jeudi 7 juillet 2022
Tests et aperçusTest de Final Fantasy III Pixel Remaster : pourquoi cet épisode est-il celui qui profite le plus de la collection ?

Test de Final Fantasy III Pixel Remaster : pourquoi cet épisode est-il celui qui profite le plus de la collection ?

Dernier épisode de la trilogie Famicom de Final Fantasy, Final Fantasy III est souvent considéré comme un retour aux sources après un Final Fantasy II d’une grande singularité. En plus de s’appuyer sur un système de jobs, enrichi depuis Final Fantasy, Squaresoft replace les cristaux élémentaires au cœur du récit. Il est surtout le seul épisode à n’avoir jamais connu de remake en 2D. Voilà pourquoi Final Fantasy III est particulièrement attendu dans la collection Final Fantasy Pixel Remaster.

VersionsSortieDéveloppeurÉditeurPrix
PC28/07/2021Square EnixSquare Enix17,99 €
iOS28/07/2021Square EnixSquare Enix17,99 €
Android28/07/2021Square EnixSquare Enix17,99 €

Sommaire

Que sont les Final Fantasy Pixel Remaster ?

Au cours de sa diffusion Square Enix Presents du 13 juin 2021, Square Enix a annoncé Final Fantasy Pixel Remaster en catimini. Lancée le 28 juillet 2021 sur PC, iOS et Android, la collection a deux objectifs. Le premier est de remettre les six premiers épisodes de Final Fantasy au goût du jour. L’autre est de les harmoniser grâce à un moteur commun, Unity, qui fait en l’occurrence la part belle au pixel art.

On peut légitimement questionner la démarche puisque les premiers épisodes de Final Fantasy connaissent de multiples versions, mais tous n’ont pas reçu le même traitement. Final Fantasy et Final Fantasy II, par exemple, étaient jusqu’à maintenant absents de Steam, alors que Squaresoft puis Square Enix les ont adaptés sur WonderSwan Color, PlayStation, Game Boy Advance et PSP.

Pourquoi cet épisode est-il celui qui profite le plus de la collection ?

Ce troisième épisode est longtemps resté l’épisode le moins facile d’accès de Final Fantasy. Et pour cause : il a fallu attendre 2006 pour que Square Enix en réalise un remake. Au contraire des autres Final Fantasy jusqu’à Final Fantasy VI, il n’a connu qu’un remake en 3D réalisé par Matrix Software, très différent de la version Famicom. Cette version est aujourd’hui disponible sur DS, PSP, iOS, Android, Ouya et PC.

Avec la collection Final Fantasy Pixel Remaster, Final Fantasy III bénéficie pour la toute première fois d’un remake intégralement en 2D, plus respectueux de l’œuvre d’origine. En effet, dans sa tentative de moderniser Final Fantasy III, Matrix Software a densifié le lore en nommant les protagonistes et en ajoutant des intrigues les concernant. Dans Final Fantasy Pixel Remaster, les héros sont à nouveau anonymes et il revient au joueur des les baptiser selon son bon vouloir.

Quel est le synopsis de Final Fantasy III ?

Final Fantasy II proposait un scénario rythmé avec des personnages prédéfinis, dont certains allaient et venaient en fonction du scénario. Au contraire, Final Fantasy III signe un retour à la formule du premier Final Fantasy avec quatre orphelins anonymes désignés comme les Guerriers de la Lumière. Par rapport à la narration de Final Fantasy II, celle de Final Fantasy III est dans l’ensemble plus discrète et plus légère aussi, avec parfois l’intervention ingénue de notre groupe de guerriers dans les dialogues, et de nombreuses scènes qui prêtent à sourire.

L’histoire débute alors que les quatre protagonistes enquêtent sur un tremblement de terre qui s’est produit près de leur village. Ils chutent dans une caverne où ils découvrent le Cristal du Vent, qui leur ordonne de rétablir l’ordre du monde. Pour ce faire, le Cristal leur octroie la capacité à changer de job quand ils le souhaitent.

Comment fonctionne le système de jobs ?

Comme dans le premier Final Fantasy, le joueur choisit les jobs de ses champions avec une différence toutefois : il peut les changer à loisir au cours de l’aventure, préfigurant le système de jobs du futur Final Fantasy V. Chevalier oignon, guerrier, moine, mage blanc, mage noir, mage rouge… Chaque job ouvre la porte à des sorts et à des équipements spécifiques. Au fil de Final Fantasy III, le groupe est amené à rencontrer d’autres cristaux élémentaires, donnant accès à de nouveaux jobs encore.

On ressent cependant un manque d’équilibrage dans l’usage des jobs. Il ne faut pas oublier que les développeurs de la version Famicom exploraient de nouvelles possibilités pour la série, expérimentant de nouvelles idées de game design. Ainsi, certains jobs sont inutiles ou, au contraire, obligatoires à certains points de Final Fantasy III. Par exemple, un mage noir ne sert à rien dans les premières heures puisque l’on ne peut faire l’acquisition que d’un seul sort jusqu’à un événement spécifique.

Ce troisième épisode n’est-il pas trop difficile d’accès aujourd’hui ?

Final Fantasy III est réputé comme difficile, notamment à cause de son interminable donjon final que l’on explore d’une traite. Mais Square Enix a intégré de nombreuses améliorations de qualité de vie pour rendre l’expérience largement plus digeste. La première est une sauvegarde automatique dès lors que l’on change de salle. De cette manière, il n’est plus obligatoire de recommencer intégralement le donjon ci-avant évoqué en cas de défaite ; ce dernier est d’ailleurs ponctué de points pour se restaurer.

La difficulté dans son ensemble a également été réduite, peut-être trop pour le goût de certains joueurs. La possibilité d’automatiser les combats, en répétant le dernier tour d’actions à l’infini, est enfin salutaire pour les séances de grinding, obligatoires dans Final Fantasy III malgré son nouvel équilibrage. En effet, chaque personnage possède un niveau de job en fonction de celui qu’il incarne, influençant directement ses statistiques. Comme on débute forcément au niveau 1, il n’est pas rare de devoir tourner pour enchaîner les combats.

Comme tous les Final Fantasy Pixel Remaster, Final Fantasy III est intégralement localisé en de nombreuses langues, y compris la nôtre. L’épisode n’est de toute façon pas aussi volubile que d’autres mais il est agréable à pratiquer en français. Les objectifs manquent parfois de clarté, comme souvent avec des RPG de cet âge, mais de nombreuses ressources sont disponibles sur Internet pour débloquer une situation au cas où l’on serait coincé.

Comment Square Enix a-t-il rajeuni Final Fantasy III ?

À l’instar de Final Fantasy, Final Fantasy II et Final Fantasy IV précédemment testés, Final Fantasy III fait l’objet de graphismes entièrement en 2D, suffisamment fidèles pour qu’on le reconnaisse au premier coup d’œil mais néanmoins modernisés. Contrairement aux autres épisodes pour lesquels il existe des versions Game Boy Advance, il a fallu ici partir de zéro. Son pixel art s’inspire des épisodes 16-bits de Final Fantasy et s’avère un excellent compromis entre la version Famicom et les épisodes plus récents. Là encore, on regrette malgré tout la police d’écriture choisie pour les versions occidentales.

La bande-son, chapeautée par Nobuo Uematsu lui-même, donne moins l’impression de respecter à la croche près la version Famicom. Certains thèmes sont notamment étendus à l’aide de mélodies inédites. Le vent étant l’une des thématiques principales de Final Fantasy III, la musique de la carte du monde étant même intitulée Eternal Wind, de nombreux morceaux font appel à des instruments à vent. Ces remixes donnent du caractère à la bande originale. Ils proposent des sonorités que la console 8-bits de Nintendo ne pouvait pas produire.

Quelle est la durée de vie de l’aventure ?

Par rapport aux deux premiers Final Fantasy, Final Fantasy III se révèle relativement long puisqu’il faut compter vingt heures environ pour terminer l’aventure. La durée de vie est légèrement plus courte que sur DS. La narration y est moins envahissante et l’automatisation des combats accélère nettement la cadence.

Final Fantasy III ne comporte que très peu de contenus annexes. Il ne possède pas de quêtes secondaires ou de donjons optionnels, contrairement aux épisodes les plus récents de Final Fantasy. Les joueurs exhaustifs peuvent cependant compter sur trente-et-un succès à déverrouiller. Atteindre le niveau 99 avec un job, ouvrir tous les coffres ou trouver tous les objets cachés font partie des défis supplémentaires.

Quels bonus Square Enix a-t-il intégrés dans le cadre de Final Fantasy Pixel Remaster ?

Les bonus de Final Fantasy III sont les mêmes que pour les autres épisodes de la collection. On retrouve un bestiaire complet et une galerie de quarante-neuf magnifiques illustrations signées Yoshitaka Amano. Un lecteur de musique comprenant l’intégralité de la bande-son de Final Fantasy III est aussi présent. On regrette toujours l’impossibilité de composer ses propres playlists en piochant dans les albums des différents Final Fantasy Pixel Remaster, mais on apprécie toutefois la possibilité de laisser la fenêtre en arrière-plan tandis que l’on vaque à des occupations plus productives.

Enfin, les joueurs Steam bénéficient de bonus additionnels, à savoir deux fonds d’écran de Final Fantasy III et trois morceaux musicaux inédits. Il s’agit plus précisément de « Timelapse Remix » où les versions Famicom, DS puis Final Fantasy Pixel Remaster s’enchaînent, pour les thèmes iconiques que sont Battle 1, Eternal Wind et The Boundless Ocean.

Vaut-il mieux y jouer sur PC ou mobile ?

Le choix de la version de Final Fantasy III dépend avant tout des préférences du joueur. Les Final Fantasy Pixel Remaster tournent effectivement de manière identique sur PC, iOS et Android. L’avantage de la version Steam est qu’il est possible de pratiquer Final Fantasy III dans différentes configurations, stationnaire ou nomade. Rien n’empêche de jouer sur son téléviseur et de poursuivre sa progression sur mobile. Steam Link le permet, à condition bien sûr de rester sur le même réseau local.

Les versions mobiles ont l’avantage de pouvoir être pratiquées n’importe quand et n’importe où. Il faut cependant savoir que les Final Fantasy Pixel Remaster ne sont pas compatibles avec les manettes de jeu. Il est donc impossible d’y jouer à l’aide d’un Kishi ou d’une manette Bluetooth. Mais les Final Fantasy n’étant pas des jeux d’action qui réclament une précision millimétrée, il n’est pas éliminatoire de devoir y jouer via l’écran tactile uniquement.

Doit-on préférer le remake 3D ou la version Final Fantasy Pixel Remaster ?

Pour découvrir le grand classique qu’est Final Fantasy III, Square Enix propose désormais deux choix : un remake en 3D et l’autre en 2D qui sont en réalité deux propositions très différentes d’un même jeu. Cette nouvelle version, dans le cadre de Final Fantasy Pixel Remaster, offre une expérience bien plus authentique toutefois qui a notre préférence. La disparition des intrigues, introduites dans le remake DS de Final Fantasy III, permet enfin de retrouver une ambiance un tout petit peu plus légère propre aux RPG d’il y a plus de trente ans.

Dans tous les cas, Final Fantasy III est un classique qu’il est intéressant de parcourir aujourd’hui encore, grâce à son système de jobs dont les possibilités sont finalement nombreuses. On discerne clairement le tâtonnement des développeurs de l’époque et des choix de game design radicaux voire discutables. Ils sont néanmoins compensés par les améliorations de qualité de vie induites par la collection Final Fantasy Pixel Remaster.

Test réalisé à partir d’une version fournie par l’éditeur sur PC

Final Fantasy III Pixel Remaster

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