samedi 21 mai 2022
Tests et aperçusTest de Voice of Cards: The Isle Dragon Roars : s'agit-il d'un jeu de cartes ou d'un RPG ?

Test de Voice of Cards: The Isle Dragon Roars : s’agit-il d’un jeu de cartes ou d’un RPG ?

Voice of Cards: The Isle Dragon Roars est la nouvelle production de Yoko Taro. Depuis le succès planétaire de NieR:Automata, le game designer est véritablement devenu la vedette de l’écurie Square Enix. L’exploitation de Drakengard bat d’ailleurs son plein. En 2021, on peut notamment citer NieR Replicant ver.1.22474487139… et le jeu mobile NieR Re[in]carnation. Le titre qui nous intéresse aujourd’hui n’est toutefois pas lié à son univers fétiche. Annonce surprise du 9 septembre 2021, le mystérieux jeu de cartes a fait parler de lui car il n’est pas peu dire que les joueurs scrutent chacune des productions de Yoko Taro. Le secret de Voice of Cards: The Isle Dragon Roars ? Des ambitions modestes, une proposition originale et une équipe artistique inchangée.

VersionsSortieDéveloppeurÉditeurPrix
PlayStation 428/10/2021AlimSquare Enix29,99 €
Switch28/10/2021AlimSquare Enix29,99 €
PC28/10/2021AlimSquare Enix29,99 €

Sommaire

Quel est le synopsis de Voice of Cards: The Isle Dragon Roars ?

Comme souvent avec Yoko Taro, les tourments qui accablent l’univers sont liés au destin d’un dragon. Le monde de Voice of Cards: The Isle Dragon Roars a fait les frais de l’une de ces créatures. Ce dernier a ravagé les terres dans les flammes. Les guerriers se sont toutefois soulevés et ont réussi à blesser la bête, qui est retournée dans sa tanière. Après une ère de paix, les ennuis recommencent. La reine Vanilla somme les aventuriers et mercenaires de tout le royaume de partir aux trousses du dragon. En récompense, les combattants victorieux seront couverts d’or. Parmi eux, trois compagnons immaculés sont pressentis par la couronne pour mener à bien cette mission. Mais c’est pourtant le jeune Aragon et son gentil monstre Lazuli, rapidement rejoints par Onyxa, que le joueur incarne.

Le jeu final prend donc à contre-pied celles et ceux qui ont essayé la démo. On y incarnait les chevaliers de l’Ordre Blanc. Mais ce sont bien d’illustres inconnus qui sont au cœur de l’aventure. Ils doivent apprendre à mettre leurs différends de côté pour avoir une chance de survivre. Sans en dévoiler davantage pour ne rien gâcher, Voice of Cards: The Isle Dragon Roars propose bien plusieurs fins. Les connoisseurs savent enfin que des retournements de situation tardifs sont de la partie.

La bande-son de Keiichi Okabe est-elle toujours aussi soignée ?

La direction sonore de Voice of Cards: The Isle of Dragon Roars est dans la veine des précédents travaux de Yoko Taro. Un maître du jeu assure la narration et les doublages sont aussi incarnés que réussis, à l’image du Grimoire Weiss de NieR. Dans la version japonaise, les deux personnages partagent par ailleurs le même seiyū : Hiroki Yasumoto. Malgré tout, le doublage anglais n’est pas en reste.

Le style du compositeur Keiichi Okabe est quant à lui immédiatement reconnaissable. On retrouve ses mélodies chantées et son spleen hypnotique. Pour autant, le maître ne se contente pas de répéter ses travaux passés. De nombreux morceaux médiévaux et chaleureux rythment l’aventure, rappelant parfois la bande son d’Hearthstone. La tonalité chaleureuse qu’il apporte à cette œuvre tranche nettement avec la mélancolie ambiante de ses musiques les plus célèbres. La qualité générale de cette bande-son s’avère remarquable et peut parfaitement prétendre à la « Récompense Actua de la meilleure bande originale 2021 ».

Voice of Cards: The Isle Dragon Roars est-il un jeu de cartes ou un RPG ?

Derrière ses apparences, Voice of Cards: The Isle Dragon Roars est essentiellement un RPG. Certes, chaque élément du décor, personnage, bâtiment, ennemi et même dialogue prend la forme d’une carte. Mais son ADN est celui d’un jeu de rôle japonais classique. L’équipe découvre une vaste carte du monde, explore des donjons et subit des rencontres aléatoires à l’origine de combats au tour par tour. Le déplacement du pion sur la carte révèle progressivement les alentours via un retournement des cartes de terrain. Des évènements aléatoires peuvent se produire, obligeant le joueur à lancer les dés pour se sortir d’un mauvais pas. Parfois, il peut aussi trouver un trésor sur la carte à l’aide d’indices.

Les villes comprennent quant à elle échoppes, auberges, et PNJ offrant des indices sur la suite de la quête. Dans son déroulé, l’expérience est très classique. Mais les contraintes de représentation choisies et quelques astuces de narration donnent de la fraicheur aux formules classiques du JRPG. L’alternance entre humour et désespoir, si chère à Yoko Taro, est de mise et fonctionne à merveille.

Voice of Cards: The Isle Dragon Roars ne déroge pas à la tradition d’un mini-jeu annexe constituant une quête fil rouge. Ironiquement, celui-ci prend la forme d’un… jeu de cartes. On affronte un ou plusieurs joueurs et l’objectif est de former des paires, brelans ou séries de cartes pour engendrer des points. Une bonne gestion de la défausse et de l’unique carte en main de la fin de tour est primordiale. Dans les modes plus avancés, les cartes ont des effets secondaires qu’il convient de maîtriser pour s’octroyer des bonus ou pénaliser les opposants. L’idée est excellente pour souffler entre deux combats.

Comment se déroulent les combats ?

Les affrontements s’inspirent principalement des jeux de rôle japonais old school. Ennemis comme alliés attaquent chacun à leur tour dans un ordre prédéfini. Il est possible d’effectuer une attaque, une action de soutien ou d’utiliser un objet.

Comme dans certains jeux vidéo de cartes récents, dont Hearthstone ou Shadowverse, un tour apporte un point de compétence. Ici, ce sont des gemmes. Les actions simples n’en nécessitent aucune, mais les sorts les plus puissants obligent à faire des réserves. Certaines techniques nécessitent par ailleurs un lancer de dé à dix, pour déterminer le niveau de dégâts ou valider une altération d’état.

On doit aussi prendre la mesure d’un système d’affinité élémentaire et de changement d’états, sous peine de voir les combats s’éterniser. Chaque personnage gagne des compétences actives ou passives qui lui sont propres. Dans certains combats, des pioches de cartes interviennent à chaque tour. Elles ajoutent des effets aléatoires, influençant le déroulement de l’affrontement. L’application d’une recette qui a fait ses preuves est certes scolaire, mais elle fonctionne à merveille dans l’univers du jeu.

Quel défi propose Voice of Cards: The Isle Dragon Roars ?

Voice of Cards: The Isle of Dragon Roars est relativement court pour un RPG, mais il ne s’essouffle jamais. Il faut entre douze et quinze heures pour voir la fin d’un premier run. Pour connaître les différentes fins, le joueur doit terminer plusieurs parties, comme il est de coutume dans les œuvres de Yoko Taro.

La difficulté est cependant étrangement équilibrée. Certains affrontements sont en effet très relevés en début d’aventure. Mais une fois l’équipe bien constituée, il est difficile pour les adversaires de la faire chanceler. Il faut alors attendre le combat final pour trouver un peu de répondant. Malgré tout, il est fortement déconseillé de survoler l’exploration et la préparation d’équipe, même si les rencontres aléatoires sont trop fréquentes et pas des plus courtes à charger. La sauvegarde est disponible à tout moment et il est possible de se téléporter sur toute carte déjà visitée. Il reste dommage que certaines animations de combat et de menu soient un peu longues, rendant la progression laborieuse parfois.

Retrouve-t-on les univers de Drakengard et NieR ?

Le jeu ne présente aucune trame narrative commune à l’univers de Drakengard. L’apparence des pions ou le dos des cartes peuvent être modifiés pour évoquer les figures emblématiques de la série. Mais il faudra pour cela passer à la caisse. On n’en voit de toute façon pas l’intérêt, puisque l’histoire originale se suffit à elle-même et vaut largement la peine d’être parcourue.

Voice of Cards: The Isle Dragon Roars garde globalement la même équipe artistique que cette série. Yoko Taro est directeur artistique, Yosuke Saito producteur exécutif, Keiichi Okabe compositeur et Kimihiko Fujisaka chara-designer. Cette équipe de rêve a les moyens de donner vie à un monde d’apparence austère. Mais les dessins des personnages et des créatures sont sublimes, et font oublier que toute la mise en scène passe par des cartes.

Test réalisé à partir d’une version fournie par le distributeur sur PC (Intel Core i5, 16 Go de RAM, GeForce GTX 1650)

Voice of Cards: The Isle Dragon Roars

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