mardi 4 octobre 2022
Tests et aperçusTest de The Legend of Heroes: Trails from Zero. Douze ans après sa sortie sur PSP, ce classique de Falcom n'a-t-il pas perdu de sa superbe ?

Test de The Legend of Heroes: Trails from Zero. Douze ans après sa sortie sur PSP, ce classique de Falcom n’a-t-il pas perdu de sa superbe ?

Test de The Legend of Heroes: Trails from Zero réalisé le 19 septembre 2022 sur Switch.

Bien connu des amateurs de jeux de rôle japonais, Nihon Falcom s’est inscrit dans une frénésie de sorties. Sa saga historique Ys n’est pas en reste, mais l’activité la plus forte se trouve désormais du côté de The Legend of Heroes. Quatre nouveaux opus sont sortis en cinq ans au Japon, et les derniers d’entre eux s’apprêtent à débarquer en Europe. À cette occasion, les joueurs occidentaux découvriront pour la première fois plusieurs titres inédits, dont le célèbre diptyque de Crossbell. The Legend of Heroes: Trails from Zero ouvre le bal et n’a perdu aucun de ses charmes douze ans jour pour jour après sa sortie initiale sur PlayStation Portable.

Attention, spoilers. L’auteur de ce texte s’engage à divulguer le moins d’information concernant l’intrigue de The Legend of Heroes: Trails from Zero. Il peut tout de même contenir quelques spoilers gâchant le plaisir de la découverte. Si vous souhaitez jouer à The Legend of Heroes: Trails from Zero dans les meilleures conditions possibles, on vous conseille de reporter votre lecture de cet article.

Test de The Legend of Heroes: Trails from Zero

The Legend of Heroes: Trails from Zero débute trois mois après The Legend of Heroes: Trails in the Sky the 3rd. Il se déroule à Crossbell, une province technologiquement avancée. On la connaît dans l’univers des The Legend of Heroes pour constituer le centre de toutes les attentions géopolitiques. Cette cité-État est comprise entre l’Empire d’Érébonie, patrie des The Legend of Heroes: Trails of Cold Steel, et la République de Calvard, théâtre du tout récent The Legend of Heroes: Kuro no Kiseki. Et les deux régimes se disputent son contrôle. Dans ce contexte de forte tension, Lloyd Bannings, Elie McDowell, Tio Plato et Randy Orlando rejoignent la Special Support Section. Il s’agit d’une unité de la police de Crossbell. Leur lutte contre les syndicats du crime les amène vers une organisation mystérieuse, dont la machination impliquant une étrange jeune fille pourrait changer la face du monde de Zemuria.

Pour rappel, The Legend of Heroes: Trails From Zero est le quatrième volet d’une sous-série de jeux qui partagent le même univers dans la saga The Legend of Heroes. Il se situe après la trilogie The Legend of Heroes: Trails in the Sky, et avant la quadrilogie The Legend of Heroes: Trails of Cold Steel. On peut bien sûr le prendre comme porte d’entrée vers l’immense saga de Nihon Falcom. Mais de multiples références aux précédents épisodes ne seront alors saisies que par les habitués.

Lire aussi. Tests de The Legend of Heroes: Trails of Cold Steel III et Trails of Cold Steel IV

Quel genre de JRPG est The Legend of Heroes: Trails from Zero ?

Comme souvent dans la série, The Legend of Heroes: Trails from Zero jette rapidement le joueur dans le bain, ou plutôt le Geofront ici. Le célèbre réseau de tunnels de la ville sert de vaste tutoriel pour apprendre les bases du jeu. En tant que Trails, cet opus partage la même base que ses pairs, à savoir celle d’un JRPG teinté de gestion d’équipe rappelant Persona.

En combat, les tours sont prédéfinis. Les personnages peuvent se déplacer librement dans un champ déterminé ou effectuer trois types d’action. Les attaques physiques sont immédiatement disponibles et ne consomment aucune ressource, mais ne sont pas efficaces contre tous les ennemis. Les arts sont des sorts qui nécessitent un temps d’invocation, mais qui infligent des dégâts élémentaires ou des buffs et debuffs. Enfin, les crafts sont propres à chacun et consomment une autre jauge que les arts. Celle-ci se charge en frappant ou en recevant des coups, et débloque une attaque spéciale une fois pleine. Cet équilibre entre le choix des attaques, la gestion de la position et l’usage des jauges donne toute sa saveur à ce système. Ce dernier est rendu d’autant plus intéressant par la possibilité de paramétrer le profil de chaque personnage via les orbments, sortes de Matérias de Final Fantasy VII.

La progression est quant à elle rythmée par des chapitres, comprenant des missions principales fournies par la police de Crossbell, mais également des missions secondaires proposées par la population. Ces quêtes annexes valorisent l’exploration et permettent d’affronter sereinement la suite.

Douze ans après la version PlayStation Portable, l’adaptation remet-elle The Legends of Heroes: Trails from Zero au goût du jour ?

Certains portages PSP ne rendent pas honneur au matériau d’origine, mais il n’en est rien ici. L’image n’est pas étirée, et on ne remarque aucune pixellisation aberrante ou de frame rate inadapté. Le jeu présente des textures simples mais propres, rendant honneur à la direction artistique d’origine. Les effets de lumière sont convaincants et la fluidité ne faillit jamais. Les sprites des personnages façon Silicon Graphics sont légèrement lissés pour un rendu agréable à l’œil qui conserve cependant le charme de l’époque. Étonnamment, quelques plans des scènes cinématiques n’ont pas été retravaillés, jurant avec le reste. Mais The Legend of Heroes: Trails from Zero est globalement sublimé.

Il comprend d’ailleurs des options de qualité de vie qui permettent de traverser l’aventure avec plus de confort. Parmi elles, on a la possibilité de sauter les (pourtant jolies) animations de combat, ou d’accélérer les affrontements. La difficulté comprend quatre degrés et peut être modifiée en cours de partie. Quiconque connaît la difficulté des Trails sait que ce n’est pas qu’un détail. Néanmoins, un mode automatique n’aurait pas été du luxe, étant donnée l’importance du grind tant pour l’argent que l’expérience.

Par ailleurs, le jeu comprend toujours un grand nombre de contenus cachés. On pense aux quêtes annexes qui se débloquent en parlant à un certain moment à un certain PNJ, sans indication préalable… ainsi qu’aux points de réputation bonus obtenus en respectant des conditions inconnues : avoir tout juste à un quiz, battre un ennemi en moins de trente-deux tours etc. Compléter le jeu à 100% est littéralement impossible sans guide, et ce point gagnerait à être amélioré dans la série. Enfin, si l’on se réjouit de jouer à une version anglo-saxonne, on regrette toujours l’absence de sous-titres en français.

N’a-t-il pas perdu se sa superbe depuis l’avènement de The Legend of Heroes: Trails of Cold Steel ?

Il est vrai que la saga des The Legend of Heroes bouillonne avec plusieurs épisodes récents sur des supports modernes. Ces derniers améliorent des mécaniques déjà bien éprouvées. Notamment, le système d’orbments et de quartz décrit ci-dessus a nécessairement été perfectionné dans les The Legend of Heroes: Trails of Cold Steel. Certaines mécaniques comme les méga-quartz manquent même à l’appel de The Legend of Heroes: Trails from Zero. Il en va de même pour les systèmes de liens entre personnages, qui permettaient d’assister à des développements intéressants, et de dynamiser les combats. Mais malgré cette légère rusticité, la magie opère toujours.

En premier lieu parce que le cœur du système de combat était déjà, en 2010, extrêmement riche. Mais aussi parce qu’une grande partie de l’intérêt de cette saga provient de sa construction d’univers dense et de la richesse de ses intrigues. The Legend of Heroes: Trails from Zero et Lloyd Bannings ont durablement marqué la série et l’esprit des joueurs. L’aventure est resserrée sur un nombre restreint de personnages, devant faire leurs preuves alors que tous les évènements jouent contre eux. Le cadre urbain et sa dimension d’enquête contribuent à faire de cet épisode une singularité dans une saga désormais tentaculaire.

Notre avis

Note : 8 sur 10.
The Legend of Heroes: Trails from Zero - Capture d'écran

8

Cette nouvelle version de The Legend of Heroes: Trails from Zero, sorti il y a douze ans sur PlayStation Portable, n’est très certainement pas un remake ambitieux tel qu’on en connaît. Et certaines améliorations, dont une localisation en français, pourraient permettre une navigation plus facile dans cet univers sublime. Cela étant dit, la mise à niveau du jeu permet de parcourir pour la première fois les terres de Crossbell, dans les pas de Lloyd et ses amis et dans d’excellentes conditions surtout. Le jeu n’accuse aucunement le poids des âges grâce à des systèmes déjà riches en 2010, un rendu magnifié aujourd’hui et un scénario toujours aussi palpitant. L’attente sera désormais très longue jusqu’à la découverte de The Legend of Heroes: Trails to Azure, mais on est au moins d’ores et déjà rassuré sur la qualité du portage à venir.

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Test de The Legend of Heroes: Trails from Zero. Douze ans après sa sortie sur PSP, ce classique de Falcom n'a-t-il pas perdu de sa superbe ? Test de The Legend of Heroes: Trails from Zero réalisé le 19 septembre 2022 sur Switch. https://www.youtube.com/watch?v=4QS2aUIMIac Bien connu des amateurs de jeux de rôle japonais, Nihon Falcom s’est inscrit dans une frénésie de sorties. Sa saga historique Ys n’est pas en reste, mais l'activité la...