Test d’Assassin’s Creed Shadows réalisé sur PlayStation 5 à partir d’une version fournie par l’éditeur.
- Action-RPG
- Développé par Ubisoft Québec | Édité par Ubisoft
- PlayStation 5 | Xbox Series X | PC – 20 mars 2025
- Entièrement localisé en français – PEGI 18
- Toute l’actualité du jeu | de la série
La sortie d’un nouvel Assassin’s Creed sonne toujours comme une réussite déjà actée. Pourtant, jamais la série n’a porté autant d’enjeux sur ses épaules. Tout d’abord parce qu’une série portant le mot « assassin » dans son titre était forcément attendue au tournant, concernant une déclinaison au pays des ninjas. Mais aussi parce qu’Ubisoft n’a jamais eu autant besoin d’un succès pour remonter la pente, entre les scandales de harcèlement moral et sexuel d’une part, et les difficultés financières d’autre part. Après de multiples reports, Assassin’s Creed Shadows, développé par Ubisoft Québec et avec le concours de nombreux studios de la maison, débarque sur Playstation 5, Xbox Series X (79,99 €) et PC (69,99 €). Yasuke et Naoe fournissent-ils enfin au joueur l’expérience ultime d’assassin de l’époque Sengoku ?
Test d’Assassin’s Creed Shadows sur PlayStation 5
Yasuke, esclave mozambicain, est à la solde des jésuites portugais. Lors d’un voyage à la cour de Kyōtō, il rencontre le daimyō Nobunaga, auprès duquel il fait forte impression par son sens alerte et ses airs guerriers. Gravissant rapidement les échelons, il devient samouraï et participe activement aux conquêtes du clan Nobunaga, jusqu’à la décimation des shinobi d’Iga. Mais la violence démesurée du chef de guerre laisse un goût amer au jeune samouraï. Naoe Fujibayashi, fille (fictive) du célèbre ninja Nagato Fujibayashi, devient quant à elle victime des ambitions du clan Oda. Blessée, et assistant à l’assassinat de son père par de mystérieux guerriers, elle part à leur recherche pour se venger. Dans le même temps, elle doit récupérer une relique énigmatique qui pourrait changer le cours de la guerre d’unification en cours dans le pays.
La petite histoire dans la grande
Le lancement du jeu fait apparaitre une interface rémanente du projet Assassin’s Creed Infinity. Censée rappeler l’Animus, l’interface de réalité virtuelle incluse dans la diégèse du jeu, elle permet de choisir entre les différentes époques, et donc les différents jeux de la saga. Tout cela, à condition d’avoir acheté l’opus en question, ou de disposer d’un abonnement adéquat. Cet Animus sert à nouveau de cadre pour la narration. Heureusement, Ubisoft a eu la main beaucoup moins lourde qu’auparavant. Mais il serait temps de se débarrasser de cette métahistoire embarrassante, tant le propos rapporté est indigent et inutile. Surtout quand elle sert également d’écrin à de bien trop nombreuses microtransactions. Si cet opus se veut être celui de la rédemption, ces mécaniques prédatrices ne sont certainement pas un bon point de départ.
Une exploration amusante mais sans surprise
L’une des difficultés que rencontre Assassin’s Creed Shadows est de sortir après d’autres jeux ayant construit intelligemment leurs mondes ouverts, s’exposant à la comparaison. Ghost of Tsushima par exemple, qui partage un cadre similaire, s’est affranchi de centaines de marqueurs d’action, pour laisser le vent ou les renards guider habilement le joueur vers sa destination. Ici, le découpage de la région du Kansai en plusieurs zones, chacune capée à un niveau d’expérience, est un frein à l’exploration. Il reste agréable de découvrir les activités qui y sont proposées, comme les méditations au temple à l’origine de flashbacks, ou l’exploration de vieilles sépultures royales appelées kofun, à la recherche d’équipements rares. Le terrain de jeu est amusant, dépaysant, souvent époustouflant, faute de surprendre.
Il est cependant important de noter que rarement un jeu Ubisoft n’a connu un tel niveau de finition. Très peu de bugs ont été recensés, au même titre que la partie n’a pas connu de ralentissement ou de plantage. Une vraie performance, étant données la taille, la beauté et la vivacité de la carte. Là où la recette Assassin’s Creed apporte sa touche, c’est dans son côté musée virtuel. Si le jeu n’est évidemment ni réaliste, ni une retranscription fidèle de l’histoire, de nombreux lieux réels et personnages historiques sont croisés au fil de l’aventure. Un vaste codex permet d’illustrer de très nombreux points culturels de cette période-clé du Japon.
Des combats que l’on aurait aimé plus subtils
Comme expliqué plus tôt, l’aventure est cadrée par des niveaux d’expérience. Assassin’s Creed est progressivement passé d’un jeu d’espionnage et d’assassinat à un action-RPG. Le contexte féodal et l’importance des ninjas dans l’histoire était un prétexte tout trouvé pour revenir à une aventure plus furtive, aérienne et d’assassinat en toute discrétion. Il n’en est malheureusement rien, un ennemi de plus haut niveau ne pourra être assassiné en un coup, sans passer par une option de menu.
Au-delà de ce constat, chaque personnage possède une approche différente. Naoe est fragile, mais agile dans les airs, quand Yasuke fonce dans le tas, faute de pouvoir évoluer en hauteur. Le gameplay de combat parait vieillissant et, une fois encore, pâtit de la comparaison avec Ghost of Tsushima. Reste une bonne variété d’armes, prétextes à des arbres de compétence à tout va qui raviront les joueurs exhaustifs. Encore faudra-t-il pour cela écumer toutes les activités annexes, afin de débloquer des points de compétence. En termes de volumétrie, Assassin’s Creed Shadows se place entre ses prédécesseurs, étant plus généreux qu’Assassin’s Creed Mirage mais moins qu’Assassin’s Creed Valhalla. Les joueurs ont de quoi faire, sans non plus avoir l’impression de ne jamais en finir.
Un système de quêtes passionnant
En prenant ce qui fonctionnait dans les épisodes antérieurs, Assassin’s Creed Shadows fournit un système de quêtes passionnant. Sur un menu « objectif », différents cercles d’influences représentent autant d’arcs de quêtes annexes pouvant s’avérer interdépendantes, comme dans The Witcher III: Wild Hunt, en son temps. On trouve par exemple celles concernant la quête principale, avec plusieurs cibles à assassiner, mais également des missions spécifiques au camp de base, servant à rallier des personnages à la cause de la vengeance. Ce quartier général est par ailleurs personnalisable, avec l’ajout de décorations, de bâtiments, de routes… Cette gestion de base d’opération est un jeu en soi, qui n’est que le reflet de la grande diversité de choses à faire dans le jeu.
Plus loin | [AVIS] Assassin’s Creed Shadows (Taikenban)
Notre avis | 7
Difficile de porter un jugement tranché sur Assassin’s Creed Shadows. Il est bel et bien l’Assassin’s Creed le plus beau, le mieux fini, et le mieux dimensionné. Etant donnée l’attente portée sur une déclinaison japonaise, les promesses sont respectées. Le Kansai de l’époque Sengoku est plus vivant que jamais, et l’on sent des efforts particuliers pour respecter l’histoire et la culture du pays, tout en s’amusant avec. Mais on était également en droit d’attendre plus de nouveautés. La trame scénaristique à base d’assassinats en chaine, pour se venger, a fait son temps. Idem concernant le système de combat et l’approche furtive. Il serait temps qu’Assassin’s Creed nous donne l’impression d’incarner un véritable assassin.
On aime
- La représentation sublime du Japon féodal
- Le fin dosage de quantité
- Le contenu diversifié
- Le système de quêtes
- La gestion de la base d’opération
On n’aime pas
- Un gameplay de combat éculé
- Une approche tactique inefficace
- Une trame scénaristique trop classique
Merci d’avoir lu notre test d’Assassin’s Creed Shadows sur PlayStation 5.







