Test de Visions of Mana réalisé sur PC à partir d’une version fournie par l’éditeur.
- Action-RPG
- Développé par Ouka Studios | édité par Square Enix
- PlayStation 5 | PlayStation 4 | Xbox Series X | PC – 29 août 2024
- Sous-titré en français – PEGI 12
- Toute l’actualité du jeu | de la série
Depuis le 29 août 2024, Visions of Mana est disponible sur PlayStation 5, PlayStation 4, Xbox Series X et PC, à partir de 59,99 €. Mine de rien, il s’agit du premier épisode « canonique » de l’action-RPG emblématique depuis plus de dix-sept ans. Réalisé par Ouka Studios, signe-t-il le retour de la série à l’avant-garde du catalogue de Square Enix ?
Test de Visions of Mana sur PC
Dans l’univers de Visions of Mana, des « offrandes » sont régulièrement sacrifiées en l’échange des faveurs des esprits. À cet effet, un gardien d’âmes entreprend un pèlerinage tous les quatre ans, de village en village, pour mener jusqu’à l’Arbre de Mana celles et ceux qui ont l’immense honneur de lui offrir leurs vies. Le rôle de Val, qu’incarne le joueur, est justement de mener ce périple à son terme en escortant Hina, son amie d’enfance, et les autres offrandes. Ce rituel, fondamental pour maintenir l’équilibre du monde, est profondément ancré dans les mœurs. Mais petit à petit, les protagonistes développent de la perplexité à son égard.
Le scénario, qui rappelle Final Fantasy X par certains aspects, se révèle donc plutôt classique. Il manque hélas de rythme au cours de la première moitié, qui présente les différents personnages tout en tissant leurs relations. Mais son évolution surprend positivement, notamment en ce qui concerne les liens qui unissent Visions of Mana aux opus qui le précèdent. Faut-il avoir pratiqué les autres jeux pour pleinement saisir le scénario ? Absolument pas, les développeurs ayant pris le temps de détailler le lore, tout en conservant brillamment l’identité de la série.
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Par ailleurs, la narration passe par de très nombreux dialogues, intégralement sous-titrés dans notre langue. La version française nous a souvent interrogé toutefois, devant l’écart de sens existant entre les doublages en anglais et les sous-titres, qui perdent de très nombreuses nuances.
Une réalisation plus modeste qu’il n’y paraît
Si l’on excepte Mystic Quest, sorti sur Game Boy le 28 juin 1991, tous les jeux de la série se caractérisent par leur univers coloré, un bestiaire singulièrement kawai et un chara design luxuriant. On retrouve aujourd’hui cette direction artistique, exaltée par les panoramas qu’offrent les zones semi-ouvertes que l’on parcoure. L’ambiance est par ailleurs enchanteresse avec une bande-son mystique, tantôt relaxante, tantôt éthérée. Aucun doute, nous sommes en présence d’un épisode de Mana.
Depuis le lancement du jeu, la réalisation a d’ailleurs fait l’objet de louanges dithyrambiques des observateurs : « un pur émerveillement » par-ci, « visuellement sublime » par-là, « des visuels proches de la perfection » peut-on encore lire. On ne cache pourtant pas notre désillusion devant la mise en scène modeste, qui passe par le hors-champs pour éviter d’animer les scènes-clés. La scénographique souvent statique et la pauvreté des expressions faciales trahissent, à vrai dire, les ambitions limitées d’Ouka Studios, qui n’a semble-t-il pas résisté au lancement de Visions of Mana.
À titre d’illustration, évoquons aussi les villes et villages que l’on visite au fil de la progression. Leur côté pittoresque ne manque pas de charme mais on regrette que les intérieurs n’existent tout simplement pas. On peut donc éprouver des difficultés à pleinement s’immerger dans l’univers, qui semble artificiel par certains côtés. Les ambitions sont, en réalité, sans commune mesure avec un monde ouvert tel que Final Fantasy VII Rebirth, sorti plus tôt cette année. Il est à noter que le framerate des scènes animatiques de la version PC n’est pas toujours au mieux avec des baisses régulières. Fort heureusement, le gameplay n’est quasiment pas impacté.
Une exploration étrangement scolaire
Concernant l’exploration, Ouka Studios n’a pris aucun risque avec une formule étrangement scolaire, qui s’inspire ouvertement de Tales of Arise, y compris dans l’ordre d’apparition des biomes. « Étrangement », oui, car les nombreux hors-série de Mana n’ont jamais cessé d’innover, avec des mécaniques de gameplay inédites, à l’image de Legend of Mana et de sa progression morcelée. On se trouve donc en présence de grandes zones ouvertes comprenant divers points d’intérêt : des coffres, des canaux de voyage rapide, des défis et diverses ressources. L’utilisateur ne peut pas tout récolter au cours de son premier passage, mais l’aide des esprits, que l’on obtient au fil de la sauvegarde, permet d’explorer plus rigoureusement chacune des régions, finalement assez génériques.
Rien n’oblige à passer chaque carte au peigne fin. Les joueurs souhaitant progresser plus rapidement peuvent parfaitement se contenter de suivre l’objectif, indiqué à l’écran et dont le cheminement est précisé par une traînée, au besoin. En ligne droite, l’aventure s’étale sur vingt-cinq à trente heures environ.
La redondance finit hélas par s’installer quand Val ouvre un énième coffre contenant un gland magique. On finit donc par nettoyer mécaniquement les environnements de tous leurs points d’intérêt, sans grand enthousiasme. Les quêtes secondaires n’aident pas à susciter la curiosité, devant la trivialité de certaines missions. Le cortège des offrandes, attendu aux quatre vents, recherche parfois une barrette à cheveux égarée, ou réalise un détour pour exterminer quelques abeilles.
Une personnalisation addictive
À ce propos, les combats sont extrêmement dynamiques, en l’absence du temps de refroidissement propre aux jeux Mana, mais aussi très académiques. On craint le pire, en début de partie, devant les problèmes de caméra et les combos qui manquent de profondeur. Mais la palette d’action s’étoffe très largement, offrant de nombreuses façons de jouer, en fonction des combinaisons du joueur.
La personnalisation est effectivement addictive, devant l’éventail des possibilités : grâce aux cinq personnages jouables, l’utilisateur constitue l’équipe de trois combattants de son choix. Huit éléments permettent de modifier leurs classes, donc leurs statistiques et leurs apparences, ouvrant l’accès à de nouvelles compétences. Comme il est possible d’importer les techniques d’un élément en utilisant un autre, le joueur paramètre ses menus en anneau et ses raccourcis comme bon lui semble. Dans le feu de l’action, une simple pression permet de passer de l’un à l’autre. Mais avec la finesse du paramétrage de l’intelligence artificielle des alliés, le groupe répond généralement à toutes les situations.
Quiconque préfère suivre l’histoire sans mettre les mains dans le cambouis peut opter pour des modes histoire ou facile, n’obligeant jamais à modifier l’équipe. Mais la découverte des mille-et-une techniques faisant partie des plaisirs de Visions of Mana, on recommande de jongler entre les différents éléments. Dans tous les cas, la difficulté reste assez douce, y compris en mode normal, facilitant l’accès au plus grand nombre.
Notre avis | 7
Ce nouvel épisode canonique n’est peut-être pas le retour au tout premier plan que l’on espérait, surtout quand on le compare aux ambitions démesurées des productions les plus récentes de Square Enix. Mais que l’on ne s’y trompe pourtant pas. Visions of Mana constitue l’un des action-RPG les plus solides de la série, qui a connu des hauts et des bas au cours de ces dernières années. L’aventure est assez classique, presque scolaire parfois, mais on finit par se prendre au jeu de la personnalisation de l’équipe. On espère enfin de tout cœur que les employés d’Ouka Studios, qui ont récemment perdu leur emploi, auront une nouvelle occasion de travailler sur la série. Ils ont parfaitement capturé l’essence de Mana et préservé son identité.
On aime
- L’identité préservée de la série
- La direction artistique
- La personnalisation des combattants
- L’accessibilité
On n’aime pas
- La mise en scène modeste
- L’exploration scolaire
- Les quêtes annexes sans génie
- Les problèmes de caméra
Merci d’avoir lu notre test de Visions of Mana sur PC.
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