mardi 4 octobre 2022
Tests et aperçusTest de Castlevania Advance Collection : les nuits du patrimoine

Test de Castlevania Advance Collection : les nuits du patrimoine

Détails de Castlevania Advance Collection

VersionsSortieDéveloppeurÉditeurPrix
PlayStation 424/09/2021M2Konami19,99 €
Xbox One24/09/2021M2Konami19,99 €
Switch24/09/2021M2Konami19,99 €
PC24/09/2021M2Konami19,99 €

Toutes nos actualités sur Castlevania

Test de Castlevania Advance Collection sur PC

Test réalisé à partir d’une version fournie par l’éditeur sur PC (Ryzen 7 3700X, 32 Go de RAM, GeForce RTX 2070 8 Go)

InterfaceAnglais / Japonais
Sous-titresAnglais / Japonais

Après un passage par la console virtuelle de la Wii U, les trois Castlevania de la Game Boy Advance sont de retour. Compilés ensemble avec Castlevania: Vampire’s Kiss, ces chefs-d’œuvre de Konami réclamés à cors et à cris sont de nouveau disponibles dans les meilleures conditions possibles. Et pour cause : les portages de Castlevania Advance Collection sont à nouveau réalisés par la société M2, experte en la matière. La réputation de ces trois merveilles du Metroidvania n’est plus à faire, mais bientôt vingt ans après leurs sorties respectives, la nostalgie n’embellit-elle pas nos souvenirs ?

Castlevania: Circle of the Moon, Castlevania: Harmony of Dissonance et Castlevania: Aria of Sorrow, respectivement sortis en 2001, 2002 et 2003, sont trois Metroidvania qui se ressemblent mais dont les propositions sont légèrement différentes. Le premier, développé par KCET, se distingue par son système de cartes à combiner pour réaliser des sorts. Les deux suivants sont quant à eux signés Koji Igarashi. Castlevania: Harmony of Dissonance invite notamment à l’exploration de deux châteaux parallèles et bénéficie d’un système d’éléments pour modifier l’effet des armes secondaires, une mécanique dont on ne soupçonne pas la profondeur avant de l’essayer et qui sera reprise telle quelle dans Castlevania: Lament of Innocence. Enfin, le héros de Castlevania: Aria of Sorrow peut absorber, collectionner et utiliser les âmes des serviteurs de Dracula, pour combattre mais explorer aussi. Quoique gothique, cet épisode se déroule en l’an 2035 et il est le premier Castlevania à se dérouler dans le futur par rapport à sa date de sortie.

Puis il y a Castlevania: Vampire’s Kiss initialement sorti en 1995 sur Super Nintendo. Absent des compilations Castlevania Requiem et Castlevania Anniversary Collection, cette réécriture de Castlevania: Rondo of Blood prend la forme d’un jeu d’action à l’ancienne. Son level design peu inspiré, son style graphique façon comics et les nombreux rabotages par rapport au modèle en font un épisode souvent boudé par les fans. Sa présence dans Castlevania Advance Collection, pourtant à la gloire de la portable 32-bits de Nintendo, peut étonner mais, en guise de bonus, Castlevania: Vampire’s Kiss ne se refuse pas.

Ces quatre jeux sont émulés de façon exemplaire avec de nombreuses options de confort : affichage pixel perfect, sauvegardes d’état, rembobinage qui est surtout utile dans le cadre de Castlevania: Vampire’s Kiss, choix de la version des ROM… L’agréable surprise vient de la qualité sonore avec moins de crépitement intra-jeu, bien que l’on puisse opter pour la fréquence et le bitrate d’origine. Les options graphiques sont toutefois peu nombreuses et Castlevania Advance Collection ne propose par exemple pas de filtres ; « tant mieux » diront les amateurs de pixel art.

Pour le reste, l’émulation est d’une grande fidélité et l’input lag s’est avéré imperceptible dans nos conditions de test (manette Xbox Series X connectée via USB-C). On aurait toutefois apprécié une option pour moduler les contrastes et la luminosité de Castlevania: Harmony of Dissonance. Cet épisode est excessivement criard à cause du premier modèle de Game Boy Advance dont l’écran n’était pas rétro-éclairé ; vingt ans plus tard, sur un téléviseur de cinquante pouces, on a tout de même l’impression que les couleurs sont trop vives.

M2 a pensé à intégrer quelques options bienvenues, dont une encyclopédie pour chacun des épisodes. À la manière de SEGA AGES Phantasy Star, il est possible d’invoquer ces codex à tout moment, détaillant les objets, les combinaisons de cartes, les âmes, les bestiaires et les multiples équipements. L’ajout de gadgets différents pour chaque épisode est également une excellente idée. Dans Castlevania: Circle of the Moon et Castlevania: Aria of Sorrow, un pop-up, tout de même un brin intrusif, indique si l’on a déjà obtenu la carte DDS ou l’âme du monstre que l’on vient de combattre, pour faciliter le travail des joueurs exhaustifs. Dans le cadre de Castlevania: Harmony of Dissonance, le gadget ne sert qu’à savoir si des reliques sont encore cachées dans la zone que l’on explore. Mine de rien, cela corrige partiellement l’un des problèmes de cet étrange épisode : il n’est pas rare que la mini-carte soit automatiquement remplie alors qu’un objet reste inaccessible au joueur. Au moins, on sait que des objets-clés gisent toujours dans les parages, évitant de tourner en rond sur de trop grandes portions de carte.

Castlevania Advance Collection s’accompagne aussi des bonus traditionnels avec des illustrations officielles et un lecteur de musiques qui laisse la possibilité de réaliser ses propres playlists. La galerie est loin d’être superflue car les artworks de Castlevania: Vampire’s Kiss et Castlevania: Circle of the Moon sont rares dans cette résolution.

Dans ces conditions, redécouvrir ces Castlevania est un véritable plaisir et on s’étonne toujours de la modernité de leur formule. À vrai dire, de nombreux Metroidvania gagneraient à s’inspirer de leur lisibilité, y compris le récent Bloodstained: Ritual of the Night. Les points de téléportation et les salles de sauvegarde sont idéalement placés et la vitesse de déplacement des personnages permet d’atteindre un point de destination en quelques secondes. Par exemple, Nathan Graves peut s’élancer comme une fusée pour traverser les salles verticales de Castlevania: Circle of the Moon. Juste Belmont possède la capacité de dash et de backdash pour parcourir les couloirs de Castlevania: Harmony of Dissonance à toute allure. Soma Cruz est quant à lui capable de se transformer et de gagner en mobilité grâce aux âmes des démons de Castlevania: Aria of Sorrow.

Bien sûr, enchaîner trois Metroidvania qui se ressemblent à ce point peut s’avérer lassant pour quiconque n’est pas spécifiquement fan de Castlevania, mais ils proposent chacun des défis variés, de la collection d’âmes aux arènes de combats. Les différents titres sont relativement courts et ne durent que quelques heures chacun, mais peuvent être approfondis avec d’autres façons de jouer ou d’autres personnages que l’on déverrouille. Castlevania: Vampire’s Kiss mis à part, le game design des différents épisodes de Castlevania Advance Collection est tout aussi capable de séduire aujourd’hui qu’à leurs sorties respectives et on est admiratif devant la modernité et le contenu de ces jeux conçus, à l’origine, pour une console portable.

Ces Castlevania sont devenus avec le temps de véritables institutions du patrimoine de Konami. On l’oublierait presque aujourd’hui : jusqu’à la Game Boy Advance, les jeux sur consoles portables étaient rarement aussi ambitieux que sur consoles de salon. Notre regard n’a néanmoins pas changé vis-à-vis de ces immenses classiques : on peut effectivement éprouver de la nostalgie à leur égard, mais ils étaient et sont toujours des Castlevania d’une grande richesse. Au-delà de l’aspect exhaustif de Castlevania Advance Collection, on se réjouit grandement de l’intemporalité de Castlevania: Circle of the Moon, Castlevania: Harmony of Dissonance et Castlevania: Aria of Sorrow qui n’ont pas leur pareil en 2021.

Captures d’écran de Castlevania Advance Collection

Castlevania Advance Collection

Articles similaires

Laisser un commentaire

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici