Test d’UnMetal : peut-on l’apprécier en n’ayant jamais joué à Metal Gear ?

UnMetal est ce qui ressemble le plus à un Metal Gear depuis très longtemps. Alors que la série n’a pas donné signe de vie depuis Metal Gear Survive, Fran Games propose une aventure qui s’en inspire fortement. UnMetal ressemble plus particulièrement et à s’y méprendre aux épisodes 2D sur MSX, NES et Game Boy Color de la saga de Konami. Le développeur barcelonais ne s’est toutefois pas contenté d’en imiter les codes. UnMetal dispose de suffisamment de caractère pour être apprécié au-delà du cercle des fans de Metal Gear.

VersionsSortiesDéveloppeurÉditeursPrix
PlayStation Vita21/04/2021Fran Gameseastasiasoft34,99 $
PlayStation 428/09/2021Fran GamesVersus Evil16,99 €
Xbox One28/09/2021Fran GamesVersus Evil16,99 €
Switch28/09/2021Fran GamesVersus Evil16,99 €
PC28/09/2021Fran GamesVersus Evil16,99 €

Sommaire

Tout d’abord, qu’est-ce qu’UnMetal ?

UnMetal est le nouveau jeu de Francisco Téllez de Meneses, le créateur des célèbres UnEpic et Ghost 1.0. Sous la forme d’un jeu d’infiltration vu de dessus, UnMetal rend hommage à Metal Gear. D’abord sorti sur PlayStation Vita, le titre est désormais disponible sur toutes les consoles et PC.

Fran Games ne se contente cependant pas de reproduire l’illustre saga de Hideo Kojima et trouve sa propre voie. UnMetal se caractérise ainsi par la façon dont il traite la guerre moderne. Le récit est saturé d’humour et le studio prend la peine de constamment dédramatiser les conflits qui y sont décrits.

Quel est son synopsis ?

Le joueur incarne Jesse Fox, un militaire incarcéré pour un crime qu’il n’a pas commis. La structure narrative s’avère originale et rappelle celle de Persona 5. Au cours de son interrogatoire, on est en effet amené à jouer les souvenirs de Jesse, racontés par le soldat lui-même. UnMetal est néanmoins loin d’être aussi volubile qu’un Metal Gear, comme Metal Gear Solid 4: Guns of the Patriots dont les scènes cinématiques sont innombrables.

En tout cas, le titre ne manque pas de surprises. On ne s’étonne que trop peu des biomes relativement classiques pour le genre : égouts, jungle, base militaire… Mais les événements sont ponctués de combats de boss et de rebondissements. Par ailleurs, UnMetal est intégralement sous-titré en français, permettant à quiconque de suivre et de comprendre son histoire.

UnMetal n’est-il qu’un jeu d’infiltration ?

À l’instar des épisodes MSX de Metal Gear, UnMetal est un jeu d’infiltration pur et dur. On y retrouve les mécaniques du genre, comme se cacher derrière un mur ou distraire les gardes pendant leurs rondes. Les combats ne sont qu’une option souvent fatale en cas d’imprudence. Malgré tout, UnMetal est loin d’être difficile d’accès et différents niveaux de difficulté sont disponibles. De plus, son level design est tel que l’on trouve toujours des cachettes. De cette manière, l’infiltration prend toute sa dimension.

Comment le gameplay diffère-t-il de celui de Metal Gear ?

Dans les grandes lignes, UnMetal est proche des épisodes 2D de Metal Gear mais les contrôles sont beaucoup plus souples. Jesse Fox est largement plus agréable à manipuler que Solid Snake sur MSX. On trouve de nombreux objets à ramasser dans les niveaux dont l’étonnant pot de nuit. Il est en effet possible de sauvegarder dans n’importe quelles toilettes. Mais grâce au pot, le joueur peut effectuer une sauvegarde où il le souhaite. On doit toutefois le vider avant de pouvoir s’en servir à nouveau.

Comme dans Resident Evil, on peut également combiner les objets que l’on trouve dans des caisses ou sur des gardes. On peut par exemple associer des planches et des barils pour fabriquer un radeau, de sorte que l’on puisse traverser un cours d’eau. De plus, UnMetal bénéficie d’un système d’expérience pour débloquer de nouvelles compétences. Au fil de l’aventure, Jesse Foxe devient plus fort, plus silencieux, plus résistant etc.

Enfin, la structure d’UnMetal est différente de celle de Metal Gear. Les jeux de Konami donnent accès à une grande carte que l’on explore progressivement. Le titre de Fran Games est quant à lui découpé en différents niveaux ponctués par un combat de boss. À ce propos, certains d’entre eux se révèlent mémorables, comme celui qui s’inspire du sergent-instructeur Hartman de Full Metal Jacket.

Comment Fran Games rend-il hommage à Metal Gear ?

Le studio rend hommage à Metal Gear de multiples façons. La première est bien évidemment esthétique, avec un rendu en pixel art très proche de Metal Gear 2: Solid Snake. Jesse Fox, dont le patronyme rappelle par ailleurs l’organisation Fox Hound, ressemble aussi aux héros de Hideo Kojima. Sa voix rauque, tout d’abord, est très proche de celle de David Hayter. Son chara-design ensuite ressemble à celui de Naked Snake de Metal Gear Solid 3: Snake Eater.

L’usage d’une radio, rappelant le Codec de Metal Gear, est aussi extrêmement évocatrice de la série de Konami. D’autres nombreux clins d’œil sont disséminés tout au long d’UnMetal avec des séquences entières qui lui font référence. Certains boss sont essentiellement inspirés de l’œuvre de Hideo Kojima. L’un d’entre eux fait directement penser à l’affrontement d’Ocelot dans Metal Gear Solid 3: Snake Eater. On n’en citera pas davantage pour ne pas gâcher le plaisir de la découverte mais les fans seront aux anges.

L’humour omniprésent ne l’est-il pas au détriment du reste ?

UnMetal est une expérience satirique avant tout, et il est légitime de se demander si l’humour n’est pas trop envahissant. Le ton peut dérouter quiconque recherche une intrigue militaire plus sérieuse. Les premières minutes ne sont guère rassurantes car les nombreux dialogues ne tournent qu’en dérision l’histoire du jeu. On est alors fréquemment interrompu pour que Jesse Fox puisse glisser une blague en racontant ses propres péripéties. Heureusement, le gameplay reprend petit à petit ses droits et le récit contient tout de même suffisamment de surprises pour tenir en haleine.

Combien de temps faut-il pour finir UnMetal ?

Il ne faut que huit heures environ pour terminer un run d’UnMetal. Si la durée de vie semble tout à fait honorable pour le genre, le titre de Fran Games ne propose hélas aucun contenu annexe. La rejouabilité est ainsi très limitée. Le rythme d’UnMetal est parfaitement maîtrisé et on ne s’ennuie jamais au cours de son déroulement, mais l’intérêt d’y revenir n’est pas évident. Les joueurs exhaustifs pourront toutefois tenter d’en déverrouiller tous les succès et trophées.

Peut-on apprécier UnMetal si l’on n’a jamais joué à Metal Gear ?

Bien sûr, connaître Metal Gear permet de mieux profiter d’UnMetal. Le fait est que les épisodes MSX ne sont pas les plus faciles d’accès aujourd’hui. La façon la plus simple de les découvrir est par l’intermédiaire de la compilation Metal Gear Solid HD Edition, rétrocompatible sur Xbox One et Xbox Series X. Les clins d’œil à la série de la part de Fran Games sont tout bonnement incalculables.

Pour quiconque ne connaît que très vaguement Metal Gear, il est quand même possible d’apprécier UnMetal. Il faut alors le prendre pour ce qu’il est : un jeu d’infiltration néo-rétro qui baigne dans l’humour. Dans tous les cas, l’expérience est agréable, ses combats de boss sont mémorables et l’histoire réserve de nombreux volte-face. Même en mettant de côté les références aux jeux de Konami, UnMetal reste finalement un jeu d’infiltration extrêmement solide.

Test réalisé à partir d’une version fournie par l’éditeur sur PlayStation 5

UnMetal

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