Test d’« Indiana Jones et le Cercle Ancien » sur Xbox Series X. Du blockbuster au AAA, l’archéologue est en quête de son passé glorieux

La dernière aventure du docteur Jones remonte à Indiana Jones et le Sceptre des rois, sorti le 9 juin 2009 sur PlayStation 2, PlayStation Portable, Wii et Nintendo DS.

Test d’Indiana Jones et le Cercle Ancien réalisé sur Xbox Series X à partir d’une version commerciale.

Depuis le 9 décembre 2024, l’archéologue de George Lucas fait son retour à l’occasion d’Indiana Jones et le Cercle Ancien. Le jeu d’aventure, réalisé par MachineGames et édité par Bethesda Game Studios, est disponible sur Xbox Series X et PC, à partir de 69,99 €. Une version PlayStation 5 est également prévue pour le printemps 2025. Cet épisode, très attendu par les utilisateurs Xbox Series X en quête d’un AAA solo, ne donne pas entière satisfaction sur le plan ludique. Mais il constitue un retour époustouflant de la franchise après des années de déception.

Test d’Indiana Jones et le Cercle Ancien sur Xbox Series X

L’histoire d’Indiana Jones et le Cercle Ancien se déroule en 1937, entre Les Aventuriers de l’arche perdue et Indiana Jones et la dernière croisade. Le Marshall College subit un cambriolage visant un artefact, une statuette représentant un chat momifié. Pour comprendre pourquoi cette relique en particulier, le célèbre professeur mène l’enquête depuis le Vatican. Alors qu’il tente de percer ce mystère, il est confronté, comme souvent, aux puissances de l’Axe et à Emmerich Voss, lui-même archéologue pour le compte du Troisième Reich. Indiana Jones est toutefois épaulé par Ginetta Lombardi, journaliste italienne à la recherche de sa sœur, qu’elle pense être détenue par les autorités allemandes.

Un Indiana Jones authentique

Le scénario s’inscrit donc parfaitement dans la tradition des films de George Lucas et Steven Spielberg, avec une capacité à faire voyager le joueur tout au long de la progression. Les développeurs n’ont d’ailleurs pris aucun risque avec des environnements suscitant dépaysement et mystère : le Vatican susmentionné, les pyramides de Gizeh et Sukhothaï. Et toutes les ruines enfouies que cela implique.

On apprécie plus particulièrement la mise en scène des animatiques, d’une grande fidélité aux films de l’époque. On retrouve l’écriture et l’humour caractéristiques de la « trilogie » initiale, malgré la prépondérance croissante du surnaturel. À ce titre, Richard Darbois lui-même, la voix française d’Harrison Ford, incarne Indy. Mais son timbre de voix, parfaitement adapté au vieux loup de mer qu’est devenu l’archéologue dans Indiana Jones et la Cadran de la destinée, semble en léger décalage avec le trentenaire que l’on incarne aujourd’hui. En version originale, il est d’ailleurs interprété par Troy Baker.

L’immersion est souvent mise à mal

L’adoption d’une vue subjective, avec laquelle MachineGames est probablement à l’aise ayant réalisé plusieurs Wolfenstein, a fait couler beaucoup d’encre depuis la première bande-annonce. Pour notre part, les doutes s’épaississent plus encore désormais devant le caractère cinématographique de l’expérience. De nombreux confrères ont salué cette décision, que l’on trouve originale pour se distinguer des nombreux jeux du genre. Dans son test du 9 décembre 2024 pour Gamekult, Cael estime par exemple que « l’immersion est totale ». De notre côté pourtant, on a éprouvé toutes les peines du monde à pleinement entrer dans la diégèse.

Parce que la narration environnementale est finalement assez pauvre. Et à chaque fois que le scénario reprend ses droits, la représentation repasse à la troisième personne, au contraire d’un Half-Life par exemple où l’on « vit » chaque scène comme si on y était. À vrai dire, au cours du gameplay, quand Indiana Jones réalise certaines actions (escalade, acrobaties), la caméra ne cesse de quitter son corps. De plus, l’interactivité avec les environnements reste limitée, malgré les objets à ramasser dans les décors pour se défendre. Mais la plupart des caisses et autres pots sont incassables, ne donnant pas toujours l’impression d’être physiquement impliqué dans ce monde. L’interface agit d’ailleurs comme l’élément de distanciation principal, notamment parce que l’ergonomie n’est pas toujours au mieux et que les objets interactifs sont entourés d’une lueur trop vive.

Mais ce sont surtout les bugs en pagaille et les comportements des ennemis qui finissent par pleinement nous sortir de notre rôle d’explorateur.

Un gameplay trop limité

A-t-on seulement envie de prendre part à ce monde devant les mécaniques de gameplay au mieux limitées, au pire brouillonnes ? MachineGames donne l’impression d’avoir tâtonné pour sortir des carcans du FPS.

On pense aux phases d’infiltration extrêmement sommaires, frustrantes même, en raison de points de contrôle aléatoires. Il arrive que les ennemis nous repèrent en pleine nuit à plus de cinquante mètres, tandis que des caisses devraient nous protéger des regards. Mais un garde peut également ne pas prêter attention à son camarade se faisant liquider sous ses yeux, à la lumière du jour. Les éliminations silencieuses sont parfois délicates et la palette de mouvements manque de possibilités, ne serait-ce que pour renverser un nazi dans le vide.

Même constat du côte des combats. Les développeurs ont eu l’excellente idée de décréter la supériorité du corps à corps par rapport aux armes à feu, pour coller au côté slapstick des films. Mais dans quel monde une bouteille de verre écrasée sur un casque à pointe est-elle plus efficace qu’un tir en pleine tête ? La boxe est de toute façon plutôt confuse, malgré la présence d’une parade et d’esquives, consommant une jauge d’endurance franchement contraignante. Mieux vaut donc ramasser une tapette à mouche, une balai-brosse ou n’importe quelle guitare pour se défendre. Le fouet, qui sert à surprendre les ennemis et à les désarmer, est en revanche bien intégré.

Un jeu d’aventure avant tout

Fort heureusement, l’exploration reste le moteur de la progression, malgré quelques limites, là encore. Indiana Jones explore trois zones semi-ouvertes à l’occasion de quêtes principales, pour que l’histoire continue, ou de quêtes secondaires, dites « aventures ». En ligne droite, une partie s’étale sur une douzaine d’heures environ. Il faut en compter une trentaine pour viser le 100%.

La structure de chaque chapitre est d’ailleurs identique. Après avoir débarqué dans une nouvelle région, Indy réalise quelques missions et accumule, à cette occasion, de l’or pour s’acheter un objet indispensable pour progresser. Et si toutefois on n’a pas rempli tous les objectifs, il est possible de revenir à loisir dans les sections précédentes. Rien n’oblige donc à compléter toutes les annexes dès qu’elles se présentent. Mais on y est vivement encouragé car elles permettent d’augmenter très largement les capacités du docteur Jones.

Quand on s’engage dans une aventure, principale ou secondaire, on finit inexorablement au cœur de ruines mystérieuses. Ces dernières sont le théâtre de quelques segments de plateforme très linéaires au cours desquels Indiana Jones escalade des parois périlleuses, se sert de son fouet pour franchir les précipices, se glisse à plat ventre dans de minuscules ouvertures… Rien que du très classique ponctué par des casse-têtes, déjà vus et revus pour la plupart, mais suffisamment relevés pour donner l’impression à l’utilisateur de disposer d’un cortex cérébral supérieur.

Une réalisation perfectible

Indiana Jones et le Cercle Ancien mise donc sur sa réalisation avant tout, plutôt que ses qualités ludiques. Mais on émet aussi des réserves de ce point de vue. Certes. L’aspect graphique est resplendissant. On a parfois l’impression d’explorer de véritables tableaux, tant les jeux d’ombre et de lumière sont maîtrisés. Plusieurs scènes sont également spectaculaires avec des effets pyrotechniques de haute volée.

En contrepartie, le joueur doit accepter un clipping étonnamment visible des ombres sur Xbox Series X. Auquel il faut ajouter des animations qui ne se déclenchent pas toujours correctement, quand les ennemis mordent la poussière, dans le dernier tiers, moins soigné, notamment. Le framerate des scènes animatiques parachève cette réalisation en dents de scie et fait tout bonnement désordre pour un AAA de 2024, produit par une GAFAM aussi puissante que Microsoft. Mais après tout, peut-être fallait-il simplement y voir un hommage au cinéma, souvent cadencé à 24FPS…

Notre avis | 7

Indiana Jones et le Cercle Ancien brille par sa fidélité aux films de George Lucas. Il s’agit même d’une expérience « Indy » authentique, que les quatrième et cinquième films n’ont que partiellement procurée. Comment souvent, grâce aux jeux vidéo, les héros de notre enfance ont droit à une deuxième jeunesse. Pour l’apprécier cependant, le joueur doit accepter un AAA au gameplay limité, qui traduit de nombreux tâtonnements de MachineGames. Au moins a-t-on l’impression d’avoir participé à une très grande aventure, ce qui reste le point cardinal de toute œuvre Indiana Jones.

On aime

  • Un Indiana Jones authentique
  • Une deuxième jeunesse pour l’archéologue
  • La participation à une grande aventure
  • Les jeux d’ombre et de lumière

On n’aime pas

  • L’immersion rarement totale
  • Des mécaniques de gameplay sommaires
  • L’ergonomie
  • La multitude de bugs

Merci d’avoir lu notre test d’Indiana Jones et le Cercle Ancien sur Xbox Series X.

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Test d'Indiana Jones et le Cercle Ancien réalisé sur Xbox Series X à partir d'une version commerciale. https://www.youtube.com/watch?v=q4QmXVTjIqY Depuis le 9 décembre 2024, l'archéologue de George Lucas fait son retour à l'occasion d'Indiana Jones et le Cercle Ancien. Le jeu d'aventure, réalisé par MachineGames et édité...Test d'« Indiana Jones et le Cercle Ancien » sur Xbox Series X. Du blockbuster au AAA, l'archéologue est en quête de son passé glorieux