Test de Marvel’s Guardians of the Galaxy : doit-on être un expert de l’univers Marvel pour y jouer ?

Marvel’s Guardians of the Galaxy est la nouvelle adaptation du comics éponyme. Les super-héros assaillissent les salles obscures depuis des années mais le jeu vidéo n’est pas en reste. DC Comics mène le bal avec Gotham Knight, Suicide Squad: Kill the Justice League et même DC Super Hero Girls: Teen Power. Côté Marvel, il n’y a guère que les Marvel’s Spider-Man de Sony qui fédèrent. Après l’échec critique de Marvel’s Avengers cependant, Eidos-Montréal a une nouvelle chance de faire briller la « Maison des Idées » sous la forme d’un TPS. Bien que radicalement différents dans leurs propositions, les deux jeux ont longtemps été comparés par le public et la presse. Manette en main, qu’est-ce qui différencie la bande de Peter Quill de celle de Steve Rogers ?

VersionsSortieDéveloppeurÉditeurPrix
PlayStation 426/10/2021Eidos-MontréalSquare Enix69,99 €
PlayStation 526/10/2021Eidos-MontréalSquare Enix69,99 €
Xbox One26/10/2021Eidos-MontréalSquare Enix69,99 €
Xbox Series X26/10/2021Eidos-MontréalSquare Enix69,99 €
Switch
Cloud Version
26/10/2021Eidos-MontréalSquare Enix69,99 €
PC26/10/2021Eidos-MontréalSquare Enix59,99 €

Sommaire

Quelle est l’histoire de Marvel’s Guardians of the Galaxy ?

Près de douze ans après la terrible guerre intergalactique contre les Chitauri menée par le titan fou Thanos, Peter Quill laisse son passé de ravageur derrière lui. Dans son vaisseau Milano, il fait équipe avec Drax le Destructeur, la femme la plus dangereuse de l’univers Gamora, le mécanicien raton-laveur Rocket et le colosse floral Groot. Ils forment ensemble les Gardiens de la Galaxie, entre mercenaires intrépides et loosers éternels. En partant en mission de chasse pour Lady Hellbender dans une zone interdite, les choses ne se déroulent toutefois pas comme prévu. Comme souvent, l’étrange équipe tombe de Charybde en Scylla et doit faire face à une nouvelle menace pouvant détruire l’univers connu.

L’équipe d’Eidos-Montréal s’est pliée en quatre pour offrir une histoire originale, touchante et respectueuse du matériau d’origine. Le travail cinématographique de James Gunn, principale référence du grand public, reste cependant la source d’inspiration centrale. Ainsi, l’humour est omniprésent, la figure du bras cassé au grand cœur est glorifiée, et la tragédie n’est jamais loin.

S’agit-il d’un jeu-service ?

Si le jeu semble posséder de nombreux points communs avec Marvel’s Avengers, la comparaison n’a pas réellement lieu d’être. Marvel’s Guardians of the Galaxy partage effectivement son univers général, bien qu’il soit exempt de passerelle scénaristique. Son orientation action et le même couple développeur/éditeur à la baguette peuvent aussi porter à confusion. Pour autant il reste un jeu de tir à la troisième personne, sans instance en ligne ni mode coop. Surtout, on n’y incarne qu’un seul personnage. Les développeurs ont d’ailleurs annoncé que le jeu n’aurait aucune feuille de route, qu’il s’agisse du multi ou de contenu supplémentaire.

Par ailleurs, rien n’indique que Marvel’s Guardians of the Galaxy et d’autres jeux Marvel, Spider-Man et Avengers notamment, se rejoignent sur le plan scénaristique. Le titre s’appuie majoritairement sur la duologie Marvel Studio, tant sur les plans du design général, du jeu d’acteur que du ton.

Peut-on contrôler tous les Gardiens de la Galaxie ?

On ne peut jouer que Star-Lord, l’intelligence artificielle dirigeant les autres Gardiens. C’est tout le paradoxe du jeu. Les développeurs se sont efforcés à mettre en valeur une équipe aux profils variés. Les interactions avec les coéquipiers se limitent ici à des choix de dialogues, et à la possibilité d’activer des capacités propres à chacun. Elles sont essentielles pour avancer. Au début, Drax est par exemple le seul Gardien capable de faire chanceler les ennemis les plus résistants.

La durée des temps de recharge, les dégâts occasionnés et d’autres paramètres peuvent être ajustés finement dans les menus, améliorant l’accessibilité générale. En ajoutant des capacités de déplacement supplémentaires à Star-Lord, ainsi que des attaques élémentaires, le système de combat gagne en profondeur au fil de la partie. Mieux : il se révèle même étonnamment fun dans la deuxième moitié. Il reste dommage que la mise en route soit si lente, et que certains affrontements deviennent longs et brouillons par moment.

Les capacités des gardiens agrémentent aussi bien le combat que la progression. Par exemple, Groot peut utiliser ses capacités végétales pour immobiliser les ennemis en combat. Il peut aussi créer des ponts de branches lors des phases d’exploration. Il est par moment nécessaire de combiner plusieurs de ces pouvoir pour progresser. Mais ces phases d’énigmes, sans être désagréables, ne sont jamais très profondes.

La liberté d’action est-elle au rendez-vous ?

Si le terrain de jeu est vaste et propice à l’évasion, l’aventure donne l’impression d’être sur des rails. Les niveaux sont extrêmement linéaires. Devoir se faufiler dans des trous exigus ou longer des corniches pour progresser rappelle fortement les jeux d’action d’antan. Des couloirs à peine déguisés séparent des arènes de combat et des énigmes sommaires. Les sempiternelles actions contextuelles sont au rendez-vous, qu’il s’agisse de sortir d’une séquence scriptée ou d’un rattrapage in extremis à une plateforme. La conduite du vaisseau Milano façon shoot ’em up se déroule aussi dans des environnements étriqués et peu intéressants. La construction des niveaux n’est donc clairement pas le point fort de Marvel’s Guardians of the Galaxy.

Il se rattrape fort heureusement sur la dimension esthétique. Les équipes artistiques ont redoublé d’effort pour créer des environnements bigarrés et inventifs. On se surprend à s’arrêter quelques instants pour profiter du paysage et jouer avec le mode photo plutôt complet.

La portée narrative du jeu a également son importance. Les nombreux dialogues enrichissent l’univers. On ne se lasse pas d’entendre les taquineries des uns et des autres, en particulier avec le doublage anglais remarquable. Marvel’s Guardians of the Galaxy place régulièrement Peter dans son rôle de leader qui doit aiguiller les discussions. Celles-ci ont un impact sur la relation entre les personnages. Ce dispositif intervient également pendant les combats, avec une fonctionnalité de dialogues pour remobiliser les troupes, soigner les personnages et recharger leurs compétences. Si les conséquences de ces choix sont globalement limitées, certains orientent le déroulement des batailles finales de façon aussi surprenante que bienvenue.

La bande originale est-elle aussi percutante que dans les films ?

Bobby McFerrin, Blondie, et même Rick Astley : Eidos-Montréal adresse des clins d’œil pour rappeler la mélomanie de Peter Quill, dont les goûts sont associés au rock des années 80. Le vaisseau des gardiens dispose d’un jukebox avec une bande-son plutôt fournie. Il comprend notamment un groupe de rock nommé Star-Lord, créé pour l’occasion. Ces chansons interviennent à des moments-clés du jeu ou pour relancer la dynamique des combats, et jouent parfaitement leur rôle. Le reste de la bande originale reste par ailleurs très agréable et toujours adapté aux situations de l’aventure.

Combien de temps dure Marvel’s Guardians of the Galaxy ?

Pour parcourir l’ensemble du jeu, une grosse vingtaine d’heure suffit. Le compteur peut monter un peu plus pour ceux aimant flâner. Quelques détours marginaux sont prévus pour les collectionneurs. Au-delà de la récupération de pièces détachées pour personnaliser l’équipement, des coffres contiennent une panoplie de costumes alternatifs pour les Gardiens. Ceux-ci font habilement référence à leurs glorieux récits passés. Par ailleurs, des objets peuvent être ramassés, donnant lieu à des discussions plus approfondies sur le passé de chacun, à bord du Milano. Tant par sa durée que par ses hommages, Marvel’s Guardians of the Galaxy est donc un jeu très généreux et qui possède beaucoup de cœur.

Doit-on être un expert de l’univers Marvel pour y jouer ?

Nul besoin d’avoir ouvert un comics des Gardiens ou d’avoir vu les films Marvel Studio pour apprécier le jeu. L’histoire originale est conçue pour que n’importe qui prenne facilement le train en marche. Marvel’s Guardians of the Galaxy s’ouvre sur un Peter Quill adolescent et rappelle la position centrale du destin de sa mère Meredith dans sa construction personnelle. Très rapidement, l’ADN des Gardiens se laisse découvrir : celui d’une famille dysfonctionnelle, entre destins tragiques et chamailleries touchantes. L’humour et la fraternité y ont néanmoins toujours une place de choix.

Pour autant, les fans du matériau d’origine auront du biscuit à se mettre sous la dent. La galerie de personnages est riche, allant du légendaire Nova Corps jusqu’à des références plus pointues comme la sympathique cadette Gold, assurément l’une des grandes réussites du titre. Les interactions sont un vrai plaisir, et les références sont nombreuses. En somme, tous les profils de joueurs pourront y trouver leur compte.

Test réalisé à partir d’une version fournie par l’éditeur sur PC

Marvel

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