Test réalisé à partir d’une version fournie par l’éditeur sur PC (Ryzen 5 3600X, 32 Go de RAM, GeForce RTX 2070 Super 8 Go)
Développé par Hidden Fields et édité par MWM Interactive
Sorti le 16 mars 2021 et disponible PlayStation 4, PlayStation 5, Xbox One, Xbox Series X, Switch et PC
| Interface | Français / Anglais / Allemand / Espagnol / Russe |
| Audio | |
| Sous-titres | Français / Anglais / Allemand / Espagnol / Russe |
Pour concevoir l’univers du thriller psychologique Mundaun, la nouvelle création de son studio Hidden Fields, Michel Ziegler s’est inspiré de son enfance dans les Alpes. Comme The Colony et ELSE avant lui, Mundaun dispose d’une esthétique particulièrement soignée puisque toutes les ressources graphiques sont dessinées à la main. Le rendu au crayon est particulièrement saisissant mais on est amené à se demander si la démarche n’est pas trop ambitieuse pour ce jeune studio.
Inspiré par le folklore alpin, Mundaun place le joueur dans la peau de Curdin, un jeune homme de retour sur ses terres d’origine à la suite du mystérieux décès de son grand-père. Sur place, il se rend compte que la population se comporte étrangement puisqu’elle semble assujettie à une force maléfique. Pour en découvrir l’origine, Curdin entreprend l’ascension du mont Mundaun.
Se pratiquant à la première personne et avec ses textures esquissées à la main, Mundaun possède un style visuel unique. Le rendu est singulier et donne réellement l’impression de jouer à un titre dessiné au crayon sur de vieilles feuilles de papier. On dénote quelques angles coupés sèchement et qui rappellent la présence de polygones mais, dans l’ensemble, la sensation d’évoluer au milieu d’un cahier de croquis monochromes au ton sépia est une franche réussite.
Pour autant, si la partie graphique bénéficie d’un soin tout particulier, Hidden Fields n’a pas négligé les autres éléments de design. Parce que les indices sont rares, Curdin et le joueur doivent très régulièrement consulter un journal. Meilleur allié du joueur, celui-ci est uniquement composé de croquis qu’il convient d’analyser pour comprendre la marche à suivre. Les énigmes sont généralement suffisamment limpides pour que l’on ne reste pas bloqué inutilement.
Par ailleurs, le joueur peut aussi cartographier les environnements grâce à des points d’observation. On évolue dans un monde en apparence « ouvert » mais qui révèle vite ses limites, à cause de murs invisibles et de dénivelés tout simplement impossibles à escalader.
Mundaun est une expérience accessible grâce à une difficulté des combats ajustable. Cette partie de l’aventure n’est sans doute pas la plus importante, et c’est pourtant celle qui peut causer le plus de souci au joueur non-averti. Curdin n’étant pas un combattant, il est terrorisé par le monde qui l’entoure, ce qui le ralentit en cas de présence ennemie. Les adversaires sont capables d’attaquer à distance pour changer Curdin en homme de paille. Pour compenser sa perte de vitesse, le joueur peut toutefois consommer du café que l’on prépare en amont. Bien que facultative, cette possibilité donne du tonus à Curdin en le stimulant et en le rendant plus vif.
La narration de Mundaun se fait à la première personne et toute l’histoire passe par Curdin qui commente les événements. Le titre possède une construction relativement classique car l’aventure linéaire progresse en même temps que l’on remplit les objectifs du journal. Si les choix visuels sont extrêmement forts, Mundaun n’exploite peut-être que trop timidement, mais à bon escient, la thématique du dessin par l’intermédiaire du journal. Dans tous les cas, Michel Ziegler relève le pari de créer un thriller psychologique entièrement crayonné, une démarche jusqu’au-boutiste qui apparaît déjà comme l’une de ses signatures.







