Test de « Disco Elysium: The Final Cut » sur Xbox Series X. Faut-il être un lecteur averti pour en profiter ?

Test de Disco: Elysium: The Final Cult réalisé sur Xbox Series X à partir d’une version fournie par le distributeur.

  • RPG
  • Développé et édité par ZA/UM | Distribué par Just For Games
  • Disco Elysium
    PC – 15 octobre 2019
  • Disco Elysium: The Final Cut
    PlayStation 5 | PlayStation 4 | PC – 30 mars 2021
    Xbox Series X | Xbox One | Nintendo Switch – 12 octobre 2021
  • Sous-titré en français – PEGI 18
  • Toute l’actualité du jeu

Disco Elysium: The Final Cut est la version améliorée du jeu de rôle de ZA/UM, initialement sorti le 15 octobre 2019. Le premier jet, acclamé et lauréat de la récompense « Best Narrative » des Game Awards 2019, manquait de finition. Il ne s’agissait alors pas de sa forme finale. Le titre bénéficie désormais d’un portage consoles et d’un remaniement conforme aux ambitions de ses créateurs. Il n’existe aujourd’hui plus aucune raison de refuser cette plongée dans l’esprit malade d’un policier ayant perdu la mémoire.

Test de Disco Elysium: The Final Cut sur Xbox Series X

Dans Disco Elysium, on incarne un personnage amnésique. Il se réveille pratiquement nu dans la chambre saccagée d’un hôtel miteux de Martinaise. Vu son état, on sait au moins que la soirée de la veille a été lourde en alcools et stupéfiants. Après avoir ramassé quelques vêtements souillés, le personnage titube hors de la chambre et fait la rencontre de Kim Kitsuragi. Cet enquêteur travaille sur un meurtre survenu quelques jours plus tôt. Une conversation rapide et glaciale confirme à notre « héros » qu’il est aussi assigné à l’enquête. Une première réponse lui fait comprendre que le retour à la réalité sera rude. Il a en effet perdu son insigne, son registre d’enquête, son véhicule et son arme de service surtout.

Côté gameplay, le titre épouse la longue tradition des CRPG en optant pour une représentation classique avec une perspective isométrique. On retrouve cet héritage dans la narration riche et travaillée, mettant l’accent sur des dialogues à choix multiples nombreux et volumineux. On parle d’un script de plus d’un million de mots. Pas de dragons ou de mutants à combattre ici, l’intégralité de l’intrigue tourne autour d’une enquête policière sordide. L’investigation progresse avant tout au gré des rencontres et des conversations avec une galerie de personnages hauts en couleur. L’aventure est enfin soumise aux jets de dés qui dépendent des caractéristiques de notre avatar.

Qu’est-ce qui distingue Disco Elysium: The Final Cut des autres CRPG ?

La présentation de Disco Elysium: The Final Cut évoque des jeux comme Divinity: Original Sin ou Baldur’s Gate. Les différences entre les philosophies de ces titres sont en réalité creusées d’un fossé. Premièrement, le CRPG de ZA/UM ne comporte aucune séquence de combat, bien que les façons de mourir ne manquent pas. Ensuite, notre malheureux policier n’a pas toute sa tête et il bavarde constamment avec une voix intérieure très loquace. À travers elle, ce sont en fait ses traits de caractère qui s’expriment. Répartis en quatre catégories (intellect, psyché, vigueur et motricité), ils englobent chacun six compétences. Celles-ci sont sollicitées à chaque action complexe mais également d’une façon passive moins conventionnelle.

Chaque ligne de dialogue est en effet prétexte à de nombreux jets de dés secrets. Ils peuvent déboucher sur autant d’interventions des compétences de notre investigateur. Par exemple, un fort esprit académique peut nous suggérer de corriger la syntaxe perfectible d’un interlocuteur. Il peut aussi nous abreuver d’informations pas toujours utiles, mais pouvant conduire à des opportunités inédites. Attention cependant, une action réussie ou un choix de dialogue caché n’est pas toujours synonyme de succès.

Et les échecs sont nombreux, sans fermer de portes pour autant. Un test de compétence raté ouvre souvent de nouvelles routes à explorer. Doté d’une écriture virtuose, la mémoire de Disco Elysium: The Final Cut est en plus proprement démoniaque et ne rate aucun de nos agissements. L’enquête s’avère d’une réactivité impressionnante face à nos actions. Il est non seulement possible de l’aborder comme on le souhaite, mais la trajectoire empruntée dépend en plus des choix et du timing de chacun. La rejouabilité potentielle est importante dans la mesure où vivre deux runs identiques s’avère hautement improbable.

Qu’apporte la version The Final Cut ?

Comme dans toute version améliorée, Disco Elysium: The Final Cut est l’occasion d’injecter du contenu supplémentaire au jeu d’origine. ZA/UM a notamment intégré de nouvelles quêtes dont la dimension politique est plus poussée encore que dans la version 1.0. Qui dit nouveaux objectifs sous-entend nouveaux dialogues et nouveaux embranchements. Il est toutefois difficile de quantifier précisément ces ajouts dans un jeu aussi réactif aux actions du joueur.

L’amélioration la plus notable reste l’enregistrement de voix très réussi, en anglais uniquement. Celui-ci donne un nouveau cachet à l’enquête et on ne dénote que peu de fausses notes dans le casting. Les habitants un peu fous de Martinaise sonnent plus vrais que nature. Le voice acting est au diapason de la qualité d’écriture. La population cosmopolite de la ville semble plus vivante que jamais avec son impressionnant éventail d’accents. Il suffit de désactiver les voix quelques secondes pour se rendre compte à quel point le jeu semble dépeuplé. Quand on connaît l’épaisseur du script du jeu, on imagine aisément la taille colossale du boulot abattu. 

Le jeu est-il aussi plaisant sur consoles que sur PC ?

Le portage d’un jeu PC sur consoles est un parfois sujet à débat, surtout lorsque les contrôles sont adaptés. Disco Elysium: The Final Cut est-il aussi agréable à la manette qu’à la souris ? Difficile de s’en convaincre hélas, tant un curseur de souris rend l’expérience plus confortable. ZA/UM a certes profité de The Final Cut pour arrondir les angles. Le résultat s’avère malgré tout imparfait avec l’utilisation du stick gauche pour les déplacements et du stick droit pour sélectionner les éléments interactifs. 

L’ensemble manque de précision et le pointage est parfois difficile, pour exécuter une action par exemple. L’ergonomie un peu bancale apporte une certaine lourdeur à l’exploration, mais pose également des problèmes dans les menus. On le remarque surtout quand l’inventaire ou le journal de quêtes commencent à être copieusement garnis. Cela ne ternit pas véritablement les immenses qualités du jeu. Cet écueil, couplé à des temps de chargement étrangement longs, fait parfois perdre patience cependant.

Disco Elysium - The Final Cut
Captures d’écran © ZA/UM

Notre avis | 8

Avec son absence d’action, son volume de texte qui frôle l’indécence et ses digressions perpétuelles, Disco Elysium: The Final Cut peut décontenancer les joueurs les moins enclins à parcourir des centaines de milliers de lignes de dialogues. Le titre peut effectivement donner l’impression de se perdre dans les méandres de sa propre folie, et quelque part c’est bien le cas. Malgré tout, si ZA/UM s’appuie souvent sur le discours politique du jeu, cet aspect reste secondaire et n’empêche aucunement de pleinement profiter de ses innombrables qualités. 

Avec sa voix off omniprésente, on a l’impression d’être en pleine partie d’un jeu de rôle papier, comme si un maître de jeu taquin nous accompagnait. On dit parfois que les histoires du jeu vidéo tiennent du nanar plutôt que de la littérature. Pour ce qui est de l’intrigue, des personnages et de la qualité d’écriture, Disco Elysium n’a rien à envier à un excellent roman.

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