Test de Hypnospace Outlaw : bienvenue dans le web 3.1

Test réalisé à partir d’une version commerciale sur PC (Ryzen 7 3700X, 32 Go de RAM, GeForce RTX 2070 8 Go)

Développé par Tendershoot et édité par No More Robots
Sorti le 12 mars 2019 et disponible sur PlayStation 4, Xbox One, Switch et PC

InterfaceAnglais
AudioAnglais
Sous-titresAnglais

Le temps étant incompressible, pourquoi ne pas s’occuper pendant le sommeil ? Dans Hypnospace Outlaw, la société imaginaire Merchantsoft propose un périphérique prévu à cet effet : naviguer sur Internet pendant que l’on dort devient alors possible. Derrière les GIF animés et les MIDI tapageurs se cache un monde aux problématiques étonnamment familières.

Dans le rôle d’un modérateur du réseau Hypnospace, le joueur gagne sa croûte en décelant des contenus illicites et en signalant les citoyens à surveiller. À mesure que l’on résout des affaires toutefois, la question de la morale se pose : la justice selon Adrian Merchant, PDG de Merchantsoft, est-elle réellement la plus juste ?

Pour agir, le joueur doit naviguer sur de nombreux sites Internet accessibles via différents annuaires. Les comportements à dénoncer sont variés, donnant lieu à des enquêtes très différentes : harcèlement ciblé, non-respect du droit d’auteur, utilisation d’une plateforme de paiement non-certifiée par Merchantsoft…

Le bandeau que l’on porte pour accéder au réseau donne accès à un bureau d’ordinateur personnalisable, rappelant les OS des années 90. On dispose d’un navigateur Internet, d’une boîte e-mail et de quelques logiciels, dont un anti-virus payant. Un assistant qui rappelle Trombi nous accompagne même tout au long de la partie ! On se croirait vraiment revenu dans « le monde d’avant » avec une souris dont la traînée rame, des pages qui ont du mal à se charger, une compression vidéo extrême, etc.

Lorsqu’une nouvelle affaire nous est assignée, Hypnospace Outlaw est réellement vertigineux tant il propose une abondance de pages à éplucher. On se retrouve face à un monde ouvert numérique que l’on doit explorer avec beaucoup de patiente et de vigilance. Un outil de recherche et de mots-clés peut se montrer salutaire mais il faut souvent ruser pour parvenir à ses fins.

La structure est cependant très simple : les affaires ne se chevauchent pas et il n’y a pas de quêtes secondaires. On les résout de façon très linéaire de sorte que l’on ne se perde pas entre des dizaines d’objectifs, même si les sites à visiter sont nombreux. Avec le choix d’un fil rouge narratif, Tendershoot maîtrise parfaitement le récit avec une narration qui se déroule uniquement par l’intermédiaire des pages web, des courriels et des historiques de discussion.

La fibre nostalgique des « vieux » joueurs est fortement provoquée par la multiplication des hommages à l’Internet d’alors, qu’il s’agisse du discours ou plus particulièrement de l’absence totale de règles de web design. Les joueurs n’ayant pas connu cette glorieuse époque n’éprouveront peut-être pas de sympathie particulière pour les flammes qui s’animent et les musiques qui se déclenchent quand on se connecte à un site. Hypnospace Outlaw touche toutefois tous les publics puisque ses thématiques résonnent très fortement avec nos propres usages d’Internet, de nombreuses années plus tard.

Hélas, Hypnospace Outlaw est uniquement en anglais, ce qui peut se montrer problématique pour les joueurs francophones dans la mesure où tout le jeu repose sur du texte. Il faut également passer outre une interface volontairement repoussante, des pages Internet d’un goût douteux et la terrible sensation d’être seul face à un monde gigantesque et en mouvement. Ces joueurs seront récompensés par un véritable chef-d’œuvre capable d’occuper leurs pensées quelques jours après l’avoir fini… Et peut-être même quelques nuits.

L’histoire de Space Harrier de 1985 à aujourd’hui

L'histoire de Space Harrier de 1985 à aujourd'hui

Souhaitez-vous soutenir Actua ? Alors découvrez notre ouvrage consacré au chef-d’œuvre de Yū Suzuki : L’histoire de Space Harrier de 1985 à aujourd’hui. Retour sur la Terre des Dragons pour redécouvrir cette légende de SEGA, qui a défini le genre du rail shooter. Bonne lecture et merci pour votre soutien !

Acheter le livre | L’histoire de Space Harrier de 1985 à aujourd’hui (13,70 €)

Laisser un commentaire

S'il vous plaît, entrez votre commentaire !
S'il vous plaît entrez votre nom ici

À lire aussi

Test de Room to Grow : qui s’y frotte s’y pique

Développé et édité par Mischka Kamener, Room to Grow est un jeu qui mêle logique et réflexion. L’originalité de ce casse-tête est de proposer le contrôle d’un cactus qui croît. Room to Grow se destine-t-il uniquement aux joueurs rompus au genre ou tous, y compris les plus novices, peuvent s’y frotter ?

Le jeu de réflexion Room to Grow sortira le 25 février 2021 sur PC

Mischka Kamener annonce la date de sortie de Room to Grow. Son jeu de réflexion sera disponible sur PC le 25 février 2021.

Test de When The Past Was Around : une image vaut mille mots

Le studio indonésien Mojiken a fait des relations humaines ordinaires sa spécialité. En mettant au cœur de ses jeux le quotidien, les développeurs en dessinent la profondeur plus que la routine. When The Past Was Around est un jeu qui traite de l’amour, du bonheur d’être en couple et de la séparation tragique. Mais pas de n’importe quelle façon car le jeu est dépourvu de tout dialogue. Malgré l’absence de texte, le joueur parvient à saisir la situation tragique qui se dessine grâce à de multiples subtilités.

Let’s Play de Cloud Gardens : 20 min pour découvrir cette simulation de floraison

Cette vidéo Let’s Play de Cloud Gardens permet de découvrir ce jeu de réflexion de Noio. On y présente le début du jeu au cours de 20 min où l’on détaille la mécanique de floraison. On rappelle que Cloud Gardens est disponible dès aujourd’hui en accès anticipé sur PC uniquement.

Aperçu de Cloud Gardens en accès anticipé

Disponible en accès anticipé à partir de ce 9 septembre 2020, Cloud Gardens est un jeu de réflexion qui attise la curiosité grâce à ses graphismes très particuliers, composés de fleurs et d’encombrants. La proposition de Noio est singulière : faire fleurir des lieux abandonnés. Au-delà de son esthétique percutante et soignée, quelles subtilités se cachent dans ces jardins célestes ?