Test d’« Elden Ring » sur Xbox Series X. Est-il vraiment le plus accessible des FromSoftware ?

Test d’Elden Ring réalisé sur Xbox Series X à partir d’une version commerciale.

  • Action-RPG | Monde ouvert
  • Développé par FromSoftware | Édité par Bandai Namco
  • Elden Ring
    PlayStation 4 | PlayStation 5 | Xbox One | Xbox Series X | PC – 25 février 2022
  • DLC Shadow of the Erdtree
    PlayStation 4 | PlayStation 5 | Xbox One | Xbox Series X | PC – 21 juin 2024
  • Entièrement localisé en français – PEGI 16
  • Toute l’actualité du jeu

On chante souvent les louanges du level design des jeux FromSoftware et plus particulièrement de Dark Souls. Pourtant maître de l’exercice, comme il l’a démontré avec Bloodborne ou Sekiro: Shadows Die Twice plus récemment, le studio a opté pour un monde ouvert dans le cadre d’Elden Ring. Sans bousculer une formule qui semble plus que jamais immuable, l’approche de l’exploration est cependant très différente au point que de nombreux observateurs en parlent comme d’un Soulsborne particulièrement accessible. Il ne faut toutefois pas s’imaginer un « Dark Souls pour tous » car ses immenses possibilités sont toujours aussi rarement détaillées intra-jeu.

Test d’Elden Ring sur Xbox Series X

Dans Elden Ring dont l’histoire est co-écrite par George R. R. Martin, le joueur incarne un Sans-éclat qui doit trouver les runes majeures du Cercle d’Elden. Celui-ci a effectivement éclaté et les descendants de la reine Marika l’Éternelle, demi-dieux corrompus par les éclats du Cercle qu’ils possèdent, gouvernent à présent l’Entre-terre. L’avatar personnalisé du joueur, que l’on peut spécialiser à loisir, doit donc parcourir le monde pour restaurer le Cercle d’Elden et en devenir le Seigneur.

Elden Ring est-il aussi difficile que les précédents jeux FromSoftware ?

Parce qu’il prend place dans un monde ouvert, Elden Ring paraît souvent plus facile que ses prédécesseurs. Et pour cause, quand un mur de difficulté se présente, on peut tout simplement explorer ailleurs et trouver des runes et de nouveaux objets. Le jeu présente bel et bien quelques passages plus linéaires, souvent les plus réussis. Mais l’Entre-terre est composée d’innombrables donjons à parcourir. Une grotte ici, des ruines par-là… Ces niveaux minuscules ne bénéficient pas du même soin que les entonnoirs obligatoires, mais ils sont toujours généreux dans le loot offert aux Sans-éclats qui y pénètrent.

Comme on parcourt rapidement le monde sur le dos de Torrent, la monture dotée d’un double-saut très pratique, on peut se rendre très tôt dans des zones extrêmement reculées d’Elden Ring. Cela permet souvent d’abuser du jeu et d’obtenir des bénéfices réservés aux plus hauts niveaux. On pense notamment aux cent mille runes que l’on peut grapiller en vingt minutes, mais aussi à de multiples objets très pratiques. En fonction du build du joueur, de nombreuses armes ne serviront finalement pas à grand-chose, au contraire de certains talismans ou invocations que l’on obtient aux quatre coins de l’Entre-terre.

Au-delà d’invoquer d’autres joueurs par le biais des désormais traditionnelles marques dorées, on peut effectivement appeler à la rescousse des esprits contrôlés par l’IA. En échange de quelques MP, des loups, faucons, squelettes ou autres créatures nous prêtent main forte en attirant l’aggro d’un ennemi dangereux. Les fioles de santé et de magie se rechargent après avoir vaincu un groupe de monstres et on peut enfin concocter une fiole sur mesure pour obtenir de multiples buffs. Les chances de survie sont alors plus grandes que d’habitude, on doit bien le reconnaître.

Ses mécaniques sont-elles plus faciles d’accès que d’habitude ?

Mais l’accessibilité ne passe pas que par le seul et unique prisme de la difficulté. Sans vouloir relancer un débat aussi fatigant qu’éculé, on considère cet épisode comme l’un des moins accessibles précisément à cause de son monde ouvert. FromSoftware ne donne que très peu d’indications sur la marche à suivre et on peut très facilement passer à côté d’objets absolument essentiels. On pense aux invocations évoquées plus haut : on obtient cette faculté en revenant dans l’une des premières zones du jeu. Que dire des magies d’astrologue, que l’on ne peut acheter qu’auprès d’un PNJ caché dans une cave et protégé par un boss ?

Plus que jamais, le studio favorise la découverte, l’expérimentation… ou la lecture de nombreux guides de la communauté. Les marques au sol orientent parfois un Sans-éclat mais on doit trop souvent s’en remettre aux échanges d’expérience avec d’autres joueurs sur les espaces numériques. Autant dire que quiconque désire découvrir Elden Ring en ermite peut manquer beaucoup d’objets-clés dans la progression.

On se rend vite compte que les développeurs récompensent fortement l’exploration libre mais celle-ci se révèle parfois pénible. Un joueur en haut d’une falaise ne peut pas en sauter, malgré le double-saut de Torrent qui devrait, dans un monde idéal, amortir les dégâts de chute. Il faut souvent trouver un chemin complètement ailleurs, bien plus tard dans l’aventure. On a aussi parfois rencontré quelques difficultés à discerner les sites de grâce au cours du test. Ceux-ci font office de feu et permettent de se reposer et de se téléporter surtout.

Comment le monde ouvert change-t-il l’approche des Soulsborne ?

À ce propos, il n’est pas rare de ressentir une certaine lassitude dans l’exploration d’Elden Ring, quand soudain tout un nouveau pan s’ouvre au joueur. Au détour d’un rocher, derrière un Arbre-monde mineur ou au sommet d’une colline, on peut se trouver face à de toutes nouvelles régions ou d’innombrables boss. La grande majorité d’entre eux ne sont d’ailleurs pas si intenses que le voudrait la tradition, et quelques-uns font même l’objet d’un recyclage manifeste. Mais qu’à cela ne tienne, quelques affrontements iconiques marqueront durablement les Sans-éclats qui en sortent victorieux.

On peut légitiment préférer pourquoi pas la plus grande linéarité des épisodes précédents. Mais on est aussi obligé d’admettre que le travail de FromSoftware sur l’Entre-terre est gargantuesque. Alors que l’on imagine atteindre les limites de la carte, on se rend compte qu’il reste encore tant et tant à découvrir. Celle-ci se dévoile petit à petit et quand on prend conscience de tout ce que l’on a parcouru, il y a de quoi avoir le vertige. Certes, Elden Ring est souvent mal calibré mais devant tant d’ennemis, tant de builds possibles, tant de façons de jouer, tant d’objets à découvrir, tant de possibilités offertes et tant d’expériences uniques, on imagine mal comment FromSoftware aurait pu trouver le parfait équilibre.

Elden Ring
Captures d’écran © Bandai Namco

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