages. En combat, cela permet d’éviter certains statuts ou de lier les attaques. Quand on prend la mesure de tous les réglages effectués par RGG Studio pour connecter chaque quête, chaque action, chaque découverte à son système de combat, on s’ébahit devant l’expertise avec laquelle le tour par tour a été bâti.

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Julien Capronhttps://actua.blog/
On n'a pas la même manette mais on a la même passion

3 Commentaires

    • Merci pour ton message ! Tu peux y aller les yeux fermés. Je pense même que ça plaira beaucoup aux non-amateurs de JRPG car il ne répond à aucun code / cliché du genre. C’est vraiment une claque. Bonne soirée 🙂

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