Test de Final Fantasy VIII Remastered réalisé sur Steam Deck à partir d’une version commerciale.
- JRPG
- Développé pat Dotemu | Édité par Square Enix
- PlayStation 4 | Xbox One | Nintendo Switch | PC – 3 septembre 2019
Android | iOS – 24 mars 2021 - Entièrement localisé en français – PEGI 16
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Depuis le 3 septembre 2019, Final Fantasy VIII Remastered est disponible sur PlayStation 4, Xbox One, Nintendo Switch et PC, au prix de 19,99 €. Le classique de Square Enix, restauré par Dotemu, apporte quelques options de confort. Elles ne suffisent malheureusement pas à moderniser un JRPG qui n’a jamais fait l’unanimité.
Test de Final Fantasy VIII Remastered sur Steam Deck
Se déroulant dans un univers ésotérique, à mi-chemin entre science-fiction et fantastique, Final Fantasy VIII est avant tout une histoire d’amour. Dans le rôle des jeunes premiers se trouvent Squall Leonheart, membre du Seed, faction d’élite de l’université de mercenaires Balamb Garden, et Linoa Heartilly, leader des Hiboux de la forêt, groupuscule de résistants opposé à Galbadia. Leur relation est d’abord professionnelle, Squall et Linoa, entre autres, collaborant à la tentative d’assassinat d’Edéa, une sorcière menaçant l’équilibre du monde. Au fil de la progression toutefois, l’un et l’autre développent des sentiments complexes.
D’apparence plus simple que celui de Final Fantasy VII, le scénario se révèle pourtant riche en surprises. Certes, son déroulement manque de rythme et la suspension de crédulité est souvent en péril. Mais en 1999, la mise en scène était incomparable avec celle des autres JRPG de l’époque, grâce aux proportions réalistes des personnages et aux scènes cinématiques en images de synthèse, dont la maison Squaresoft était alors experte. L’ambiance est également unique grâce aux compositions musicales tantôt nébuleuses, tantôt énergiques d’une bande-son légendaire, signée Nobuo Uematsu.
Un système de combat clivant
Pourquoi donc Final Fantasy VIII n’est-il pas devenu un immense classique, à l’image du septième épisode ? En partie parce que son système de combat s’avère particulièrement pénible. Pour augmenter leurs statistiques, les protagonistes équipent des G-Forces, les invocations de cet épisode, qui évoluent au fil des combats. Sans guide cependant, il est extrêmement facile de les manquer. De nombreux débutants, à l’époque, se sont alors retrouvés piégés et bloqués au cours de leurs progressions.
De plus, l’utilisateur doit associer ses G-Forces à des magies pour améliorer leurs capacités. En possédant × sorts du même type, l’attaque, la défense ou les points de vie, par exemple, augmentent en conséquence. Pourtant, malgré l’équipement automatique, leur association est fastidieuse car les membres de l’équipe vont et viennent au gré du scénario. Que dire de l’obtention des sorts ? Pour les stocker, les personnages en volent auprès de sources, au cours de l’exploration, ou aux ennemis, pendant les combats. Le processus est lent et le joueur n’ose plus utiliser ses compétences de magie, de peur que les statistiques de ses G-Forces diminuent.
Malgré leurs animations d’une lenteur abyssale, on finit donc par utiliser ses invocations pour résoudre le moindre combat aléatoire, au taux d’occurrence incroyablement élevé sur la carte du monde. Et ce n’est pas tout. Un système d’équilibrage ramène les ennemis les plus faibles au niveau des personnages de l’équipe, gâchant le plaisir d’évolution propre au JRPG. À côté, Final Fantasy VIII possède pourtant quelques atouts, comme des quêtes secondaires intéressantes et Triple Triad, un JCC qui comporte son propre arc narratif.
Une rustine plus qu’une restauration
Pour « corriger » le système de combat, Dotemu n’a pas trouvé mieux que des rustines sous la forme de codes de triche. Un clic sur le joystick gauche multiplie la vitesse par trois. Un clic sur le joystick droit rend leurs points de vie aux personnages, tout en activant leurs Limit Breaks, normalement disponibles quand ils sont au plus mal. Pour ce qui est de l’apparition infernale des combats aléatoires, il suffit de presser les deux joysticks en même temps pour les désactiver. On respire, mais on ne peut pas s’empêcher de considérer ces options comme un terrible aveu d’échec, vingt ans plus tard, d’un gameplay contraignant.
Du côté de la restauration graphique, Final Fantasy VIII Remastered manque aussi d’ambitions, en conservant le format 4/3 d’origine. Des modélisations 3D plus détaillées remplacent les versions de 1999, très sommaires. Le résultat est, une fois de plus, mitigé. Jadis, les personnages pixellisés évoluaient sur des arrière-plans eux-mêmes pixellisés, facilitant leur intégration. Cette harmonie n’existe plus aujourd’hui car leur netteté dénote grandement avec les décors floutés pour l’occasion. On ne peut s’empêcher de penser que cet épisode, clivant à l’époque et encore plus de nos jours, mériterait aussi un remake complet. Combien d’années faudrait-il pour le produire ?
Notre avis | 5
Final Fantasy VIII Remastered donne l’occasion de prendre sa revanche sur un système de combat décrié à l’époque, assommant aujourd’hui. Mais plutôt que de le repenser de fond en comble, les développeurs ont simplement fourni des codes de triche pour venir à bout de l’aventure sans trop de peine. L’aspect graphique ne satisfait pas non plus pleinement car les personnages, aux modélisations affinées, et les décors, légèrement floutés, ne cohabitent plus.
On aime
- Les codes de triche
- La bande-son
- Les personnages attachants
On n’aime pas
- Le système de combat
- Le rythme du scénario
- Le rendu graphique incohérent
Merci d’avoir lu notre test de Final Fantasy VIII Remastered sur Steam Deck.







