Test de Senua Saga: Hellblade II Enhanced réalisé sur PlayStation 5 à partir d’une version fournie par l’éditeur.
- Action-aventure
- Développé par Ninja Theory | Édité par Xbox Game Studios
- Xbox Series X | PC – 21 mai 2024
PlayStation 5 – 12 août 2025 - Sous-titré en français – PEGI 18
- Toute l’actualité du jeu | de la série
Disponibles depuis le 21 mai 2024 sur Xbox Series X et PC, les aventures de Senua s’offriront aux utilisateurs PlayStation 5 à partir du 12 août 2025 contre 49,99 €, à l’occasion de Senua’s Saga: Hellblade II Enhanced. Une édition Deluxe est également commercialisée contre 69,99 €, comprenant une bande-son numérique ainsi que la restauration de Hellblade: Senua’s Sacrifice. Une nouvelle escale de Xbox Game Studios sur la console de Sony donc, pour un voyage dérangé vers contrées volcaniques d’Islande. À l’image du cheminement spirituel de son héroïne, Senua’s Saga: Hellblade II parvient-il à se débarrasser de ses vieux démons pour nous surprendre ?
Test de Senua’s Saga: Hellblade II Enhanced sur PlayStation 5
Une randonneuse qui entendait des voix
La recette de la série Hellblade repose essentiellement sur le principe du walking simulator. Dans les deux épisodes, Senua chemine durant une aventure d’une huitaine d’heures environ, transportée d’un point de narration à un autre. Pour varier les plaisirs, l’héroïne fait sporadiquement face à de l’adversité, en l’occurrence des draugr dans ce deuxième opus, sorte de zombie viking. L’exploration laisse alors place à une phase de combat simpliste, avec un ennemi à la fois à gérer. Coup rapide, coup lent, parade, esquive… Ninja Theory ne réinvente pas la roue pour l’occasion.
Parfois, la progression est stoppée par des énigmes environnementales à résoudre grâce à son sens de l’observation. Qu’il s’agisse de superposer des formes dans les décors pour révéler des glyphes, ou de les modifier à l’aide de sphères magiques, Senua’s Saga: Hellblade II est également dans la continuité du premier volet, avec quelques variations cependant.
Faute d’originalité dans leur gameplay donc, les Hellblade mettent en avant deux points qui les caractérisent. En premier lieu, une exigence technique forte, avec des modélisations faciales et des décors très travaillés. En second lieu, Ninja Theory se targue d’avoir travaillé en profondeur la représentation de la psychose, maladie affectant l’héroïne. Elle est constamment assaillie de voix et d’hallucinations, retranscrites notamment par une spatialisation poussée du son. En plus de servir l’immersion, cette particularité représente un effort louable de représentation non stigmatisante des troubles psychologiques.
Sur PlayStation 5 enfin, Senua’s Saga: Hellblade II dispose d’une labellisation Enhanced, embarquant avec quelques nouveautés : les commentaires des développeurs, un mode performance à 60FPS, une amélioration du menu photo et le retour de l’option Corruption, limitant le nombre de morts possibles dans une partie. Un patch embarquant l’ensemble sera disponible dans la foulée sur Xbox Series X et PC.
La plastique ne fait pas tout
S’il y a bien une promesse qui ne déçoit pas les attentes, c’est le volet technique. Mais il ne sert malheureusement pas pleinement les intérêts de l’œuvre. Les décors islandais sont sublimes, alternant entre désolation et poésie. Mais ils se révèlent frustrants à parcourir, tant l’aventure est linéaire et l’exploration inexistante. La motion capture fait à nouveau des merveilles, avec des visages et des voix que l’on a rarement vus aussi immersifs et expressifs. Mais ils ne sont que des miroirs aux alouettes, car les personnages et situations qu’ils illustrent manquent de finesse.
On touche d’ailleurs ici à la plus grande faiblesse de cette suite : son écriture manque de profondeur. La spirale infernale du premier volet, posant un regard touchant sur des sujets sensibles, dont la dépression et l’acceptation du deuil, semble avoir disparu. Dorénavant, Senua est une héroïne affirmée, rarement déstabilisée, et le propos tenu sur la santé mentale est réduit à peau de chagrin. L’intrigue est, quant à elle, cousue de fil blanc, avec un questionnement existentiel sur la question de l’homme et du monstre qui ne décolle jamais. Tous les autres sujets balayés, du pardon à la perte d’un enfant, sont également survolés.
Les combats quant à eux n’ont quasiment pas évolué… Dommage, tant les efforts étaient nécessaires sur ce plan. Chaque joute se déroule de la même manière, à l’exception des rares affrontements de boss qui ne brillent pas pour autant. Les énigmes se sont vues agrémentées de nouvelles mécaniques, mais restent dans la veine du premier Hellblade. Un bel effort est à saluer concerne les options d’accessibilités toutefois. Elles sont nombreuses, touchant aussi bien les volets sonore (la lecture des éléments de menus) que visuel (prise en charge du daltonisme).
Notre avis
Ce qui paraissait, dans Hellblade: Senua’s Sacrifice, comme une véritable descente en enfer psychotique ressemble aujourd’hui à un train fantôme dont on aurait omis d’éteindre les lumières. Senua’s Saga: Hellblade II n’est pas une œuvre sans charmes ni atours, eu égard à son esthétique, son ambiance, sa mise en scène et ses qualités techniques. Mais l’on ne peut s’empêcher d’être moins patient envers Ninja Theory quand on voit répétées des erreurs, que l’on excusait volontiers dans le premier volet, réalisé par un studio indépendant à l’époque. L’exploration est lapidaire, les combats rébarbatifs, et l’enrichissement des énigmes ne les rend pas moins artificielles. Mais constater que Senua est devenue une héroïne plus classique, moins bien écrite, est ce qui nous attriste le plus.
On aime
- Du mieux dans les énigmes
- Une ambiance sonore réussie
- Des paysages à couper le souffle
- Un niveau technique remarquable
- Des efforts d’accessibilité
On n’aime pas
- Des ficelles grossières dans la recette
- Des combats profondément ennuyeux
- Un scénario et des personnages n’animant pas l’œuvre
- Une progression rébarbative
- Des ajouts limités






