Test réalisé à partir d’une version commerciale sur Xbox One S
Co-développé par Dotemu, Lizardcube et Guard Crush Games et édité par Dotemu
Sorti le 30 avril 2020 et disponible sur PlayStation 4, Xbox One, Switch et PC
| Interface | Français / Anglais / Italien / Allemand / Espagnol / Chinois / Coréen / Japonais / Portugais / Russe |
| Audio | |
| Sous-titres | Français / Anglais / Italien / Allemand / Espagnol / Chinois / Coréen / Japonais / Portugais / Russe |

Qui aurait pu prédire que Streets of Rage reprendrait du service après 26 ans d’interruption ? Comme Shibuya Productions et Shenmue III, comme TA Publishing et Panzer Dragoon: Remake, c’est une nouvelle fois le concours de personnalités françaises qui permet la résurrection de cette série mythique du catalogue Mega Drive. Comment Dotemu, Lizardcube et Guard Crush Games s’y sont-ils pris pour moderniser un genre souvent considéré comme appartenant au passé ?
Ce qui frappe immédiatement dès que l’on entame une partie est la quantité de travail fournie sur les graphismes et les animations. Les grands sprites sont entièrement dessinés à la main avec un détail aussi maniaque que sur Wonder Boy: The Dragon’s Trap. Les animations sont fluides et ne manquent pas d’impact et les décors sont richement fournis. Le style BD qui remplace le pixel art d’origine peut ne pas plaire à tout le monde, mais il faut admettre que le rendu est d’une grande propreté. Les développeurs sont allés au bout de leur démarche et le jeu ressemble vraiment aux premières maquettes diffusées en début de production. Bravo !
Streets of Rage oblige, les petits plats ont aussi été mis dans les grands pour la partie sonore avec une douzaine d’artistes ayant contribué à la bande originale, dont Yūzō Koshiro et Motohiro Kawashima sous la supervision d’Olivier Derivière. Les pistes sont nombreuses et variées et l’esprit house y est. Il manque peut-être un peu de sonorités chiptune très appréciées des vétérans pour que les musiques de Streets of Rage deviennent aussi culte que celles des précédents épisodes.

Au-delà de l’aspect technique et des nombreuses références à la trilogie d’origine, c’est surtout la richesse des modes de jeu qu’il convient de saluer puisque Streets of Rage 4 propose une expérience à la carte. Avec cinq niveaux de difficulté, un mode histoire où la progression est enregistrée, un mode arcade à un crédit, un boss rush, un mode duel et la possibilité de jouer seul, en coopération de deux à quatre en local ou à deux en ligne : il existe toujours une bonne occasion de lancer une petite partie. D’emblée, le joueur ne peut choisir un personnage que parmi quatre héros : Axel, Blaze, Cherry et Floyd. Très vite, on débloque de nombreux autres combattants pour un total de 17 personnages. Cela ressemble à un festin mais 12 d’entre eux sont des versions Mega Drive des protagonistes.
La plus grande réussite de Streets of Rage 4 tient cependant à ses combats étonnamment plaisants. Contrairement à d’autres beat’em all en 2D, les affrontements ne sont jamais rébarbatifs grâce à des possibilités de combo complètement folles. L’attaque puissante consomme toujours de la vie qu’il est possible de récupérer en enchaînant des coups : cette tension pousse à la prise de risque.
Une attaque de zone se déclenche enfin avec deux touches en échange d’étoiles que l’on ramasse dans les niveaux. Classique de Streets of Rage : il est toujours possible de ramasser et d’utiliser des armes gisant au sol et dont la variété et l’abondance permettent de constamment renouveler le plaisir ! La seule imperfection du tableau est un level design d’une extrême pauvreté : les douze niveaux sont de longs couloirs avec des trous à éviter ici et là. Une vision plus moderne à ce niveau aurait pu faire basculer Streets of Rage 4 dans la catégorie des chefs-d’œuvre… Ou le dénaturer, qui sait ? En l’état, il fait partie des beat’em all les plus agréables à pratiquer que l’on risque de sortir pour une « petite partie » pendant de longues années.





