Test de South of Midnight réalisé sur Xbox Series X à partir d’une version commerciale.
- Action-aventure | Plateforme
- Développé par Compulsion Games | Édité par Xbox Game Studios
- Xbox Series X | PC – 8 avril 2025
- Entièrement localisé en français – PEGI 18
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Depuis le 8 avril 2025, South of Midnight est disponible au téléchargement, à partir de 44,99 € sur Xbox Series X et 39,99 € sur PC. Il s’agit de la nouvelle création de Compulsion Games, la première depuis son acquisition par Xbox Game Studios en 2018. Le jeu d’action-aventure prouve à nouveau la créativité débordante du studio de Montréal concernant la forme, mais aussi ses lacunes quand il s’agit du fond.
Test de South of Midnight sur Xbox Series X
Une fable du Sud profond
South of Midnight prend la forme d’une fable du Sud profond des États-Unis, caractérisé par la représentation gothique de son folklore et la réalité des conditions extrêmes du bayou. À ce titre, l’histoire se déroule à Prospero, un village imaginaire de Louisiane, où la maison d’Hazel Flood est emportée par un ouragan, tandis que sa mère se trouve à l’intérieur. Pour la retrouver et lui porter secours, la jeune femme se découvre des pouvoirs de Tisseuse, dont des capacités à dénouer les fils du passé et à réparer la Grande Tapisserie.
Tout au long de son aventure, elle rencontre des créatures mythiques justement empruntées au folklore local et librement interprétées pour les besoins du scénario. La construction de l’univers est donc plutôt riche, avec la possibilité d’approfondir les différentes légendes à l’aide d’une encyclopédie que l’on remplit au fur et à mesure. Mais l’écriture souffre tout de même d’une narration manquant de finesse, en raison d’une fâcheuse manie à répéter les événements du récit, pour dédiaboliser les antagonistes et révéler leurs traumatismes du passé. Hazel a tendance à se parler toute seule au long des niveaux, ne laissant qu’une faible marge d’interprétation à l’utilisateur.

Une esthétique gothique et colorée
La réalisation est plus aboutie quant à elle, avec des partis pris radicaux, à commencer par l’animation saccadée des personnages. Au cours du gameplay, on ne s’en rend pas forcément compte parce que la caméra se déplace à 60FPS. Mais lors des scènes animatiques, les mouvements et les mimiques font vaguement penser à de l’animation en volume. L’esthétique plus globalement, gothique et colorée, se rapproche de la poésie propre à Tim Burton, que l’on retrouve d’ailleurs dans Contrast et We Happy Few, les productions antérieures de Compulsion Games.
C’est surtout sur le plan sonore que s’illustre South of Midnight avec des doublages parfaitement incarnés et entièrement doublés en français, hormis les paroles des musiques qui font pourtant partie intégrante de la narration. Au fil du récit, on a souvent droit à des chansons dans un style cadien, mais aussi à des morceaux de rock aux puissantes percussions pour accentuer les combats. La bande-son, plus globalement, s’inscrit dans le genre du swamp pop avec de la country, du blues ou encore du zarico. Un véritable chef-d’œuvre au sein de l’œuvre que l’on doit à l’immensément talentueux Olivier Derivière.
Des mécaniques extrêmement génériques
La créativité du studio trouve toutefois ses limites dans le gameplay avec des mécaniques extrêmement génériques. L’exploration, très linéaire, est constituée de plateformes à franchir, de l’usage d’un grappin imaginaire et de parois à escalader, dans la veine des productions de l’ère PlayStation 3 et Xbox 360. Les combats sont également d’un classicisme le plus total, malgré un arbre de compétences qui cache la forêt, y compris lors des boss qui manquent d’imagination. L’ensemble est fluide et harmonieux, mais on progresse le plus souvent en pilotage automatique, avec une traînée lumineuse pour nous guider.
La structure de la plupart des chapitres manque notamment d’audace, avec un déroulement suivant le même schéma tout au long de la dizaine d’heures de jeu. On récolte les souvenirs douloureux d’un personnage en premier lieu, avec des combats en arène pour ponctuer les séquences de plateforme. Puis on participe à une course-poursuite sans aucune intensité, avant de se frotter au boss à proprement parler. Les niveaux manquent de petites énigmes environnementales et d’ouverture plus généralement, empêchant l’immersion dans cet univers qui fourmille pourtant de vie. On regrette enfin l’impossibilité de revenir dans les chapitres précédents, pour compléter sa collection à 100%.

Notre avis | 7
South of Midnight est donc un jeu particulièrement soigné en ce qui concerne sa réalisation. Mais il se heurte à un gameplay tout ce qu’il y a de plus banal, tant aux niveaux de l’exploration que des combats. Si l’on n’adhère pas à l’esthétique gothique de Compulsion Games, l’expérience s’avère finalement assez générique. Il faut malgré tout admettre que l’ambiance cadienne fascine, notamment grâce aux musiques exceptionnelles de la bande-son.
On aime
- L’esthétique gothique
- La richesse de l’univers
- La bande-son
- La version française
On n’aime pas
- Le manque de finesse narrative
- Les mécaniques génériques
- La structure redondante
Merci d’avoir lu notre test de South of Midnight sur Xbox Series X.




