Test d’« Arkanoid: Eternal Battle » sur Xbox Series X. Comment renouveler un genre né avec la préhistoire du jeu vidéo ?

Test d’Arkanoid: Eternal Battle réalisé sur Xbox Series X à partir d’une version fournie par l’éditeur.

Avec Arkanoid: Eternal Battle, Pastagames souhaite remettre le casse-briques au goût du jour. Comme Tetris 99, Super Mario Bros. 35 ou Pac-Man 99, le Battle Royale est au cœur de l’expérience. Cela suffit-il à renouveler une série qui a plus de trente-cinq ans aujourd’hui ? Pour notre part, on aurait aimé que le studio parisien, dont on connaît pourtant la créativité, déconstruise plus encore les codes du genre.

Test d’Arkanoid: Eternal Battle sur Xbox Series X

Très populaires chez nos parents, voire nos grands-parents pour les plus jeunes lecteurs, Arkanoid fut un immense succès. Et mine de rien, ce casse-briques légendaire de Taito, initialement sorti en 1986, n’a pas connu tant de suites que cela, et pour cause. Le genre, pourtant précurseur, est finalement vite tombé en désuétude. Arkanoid: Eternal Battle a cependant vocation à introduire la série auprès de nouveaux publics. On y retrouve le vaisseau-mère Arkanoid piégé par Doh dans une autre dimension. Le petit Vaus, vaisseau minuscule qui fait office de raquette, parvient à s’échapper et doit détruire les murs de l’espace pour s’échapper.

Arkanoid: Eternal Battle modernise-t-il le casse-briques ?

Cependant, le game design n’a pas beaucoup changé depuis tant d’années. On dispose d’un mode Retro, comprenant le jeu d’origine, et du mode Neo censé moderniser le genre. En réalité, il s’agit toujours d’un casse-briques tout ce qu’il y a de plus traditionnel, comprenant quarante-cinq niveaux. Impossible de jouer sur le pouce puisqu’il faut les traverser d’une traite, sans sauvegarde intermédiaire, ni sélection de l’épreuve. Une fois les trois vies perdues, on peut utiliser un crédit supplémentaire qui divise le score par deux. Mais on n’a pas plus que trois vies par niveau, ce qui se révèle éprouvant parfois tant des murs de difficulté se présentent au cours de la progression.

Les mécaniques de gameplay n’évoluent pas beaucoup non plus. Le genre connaît pourtant de nouvelles références, comme DX-Ball 2, pourtant lui-même bientôt vieux d’un quart de siècle. Plus récemment, Nervous Brickdown sur DS présentait aussi de multiples situations possibles pour augmenter la variété d’un casse-briques. En fin de compte, on aurait aimé que la « modernité » s’exprime aussi manette en main et pas uniquement visuellement. Pac-Man Championship Edition ou Space Invaders Extreme, pour citer un autre jeu de la maison Taito, ont nettement mieux dépoussiéré leurs genres respectifs.

Car, on le reconnaît, les habillages visuel et sonore ainsi que l’ambiance sont assez réussis. On peut d’ailleurs personnaliser l’arrière-plan avec de nouveaux skins au fil de sa progression en Battle Royale. Et le plaisir simple du casse-briques se montre toujours aussi addictif, tant et tant de générations de consoles après. Les contrôles sont d’ailleurs très intuitifs avec la possibilité de régler la sensibilité de sa raquette. Les gâchettes permettent d’accélérer à toute vitesse et comblent efficacement l’absence d’une molette.

Le Battle Royale change-t-il l’approche ?

Le mode le plus à même de changer l’approche que l’on a du casse-briques est donc le Battle Royale, mais… Arkanoid: Eternal Battle n’est pas aussi interactif que Tetris 99, par exemple. On a plus que jamais l’impression de jouer seul dans son coin. Il est pourtant possible d’envoyer des coups fourrés aux concurrents qui nous précédent ou nous talonnent, mais le concept est un peu différent. On n’est pas éliminé quand on perd une bille, mais on perd alors des points. Les vingt-cinq participants sont effectivement classés en fonction de leur score. Et passé un certain délai, le dernier est radié jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’un.

Sur le papier, ce mode peut devenir terriblement addictif, d’autant plus que le studio a eu la bonne idée d’implémenter une fonctionnalité cross-play. Dans les faits, les serveurs sont désespérément vides moins de deux semaines après la sortie. On n’a trouvé aucun humain au cours du test, malgré des heures et des heures de recherche. On peut tout de même jouer contre l’IA, pour pallier à l’absence d’autres joueurs, mais le plaisir n’est pas tout à fait le même. Mais surtout, on a rencontré de nombreux problèmes de connexion empêchant même de jouer en solo. À part en devenant « gratuit » ou inclus dans un abonnement comme le Nintendo Switch Online, on imagine mal le jeu se peupler prochainement.

Malgré tout, un autre mode multi procure de bons moments. On peut aussi jouer en écran partagé, de deux à quatre joueurs. Les concurrents s’affrontent alors sur un tableau choisi au hasard et le premier qui casse toutes ses briques remporte la manche, jusqu’à cinq. On était surtout enthousiasmé par le Battle Royale, mais ce mode multi s’avère être une bonne surprise. Le simple fait de jouer à plusieurs donne finalement un petit coup de jeune au concept, quel que soit l’âge des joueurs.

Plus loin | Lire aussi le test de Taikenban

Notre avis | 5

Arkanoid: Eternal Battle aurait dû moderniser le casse-briques, un genre vieux comme le monde. Mais malgré un habillage très évocateur, son mode solo ne fait absolument pas évoluer les mécaniques d’antan. Il faut alors se tourner vers le Battle Royale, enthousiasmant sur le papier, pour s’offrir une nouvelle expérience Arkanoid. Seulement, les serveurs sont d’ores et déjà vides et on n’est jamais parvenu à rencontrer un autre humain au cours du test. Alors vingt-quatre, quelle utopie. Cependant, le mode multi en local se révèle être une bonne surprise et permet de partager le plaisir simple du casse-briques. Mais dans ces conditions, on imagine mal ce qui pourrait permettre à Arkanoid: Eternal Battle de trouver son public. Peut-être qu’un twist du gameplay aurait offert une seconde jeunesse à cette série jadis populaire.

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