Test de Paradise Killer réalisé sur PC à partir d’une version fournie par l’éditeur.
- Roman visuel | Enquête
- Développé par Kaizen Game Works | Édité par Fellow Traveller
- PC | Nintendo Switch – 4 septembre 2020
PlayStation 5 | PlayStation 4 | Xbox Series | Xbox One – 16 mars 2022 - Ne comporte pas de sous-titres en français – PEGI 16
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Si la fortune sourit vraiment aux audacieux, on espère que Kaizen Game Works, qui signe avec Paradise Killer son tout premier jeu, soit rapidement couvert d’or. Ce mélange invraisemblable de roman visuel et d’enquête en monde ouvert est une expérience si rare qu’on aurait difficilement pu l’imaginer. L’exercice d’équilibrage entre genres opposés peut s’avérer périlleux mais il en résulte une fusion inédite et hypnotique. Attention, chef-d’œuvre.
Test de Paradise Killer sur PC
Pour ressusciter ses Dieux, un syndicat de fidèles adorateurs tente de créer un Paradis sur une île en dehors de la réalité. Celle-ci n’étant pas parfaite, émergent une deuxième, une troisième, jusqu’à une vingt-quatrième île ! À la veille du passage au vingt-cinquième Paradis, le Conseil est mystérieusement assassiné. Le joueur incarne alors Lady Love Dies, enquêtrice en exil pendant trois millions de jours, pour faire la lumière sur ce massacre.
Le joueur s’organise comme il le souhaite pour mener l’enquête
Libre de ses mouvements, le joueur peut intégralement conduire son enquête dans l’ordre qui lui convient. Dès les premières secondes, il est possible d’accuser n’importe quel être présent dans le vingt-quatrième Paradis. Mais pour résoudre le mystère, il faut récolter des preuves, croiser les témoignages, établir des mobiles, vérifier les alibis… L’absence totale d’une ligne jaune donne un sentiment de vertige inattendu.
Petit à petit toutefois, on recolle les morceaux et on comprend mieux la structure de l’île ainsi que la complexe relation qui lie les différents personnages. Avec l’enquête, on se rend compte du travail quasi-maniaque effectué sur la conception du monde de Paradise Killer, d’abord complètement opaque et d’une limpidité remarquable après des heures d’exploration. Quel travail d’orfèvre.
Une exploration véritablement libre
En même temps que l’on comprend les tenants et aboutissants, on obtient de nouvelles compétences qui donnent accès à des zones inexplorées et qui facilitent surtout l’exploration. Malgré d’innombrables allers-retours (une option de voyage rapide existe mais elle est payante), les déplacements sur l’île ne sont jamais pénibles grâce à une architecture fascinante et des visuels accrocheurs, très fortement inspirés de Danganronpa 2: Goodbye Despair avec de grands sprites en 2D dans des décors en trois dimensions. On est également accompagné par une bande-son absolument divine mélangeant jazz, disco et mélodies tropicales.
La structure de Paradise Killer peut cependant dérouter. Pour progresser, on peut suivre le fil de l’enquête et de ses idées mais on risque de manquer de cristaux de sang, la monnaie locale, si on n’explore pas hors des sentiers battus. On peut aussi opter pour une exploration minutieuse de tous les recoins de l’île qui est immense : quand on découvre un nouveau sentier, c’est souvent une nouvelle zone entière qui se déploie sous nos yeux. Mais en procédant ainsi, on risque de couper l’herbe sous le pied au fil de l’enquête, en découvrant très tôt des indices que l’on aurait pu, voire dû, découvrir plus tard.
Un équilibrage imparfait qui fascine
Il n’est pas simple de trouver le bon équilibre avec une formule réunissant des concepts aussi éloignés. Pourtant, une fois immergé dans Paradise Killer, difficile pour le joueur d’en sortir jusqu’à résoudre l’enquête une bonne fois pour toute. L’œuvre est distinctement imparfaite et on se rend compte des dilemmes auquel s’est confronté Kaizen Game Works au cours du développement. Voilà précisément ce qui rend ce jeu si fascinant : l’équilibre n’est pas irréprochable mais la structure se tient dressée, à l’image des différentes îles qui se succèdent dans le monde de Paradise Killer.







