Test d’Atelier Marie Remake: The Alchemist of Salburg réalisé sur Nintendo Switch à partir d’une version fournie par l’éditeur.
- JRPG | Alchime
- Développé par Gust | Édité par Koei Tecmo
- PlayStation 4 | PlayStation 5 | Nintendo Switch | PC – 13 juillet 2023
- Ne comporte pas de sous-titres en français – PEGI 12
- Toute l’actualité du jeu | de la série
Les festivités autour du vingt-cinquième anniversaire d’Atelier se poursuivent avec Atelier Marie Remake: The Alchemist of Salburg. Pour célébrer ce quart de siècle, Gust et Koei Tecmo modernisent l’épisode fondateur, Marie no Atelier: Salburg no Renkinjutsushi, qui n’avait jamais quitté le Japon. Ce 13 juillet 2023, la première aventure de Marlone, dite Marie, est donc pour la première fois traduite an anglais. Le JRPG est disponible sur PlayStation 4, PlayStation 5, Nintendo Switch et PC.
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Test d’Atelier Marie Remake: The Alchemist of Salburg sur Nintendo Switch
Étudiante en alchimie à la Royal Academy of Magic, Marlone se distingue par ses performances particulièrement faibles. Sa professeure principale et le directeur de l’école lui adressent alors un ultimatum. « Marie », comme on la surnomme, doit synthétiser un objet à même de les impressionner au cours des cinq années à venir afin de décrocher son diplôme. Elle est libre de procéder à sa façon dans l’atelier à sa disposition au cœur de Salburg.
Atelier Marie Remake: The Alchemist of Salburg conserve tout ce qui fait de l’épisode fondateur un JRPG « différent » des autres jeux du genre. Pas question d’explorer le monde pour gagner de l’expérience, il suffit de réaliser un objet de « rang 6 » dans la limite de cinq ans pour passer l’examen. On dispose donc de quelques mille-huit-cent-vingt-cinq jours pour y parvenir. Mais chaque synthèse, chaque combat, chaque objet que l’on ramasse coûte un jour intra-jeu. Le temps s’écoule donc inexorablement à la moindre action de Marie. Le joueur apprend à gérer ses activités pour ne pas trop consommer le calendrier. Plus les objets à fabriquer sont complexes, plus la synthèse est longue. De la même manière, les zones de récolte les plus fertiles sont les plus éloignées et quelques jours de marche sont nécessaires pour s’y rendre.
Un JRPG qui met l’accent sur l’alchimie
Et déjà en 1997, ce premier épisode posait les bases de la boucle « récolte, synthèse, combat ». En écoutant les rumeurs, l’alchimiste découvre de nouvelles régions ou l’emplacement de ressources en particulier. Sur place, elle obtient des ingrédients qu’elle synthétise ensuite dans son chaudron. En livrant les objets fabriqués auprès de la taverne, Marie s’enrichit et peut recruter des mercenaires pour récolter plus loin, combattre des monstres plus puissants et ainsi de suite. Après chaque synthèse, la connaissance de Marie augmente et lui donne accès à de nouveaux ouvrages. Les consommables synthétisés sont d’ailleurs particulièrement efficaces et se trouvent au cœur du gameplay.
Plus tard, une partie des tâches est automatisée grâce au recrutement de fées, à l’image des esprits de Story of Seasons. En fonction des actions du joueur, de multiples événements ont lieu au cours des saisons qui se succèdent. Un agenda très pratique donne les différentes étapes pour les déclencher : fabriquer ceci ou cela, se lier d’amitié avec untel… La conclusion dépend en fin de compte de ce que l’on a réalisé, comme amener sa meilleure amie au niveau maximal ou fabriquer ou non la pierre philosophale, classique d’Atelier, par exemple.
Un rafraîchissement graphique bienvenu
Pour Atelier Marie Remake: The Alchemist of Salburg, Gust a reconstruit son épisode de zéro tout en respectant l’esprit d’il y a vingt-cinq ans. Les nouvelles illustrations, utilisées lors des dialogues, rafraîchissent notamment la direction artistique. Les pistes musicales sont aussi plus modernes, même si le joueur a le choix d’adopter la bande originale de 1997.
Ce rajeunissement se traduit également dans les modélisations en 3D, avec des personnages chibi qui évoluent dans des environnements colorés et chaleureux, donnant l’impression de dioramas qui s’activent sous nos yeux. En lieu et place des boîtes de dialogues d’antan, on déplace l’héroïne sur les diverses cartes, à l’image des épisodes les plus récents. Les ennemis apparaissent d’ailleurs directement dans les décors. Mais rien n’empêche d’automatiser la récolte comme à l’époque. Marie ramasse alors des ressources toute seule, avec des combats inopinés parfois.
Une expérience plus abordable
Pour aiguiller le joueur qui jouit du reste d’une totale liberté d’action, les développeurs ont également ajouté des « quêtes » générales comme visiter × zones ou atteindre × points de connaissance.
Cependant, la principale évolution de cette nouvelle interprétation réside dans le mode dit « Unlimited » qui lève la limite des cinq ans. Cette dernière alimente régulièrement les débats chez les amateurs de la série. S’agit-il d’une fonctionnalité essentielle pour procurer une expérience « Atelier » complète ? Aujourd’hui, Gust laisse le choix pour satisfaire à la fois ceux qui recherchent une aventure cozy, et ceux qui ne souhaitent pas dénaturer l’œuvre d’origine. En réalité, les cinq ans sont largement suffisants pour réaliser un objet de qualité supérieure et les quêtes de Sky Tavern restent de toute façon soumises à une date butoir. Une fois l’aventure démarrée, il n’est plus possible de passer d’un mode à l’autre, au contraire du niveau de difficulté que l’on peut modifier à loisir.
Atelier Marie Remake: The Alchemist of Salburg est donc plus accessible que jamais, exception faite de l’absence de localisation en français. On se réjouit que le titre soit pour la première fois disponible en dehors du Japon, mais il faut hélas se contenter de l’anglais pour les sous-titres et du japonais pour les doublages, si ce n’est le tavernier qui s’exclame « gracias! » pour remercier Marie. Malgré tout, le titre est peu volubile et tous les objets sont décorés d’icônes. Celles-ci font office d’aides visuelles pour mémoriser les ingrédients et faciliter la synthèse.
Une expérience favorisant plusieurs parties
On peut enfin s’interroger sur la richesse de cette nouvelle interprétation, à l’heure où chaque épisode s’étale sur plusieurs dizaines d’heures. Atelier Marie Remake: The Alchemist of Salburg est assez court puisqu’il faut environ dix heures du monde réel pour venir à terme de cinq années à Salburg. Des joueurs pourraient être frustrés que l’aventure trouve sa fin aussi rapidement, surtout pour un jeu affiché au prix de 49,99 €. Mais en réalité, le titre favorise plusieurs runs pour remplir toutes les listes d’objets, monstres et événements ainsi que découvrir les multiples épilogues. Dès la fin d’un premier run, Gust donne accès à un mode « très difficile » pour prolonger l’expérience.
Pour notre part, on n’est de toute façon pas contre l’idée d’un JRPG que l’on peut terminer en moins de dix heures, à une époque où les éditeurs glorifient des sauvegardes à plusieurs centaines d’heures de jeu. Et pour augmenter substantiellement la durée d’une partie, les développeurs auraient dû recourir à du remplissage excessif.
Atelier Marie Remake: The Alchemist of Salburg ne se pratique donc pas tout à fait comme les épisodes d’aujourd’hui, finalement plus linéaires. Augmenter ses liens avec un autre personnage au cours d’un autre run est possible. Privilégier les statistiques de combat et les boss optionnels plutôt que l’alchimie est aussi possible. Pour découvrir toutes ces facettes, le joueur devra obligatoirement rempiler pour quelques années supplémentaires dans son atelier d’alchimie.
Notre avis | 7
Vingt-cinq ans après, Atelier Marie Remake: The Alchemist of Salburg rend accessible la première aventure d’Atelier en dehors du Japon. À ce titre, ce remake de l’épisode qui pose toutes les bases de la série est d’emblée aussi important que Front Mission 1st: Remake récemment.
Cette nouvelle interprétation modernise, sans le dénaturer, un JRPG qui fait la part belle à l’alchimie. La boucle de gameplay fascine toujours et n’a pas tant vieilli, aux regards des jeux les plus récents de la série. Ce premier Atelier se distingue notamment par la liberté d’action dont dispose le joueur, dans la limite des cinq années nécessaires pour fabriquer un objet de qualité. Gust donne d’ailleurs la possibilité de se passer du chronomètre pour une expérience plus relaxante, soulignée par une esthétique adorable.
Notre seul regret concerne l’absence de localisation en français, finalement peu préjudiciable. Et comment s’en plaindre alors que Marlone quitte pour la première fois le Japon ?
On aime
- La direction artistique adorable
- La grande liberté d’action
- Les parties courtes qui favorisent plusieurs runs
On n’aime pas
- L’absence de version française
- L’ergonomie
Merci d’avoir lu notre test d’Atelier Marie Remake: The Alchemist of Salburg sur Nintendo Switch.








