Test de The Elder Scrolls IV: Oblivion Remastered réalisé sur PlayStation 5 à partir d’une version fournie par l’éditeur.
- Action-RPG
- Développé par Virtuos Games | Édité par Bethesda Softworks
- PlayStation 5 | Xbox Series X | PC – 22 avril 2025
- Sous-titré en français – PEGI 18
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Drôle de destin que celui de The Elder Scrolls. La série constitue l’une des licences les plus prestigieuses du portefeuille de Microsoft, mais depuis quelques années, seules la restauration de The Elder Scrolls V: Skyrim et des mises à jour de The Elder Scrolls Online ont occupé l’actualité. Le jeu de rôle semble pourtant prioritaire pour la firme de Redmont, avec en fer de lance Starfield, Avowed, The Outer Worlds 2 ou… The Elder Scroll VI. Depuis 2018 et son annonce laconique en plein E3, ce nouvel épisode n’a pourtant donné aucun signe de vie. C’est donc à The Elder Scrolls IV: Oblivion Remastered que revient la lourde tâche de ranimer la flamme de Tamriel. Le titre est disponible, depuis le 22 avril 2025, sur PlayStation 5, Xbox Series X et PC, contre 54,99 €. La refonte visuelle, signée Virtuos Games. surprend par son ambition. Suffit-elle néanmoins à dépoussiérer un jeu vieux de bientôt vingt ans ?
Test de The Elder Scrolls IV: Oblivion Remastered sur PlayStation 5
En l’an de grâce 433 de la Troisième ère, la catastrophe s’abat sur Cyrodiil. Mehrunes Dagon, prince daedrique, étend son influence sur la province impériale. L’Aube Mystique, secte de tueurs à la solde du dieu maléfique, assassine un à un les membres de la famille impériale, dont la magie est le seul rempart pour empêcher les légions infernales d’Oblivion de se déchainer sur le monde. Alors que le héros croupit en prison pour une raison inconnue, l’empereur Uriel Septim VII, dernier représentant de la lignée, se présente avec sa garde rapprochée pour emprunter un passage secret dans la cellule. Il reconnait alors dans le regard du prisonnier la figure prophétique du Héros de Kvatch, sauveur de tout Tamriel.
La grande aventure médiévale fantastique
The Elder Scrolls IV: Oblivion Remastered est un digne représentant de la série The Elder Scrolls. Il s’agit d’un jeu de rôle occidental dans un univers de fantasy, en vue subjective. Une vue à la troisième personne, peu pratique, existe malgré tout. L’avatar est personnalisable selon sa race, sa classe, son origine, ou son signe astrologique. De ces choix découlent des compétences initiales, ayant trait au combat (arme légère, armure lourde, athlétisme), à la magie (destruction, guérison, invocation), aux relations sociales (discrétion, marchandage) ou à l’artisanat (alchimie, armurerie). L’originalité de cette saga est de faire monter ces habilités en expérience à l’usage. Un joueur passant son temps à courir ou à sauter devient athlétique ; enchaîner les crochetages en fait un voleur expert.
Le monde est vaste, rempli de villes peuplées d’habitants vaquant à leurs occupations, avec qui l’on peut interagir dans le cadre de quêtes, mais aussi détrousser ou assassiner si on le souhaite. Les conséquences peuvent être néfastes, mais également ouvrir des portes, dont celle de la guilde d’assassin. The Elder Scrolls IV: Oblivion Remastered est conçu comme une simulation poussée, où le moindre livre ou la moindre assiette sont interactifs et où des factions peuvent être choisies au gré des affinités, pour façonner un personnage unique. En découle un grand sentiment de liberté, derrière lequel le grand guignol et les approximations ne sont jamais bien loin.
Une relecture particulièrement reluisante
Derrière la sortie (officiellement) surprise de cette restauration, ce qui a le plus étonné est le niveau d’ambition de la refonte. Le mot Remastered ne fait pas honneur au travail accompli sous Unreal Engine 5. Le moteur, pour la première fois utilisé par Bethesda Game Studios dans le cadre de la saga, fait des merveilles sur les paysages de Tamriel. Les couleurs sont bien plus intenses, moins éthérées, la végétation fourmille de détails, et tous les éléments du décor ont été repris de A à Z pour transfigurer le jeu initial. Le monde dépeint gagne en crédibilité, notamment durant les phases infernales dans le monde d’Oblivion, qui faisait carton-pâte et n’impressionnaient guère. Cependant, l’ampleur des villes et des régions explorées reste la même, et on a toujours l’impression paradoxale d’être face à un grand pays peuplé de quelques dizaines de paysans.
Les modèles des personnages et leurs animations, en jeu comme en cinématique, ont drastiquement gagné en crédibilité. Notamment la synchronisation labiale sur des personnages importants, qui accorde un sursaut de vie dans les dialogues cruciaux. Dommage que ce traitement s’avère particulièrement inégal, tant certains PNJ paraissent disgracieux à côté.
Il est à noter que cette nouvelle mouture de The Elder Scrolls IV: Oblivion s’accompagne de ses deux DLC, Knights of the Nine et Shivering Isles, sans frais supplémentaires. De nombreuses heures de jeu s’ajoutent donc à la quête principale, déjà gargantuesque. Si cela peut sembler être le strict minimum pour une restauration, le passé nous a montré que la ressortie de DLC vendus à part était monnaie courante dans le secteur, à l’image de Persona 3 Reload. Par ailleurs, l’ensemble de la carte est débloqué dès le départ, avec la possibilité de se téléporter partout. Un chouette coup de pouce pour laisser la liberté à ceux qui le souhaitent de mener leur aventure tambour battant.
Des soucis de performance et de cohérence cependant
Si l’ambition de cette restauration s’avère à saluer, il reste beaucoup de travail à abattre pour pleinement moderniser une expérience vieille de près de vingt ans. On n’a par exemple que très peu constaté les améliorations de l’IA, pourtant annoncées par l’éditeur. Les performances sont par ailleurs loin d’être idylliques, avec des instabilités et du stuttering remarqués en divers endroits. Le même constat peut être fait pour les temps de chargement : ils sont moins longs que dans le jeu original, mais il reste gênant que la moindre porte et la moindre téléportation génèrent plusieurs secondes d’attente. En particulier sur un jeu qui pèse 120 Go une fois installé.
La disparition de la version française est un dernier point pouvant crisper les joueurs. Microsoft n’est pas le petit éditeur du coin, et ce choix semble petit bras d’autant plus que la localisation existait dans le jeu d’origine. On peut comprendre la volonté d’actualiser les doublages pour les rendre plus crédibles, mais il est dommage que cela se fasse au détriment du nombre. Il est à noter que tous les dialogues ne sont pas nécessairement sous-titrés (notamment les discussions courantes entre personnages), les utilisateurs non-anglophones passeront donc à côté de certains d’entre eux.
Notre avis | 7
Alors que The Elder Scrolls VI se fait toujours attendre, sept ans après son annonce, l’Empereur de Tamriel fait un retour inopiné sur les plateformes d’aujourd’hui. Rarement une restauration, annoncéé par la petite porte, n’a autant surpris par son ambition graphique et par le travail abattu. C’était inespéré concernant un RPG que tant de joueurs adulent. Cependant, dès lors que l’on gratte la surface, on retrouve des problèmes associés à la version d’origine, avec des soucis de performance qui demeurent. Le fan des vieux parchemins ne s’en effarouchera pas pour autant. Pas plus que les nouveaux venus, qui disposent dorénavant d’un écrin de luxe pour combattre les légions infernales d’Oblivion.
On aime
- La transfiguration inespérée du jeu original
- L’exploration débridée dès le début
- La révision des modélisations
- La présence des extensions
On n’aime pas
- Les temps de chargement
- L’inégalité de traitement sur la modélisation des personnages
- Pourquoi la VF a-t-elle disparu ?
- Le monde manquant de crédibilité en 2025
Merci d’avoir lu notre test de The Elder Scrolls IV: Oblivion Remastered sur PlayStation 5.
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