Test de Clock Tower: Rewind réalisé sur PC à partir d’une version fournie par l’éditeur.
- Survie | Horreur | Point and click
- Développé par WayForward et Limited Run Games | Édité par WayForward et Sunsoft
- PlayStation 5 | PlayStation 4 | Xbox Series X | Xbox One | Nintendo Switch | PC – 29 octobre 2024
- Sous-titré en français
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Demain, 29 octobre 2024, Clock Tower: Rewind sera disponible au prix de 19,99 € sur PlayStation 5, PlayStation 4, Xbox Series X, Xbox One, Nintendo Switch et PC. Réalisée par WayForward sous le Carbon Engine de Limited Run Games, cette restauration remet au goût du jour le jeu d’horreur le plus influent de l’ère 16 bits, pour la première fois édité en dehors du Japon. À ce titre, il bénéficie même d’une version française.
Test de Clock Tower: Rewind sur PC
Initialement sorti le 14 septembre 1995 sur Super Famicom, avant d’être enrichi sur PlayStation, WonderSwan et PC à l’occasion des éditions First Fear, Clock Tower prend les formes d’un point and click et d’un jeu de survie. Réalisé par Human Entertainment (notamment connu pour ses Fire Pro Wrestling) sous la houlette de Hifumi Kono, cet immense classique n’a jamais officiellement quitté le Japon, au contraire de ses suites. Bien que méconnu en France, son influence se ressent toujours de nos jours, de Resident Evil 3: Nemesis à Until Dawn, en passant par Silent Hill 2.
Son scénario s’articule autour de quatre orphelines trouvant un nouveau foyer au manoir des Barrows. Sur place cependant, les jeunes filles sont enfermées et tandis que Jennifer Simpson, que l’on incarne tout au long de l’aventure, mène l’enquête, ses camarades disparaissent. Au détour de son exploration, elle rencontre Scissorman, un petit garçon muni d’une immense paire de ciseaux qui la traque pour l’assassiner. La protagoniste et l’esthétique de Clock Tower, inspirées par Dario Argento et son long-métrage Phenomena, ont durablement marqué les esprits.
Une expérience conservant sa fraîcheur
C’est-à-dire que les jeux d’horreur étaient rares à l’époque, plus encore sur une console familiale telle que la Super Famicom. Sur la 16 bits de Nintendo, le genre s’exprimait surtout au travers de romans visuels, à l’image d’Otogirisō qui partage en réalité beaucoup avec le chef-d’œuvre de Human Entertainment. Malgré les performances de la console et une réalisation en pixel art, l’atmosphère pèse et les jump scares fonctionnement parfois. Les sueurs froides devraient notamment provenir des courses-poursuites ; pour échapper à Scissorman, Jennifer ne peut jamais se défendre, trouvant refuge dans les décors. Mais puisque l’on reprend exactement à l’endroit de sa mort en cas d’échec, la tension est, à vrai dire, vite désamorcée.
En résulte une expérience peu punitive, s’adressant aussi aux joueurs occasionnels, fait rare en 1995. L’autre mécanique de gameplay, qui consiste à résoudre des énigmes, confirme cette accessibilité. Les solutions sont aussi simples qu’utiliser un pesticide sur des insectes, sans combinaisons alambiquées telles que l’on en trouvait dans les productions LucasArts.
En revanche, dévoiler une « bonne » fin parmi les neuf disponibles est une autre paire de manches sans aide extérieure. Car dans Clock Tower, l’utilisateur est libre de résoudre les énigmes, donc de progresser, dans l’ordre qu’il souhaite. L’épilogue ainsi que certains événements de l’aventure, dépendent du cheminement et plusieurs parties, d’une durée de trois heures environ, peuvent être nécessaires pour lever le mystère du manoir des Barrows. Mais on n’a jamais l’impression de jouer deux fois au même jeu, car de nombreux événements surviennent aléatoirement.
Une restauration timide
En dépit de sa modernité, le travail de modernisation effectué sur Clock Tower: Rewind est toutefois discret. WayForward propose le jeu d’origine ou une version comprenant les améliorations de Clock Tower: First Fear. Aucune d’entre elles ne comporte de contenus inédits et les améliorations de gameplay ne sautent pas aux yeux. On aurait notamment apprécié des contrôles légèrement plus souples. Au moins, l’utilisateur peut jouer à la souris sur PC. Des sauvegardes d’état et un rembobinage sont bien de la partie, mais inutiles, Jennifer apparaissant toujours à l’endroit de sa mort. On retrouve même les ralentissements impromptus, que l’on aurait préféré gommés par WayForward.
Les localisations constituent donc la principale nouveauté de cette restauration. Non seulement traduit en anglais, Clock Tower: Rewind est aussi proposé, pour la première fois, en version française. Malgré les contraintes d’espace des boîtes de dialogue d’antan, la localisation se révèle tout à fait correcte, ne suscitant jamais l’incompréhension ou des contresens.
On reste malheureusement sur notre faim concernant les bonus également. À peine a-t-on droit à quelques planches animées, une interview de Hifumi Kono, une courte scène d’introduction et des musiques interprétées par Mary Elizabeth McGlynn, la voix de Silent Hill, et Dale North. Mais qu’importe, le plat de résistance reste cet immense classique, disponible en France, vingt-neuf ans après son lancement, et dont l’influence demeure bien présente dans les productions d’aujourd’hui. Mieux vaux tard que jamais.
Notre avis | 7
Annoncé le 12 juillet 2023, il y a désormais plus d’un an, on attendait une restauration plus ambitieuse avec Clock Tower: Rewind. Mais le classique de Human Entertainment en avait-il besoin ? Malgré ses contrôles approximatifs, il demeure moderne, voire avant-gardiste, du haut de ses vingt-neuf ans. Ce jeu d’horreur s’est toujours montré conciliant avec sa sauvegarde automatique et ses énigmes faciles d’accès. Incluant le jeu d’origine et une déclinaison comportant les améliorations de Clock Tower: First Fear, cette interprétation de WayForward constitue donc la version définitive pour découvrir ce point and click. Les publics francophones, quels que soient leurs systèmes de jeu, ont désormais accès à tout un peu de l’histoire du jeu d’horreur.
On aime
- La version française
- Scissorman
- Les fins multiples
- Le caractère aléatoire
On n’aime pas
- Les contrôles approximatifs
- Les améliorations peu nombreuses
- Les bonus faméliques
Merci d’avoir lu notre test de Clock Tower: Rewind sur PC.
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