mercredi 5 août 2020
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Test de Persona 5 Royal : plus royaliste que le roi / Suivi de : Bienvenue dans la Chambre de velours

Test réalisé à partir d’une version fournie par Koch Media sur PlayStation 4

Développé par Atlus et édité par Sega
Sorti le 31 mars 2020 et disponible sur PlayStation 4

InterfaceFrançais / Anglais / Allemand / Italien / Espagnol
AudioJaponais / Anglais
Sous-titresFrançais / Anglais / Allemand / Italien / Espagnol

Test de Persona 5 Royal

Comme Persona 4 Golden qui corrigeait et remplaçait Persona 4, Persona 5 Royal se présente comme la version ultime de Persona 5. Sorti sur la même console que la version 2017, on peut se demander si cette édition Royal apporte suffisamment de modifications pour replonger dans un titre généreux, certes, mais qui demande un investissement d’une centaine d’heures. Et sans surprise, Atlus vole à nouveaux les cœurs.

Persona 5 Royal reste Persona 5, pas de métanoïa de ce côté. Cette version n’altère aucunement les immenses qualités de ce grand classique, qui mélange jeu de rôle et visual novel. On y incarne toujours un groupe de lycéens révoltés et capables de visiter des « Palais », représentation des désirs humains, et de voler le cœur de leurs cibles. On retrouve l’exigence propre à Megami Tensei et une réalisation extrêmement plaisante. L’ossature Persona est respectée à la lettre avec la nécessité de gérer le temps, chaque séquence permettant d’améliorer les relations avec ses confidents et ses statistiques sociales (connaissance, courage, maîtrise, gentillesse et charme).

Persona 5 Royal réussit à rendre la gestion du temps moins frustrante avec plus de séquences disponibles, sans pour autant déséquilibrer la formule. Les donjons sont aussi mieux construits et plus fluides, notamment grâce au grapin qui modifie légèrement leur agencement. Ils proposent également trois graines facultatives à découvrir pour chacun, à la manière des fées de Majora’s Mask.

Les combats sont aussi feutrés et rééquilibrés, avec des armes à feu enfin utiles, puisque les munitions sont rechargées entre chaque bataille, un transfert qui octroie des bonus statistiques mais aussi de nouvelles possibilités de fusions. Atlus a bien travaillé ses réglages.

Mais ce sont surtout les contenus additionnels de Persona 5 Royal qui lui permettent de briller. Il propose notamment Kichijoji, un grand quartier aux multiples activités dont les fléchettes et le billard, qui aident à optimiser les relations et statistiques, encore une fois.

De nouveaux protagonistes sont également de la partie, avec Kasumi Yoshizawa, une jeune gymnaste transférée à l’Académie de Shujin et le docteur Takuto Maruki, nouveau conseiller du lycée. L’arc de Goro Akechi a aussi été retravaillé pour donner plus d’exposition au prince des détectives. Tout cela s’intègre parfaitement au nouveau trimestre qui prolonge l’histoire d’une dizaine d’heures environ. L’intrigue est assez surprenante avec un nouveau mystère à résoudre pour les Voleurs fantômes. En plus de l’histoire qui tient en haleine, le donjon supplémentaire est suffisamment retors pour mettre nos fusions de Personae à l’épreuve.

Pour les joueurs ayant adoré Persona 5, il n’y a aucune raison d’éviter Persona 5 Royal, hormis le temps que requiert le jeu pour être terminé, plus d’une centaine d’heures avec le nouveau contenu. Même de ce côté-là, Atlus a fait une concession avec une liste de trophées retravaillée : le Platine peut désormais et facilement tomber dès la première partie. Cerise sur le gâteau : le jeu est intégralement traduit en allemand, italien, espagnol et français, en plus de l’anglais, rendant Persona 5 Royal accessible au plus grand nombre.

Post-scriptum : Bienvenue dans la Chambre de velours

On parle désormais des Voleurs fantômes, de métanoïa et de la Chambre de velours puisque Persona 5 Royal a entièrement été sous-titré en français. Pour la première fois, un épisode de Persona est localisé chez nous. Quand on connaît la quantité absolument gigantesque de textes à traiter, on ne peut que saluer l’effort qu’implique un tel projet !

Depuis sa sortie le 31 mars 2020, la qualité de la traduction française a cependant été montrée du doigt par les joueurs francophones. Des erreurs de localisation sont présentes avec, ici et là, des petites coquilles ou des fautes de français. On a l’impression que le temps et les ressources ont manqué pour le travail de relecture. Par exemple, il arrive souvent que les emplois du féminin ou du masculin soient mélangés. Même écueil pour l’usage du tutoiement ou du vouvoiement.

Quelques éléments graphiques auraient aussi mérité d’être localisés. Par exemple, la date est toujours affichée en haut à gauche de l’écran. Mais même en version française, « 5/10 » signifie le 10 mai et non pas le 5 octobre, par exemple. Mais il ne faut pas être plus royaliste que le roi car Persona 5 Royal est aussi parfaitement compréhensible en français, du début à la fin.

Les dialogues ont notamment fait l’objet d’un soin particulier : les différentes façons de s’exprimer des protagonistes ont dans l’ensemble été bien respectées. On reconnaît Ryuji, Futaba ou Yusuke à la simple lecture de leurs lignes de textes, que ce soit de vive voix ou par leurs échanges via SMS. La version française ne perd rien de la légèreté des échanges et de l’humour, si caractéristique de Persona, qui les ponctue.

Cette première version française donne aussi l’occasion de redécouvrir de nombreux aspects de la série. Des noms d’Ombres notamment, ou des termes propres à Persona, ont également été traduits : prostituée du crépuscule, pyromane des cryptes, etc. Parmi les Cavaliers blancs et autres Cerbères, les noms propres ne bougent pas et Jack Frost reste Jack Frost. Pas de Jack Givre cette fois-ci… Le rôle de « Trickster » (également en vigueur dans la version japonaise) du personnage principal n’a pas été traduit, contrairement à la Velvet Room devenue la Chambre de velours. Ça surprend au début mais on s’y fait très rapidement.

Bien qu’inégale, la localisation de Persona 5 Royal est tout à fait correcte. On n’a pas de bug bloquant comme dans Danganronpa V3: Killing Harmony ou de contresens comme dans Ys VIII: Lacrimosa of DANA. Plus globalement, les textes ne dépassent jamais des boîtes, on ne rencontre pas de phrase inachevée ou de lignes non-traduites.

Sega et Atlus semblent, en tout cas, avoir pris la mesure de l’importance de localisations soignées pour le marché Européen. Sega s’était montré satisfait des ventes de Judgment tandis que Persona 5 Royal réalise des ventes record en Europe selon Sega. On espère un traitement similaire pour le prochain jeu de rôle de RGG Studio : Yakuza: Like a Dragon, attendu d’ici la fin de l’année.

Joueur Citoyenhttps://actua.blog/
On n'a pas la même manette mais on a la même passion

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