Test de Suikoden I&II HD Remaster: Gate Rune and Dunan Unification Wars réalisé sur PC à partir d’une version fournie par l’éditeur.
- JRPG
- Développé et édité par Konami
- PlayStation 5 | PlayStation 4 | Xbox Series X | Xbox One | Nintendo Switch | PC – 6 mars 2025
- Sous-titré en français – PEGI 12
- Toute l’actualité du jeu | de la série
Depuis le 6 mars 2025, Suikoden I&II HD Remaster: Gate Rune and Dunan Unification Wars est disponible sur PlayStation 5, PlayStation 4, Xbox Series X, Xbox One, Nintendo Switch et PC. Contre 49,99 €, cette compilation regroupe deux classiques de Konami, bien décidé à ressusciter ses séries emblématiques. Après un développement de cinq longues années, les restaurations sont-elles à la hauteur de ces légendes du JRPG ?
Test de Suikoden I&II HD Remaster: Gate Rune and Dunan Unification Wars sur PC
La compilation regroupe les deux épisodes fondateurs de Suikoden, rebaptisés :
- Suikoden I HD Remaster: Gate Rune
- Suikoden II HD Remaster: Dunan Unification War
Écrits et réalisés par Yoshitaka Murayama, qui a plus tard créé Eiyuden Chronicle: Hundred Heroes, ces deux JRPG sont respectivement sortis sur PlayStation le 15 décembre 1995 puis le 17 décembre 1998, avant d’être portés sur diverses plateformes. Leurs histoires s’inspirent librement du roman Au bord de l’eau, l’utilisateur devant réunir cent-huit « étoiles du destin » pour renverser le gouvernement corrompu en place.
Il est également à noter que les deux jeux prennent place dans le même univers. Dans Suikoden, le joueur incarne le fils de Théo McDohl, général reconnu de l’armée impériale, qui marche dans les pas de son père, mais… Suikoden II, quant à lui, suit les destins croisés de jeunes soldats de Highland, victimes d’un complot militaire alors que la paix se profilait. À condition de l’avoir terminé, on peut importer ses données du premier jeu au début du deuxième, des personnages faisant leur retour. Dans tous les cas, il est vivement conseillé d’y jouer dans l’ordre, les événements de l’épisode fondateur émaillant le récit du second.
Plus loin | Gensô Suikoden (Grospixels)
Une série qui cultive son identité
À l’image de Tactics Ogre: Let Us Cling Together ou Front Mission sortis la même année que le premier Suikoden, la série dépeint des conflits militaires avec toutes les tragédies, les trahisons et les manipulations politiques que cela implique. Un ton qui tranche avec les JRPG plus traditionnels de 1995, tels que Chrono Trigger, Tales of Phantasia, Trials of Mana ou Dragon Quest VI : Le Royaume des songes. Comme d’autres créateurs, Yoshitaka Murayama souhaitait adresser ses récits à des publics plus matures que d’habitude.
Les Suikoden se distinguent aussi par leurs trois systèmes de combat différents. Le premier, le plus classique, est un tour par tour qui s’inscrit dans le quotidien des habitués du JRPG. Les attaques combinées et son caractère hautement personnalisable, devant les recrues et les runes disponibles, renouvellent sans cesse l’intérêt. Le deuxième ne s’applique qu’aux duels qui interviennent aux moments-clés du récit. Au cours de ces pierre-feuille-ciseaux, l’utilisateur anticipe le comportement de son adversaire en fonction de ses répliques. Le troisième prend la forme d’affrontements tactiques à grande échelle. Les étoiles du destin offrent alors leur soutien à l’armée de libération que dirige le joueur.
Les protagonistes ne cessent, effectivement, de recruter de nouveaux alliés au fil de la progression : soldats, marchands, aubergistes… qui s’installent au château. D’abord des ruines abandonnées, ces quartiers généraux deviennent des fourmilières qui bouillonnent d’activité. Pour obtenir la meilleure fin, recruter les cent-huit étoiles du destin est obligatoire. Mais puisque l’on peut en manquer quelques-unes, la lecture d’un guide est recommandée (attention aux spoilers). Toutes ces caractéristiques font de Suikoden une série unique, presqu’un genre à part entière du JRPG.
Des restaurations fidèles
Pour ces restaurations, Konami a donc opté pour la fidélité, afin de ne rien dénaturer. Les remakes, réalisés à l’échelle 1:1 sous Unity, rappellent la démarche des Final Fantasy Pixel Remaster, qui avaient vocation à reproduire les expériences d’origine. Mais le rendu fait surtout penser à Legend of Mana, avec des sprites, particulièrement bien animés, demeurant en pixel art, sur des arrière-plans redessinés à la main. Les portraits des deux jeux ont aussi fait l’objet d’un soin particulier avec le concours de Junko Kawano, illustratrice du premier épisode.
On retrouve rapidement ses marques, avec l’impression de jouer à des versions identiques à celles de l’époque. Les améliorations de qualité de vie sont pourtant nombreuses, à l’image de la possibilité de courir d’emblée, sans recourir à une rune ou un personnage spécifiques. Un accélérateur de combat double la vitesse, les héros se déplacent dans huit directions, les paramètres permettent de passer en facile à tout moment… Et le premier Suikoden est enfin localisé en français. On apprécie surtout la possibilité d’épingler les dialogues, comme dans Dragon Quest III HD-2D Remake très récemment. Cette fonctionnalité est bienvenue pour ne pas perdre de vue les objectifs, après une longue pause.
Cela suffit-il pour des restaurations qui sont sur le feu depuis si longtemps ? On aurait pu imaginer d’autres nouveautés, comme des doublages pour donner vie aux séquences les plus émouvantes. On aurait aussi apprécié une refonte de l’inventaire, mais à quel point cela aurait-il altéré l’équilibre du jeu ? Car on passe toujours autant de temps, dans le premier Suikoden, à transférer, stocker ou jeter des objets pour s’équiper convenablement. Qu’importe. Ces restaurations HD offrent une seconde jeunesse à une série de JRPG, essentielle en raison de son originalité, que l’on espère voir s’installer durablement dans la stratégie de l’éditeur.
Notre avis | 8
Retour réussi pour Konami sur la scène du JRPG, avec Suikoden I&II HD Remaster: Gate Rune and Dunan Unification Wars. L’éditeur a joué la carte de la fidélité et on retrouve, pour les deux jeux, une expérience quasiment inaltérée. La restauration graphique et les améliorations de qualité de vie dépoussièrent suffisamment ces œuvres bientôt trentenaires. Pourvu que l’éditeur donne suite avec un épisode inédit, après la série d’animation et le jeu mobile à venir.
On aime
- Des restaurations fidèles
- Les améliorations de qualité de vie
- L’originalité des jeux Suikoden
- La maturité des récits
On n’aime pas
- La gestion de l’inventaire
- L’absence de doublage
Merci d’avoir lu notre test de Suikoden I&II HD Remaster: Gate Rune and Dunan Unification Wars sur PC.




