Test réalisé à partir d’une version fournie par Cosmocover sur PC (Ryzen 5 3600X, 32 Go de RAM, RX 5700 XT)
Développé et édité par Wales Interactive
Sorti le 28 juillet 2020 et disponible sur PlayStation 4, Xbox One et PC (également prévu sur Switch)
| Interface | Français / Anglais / Italien / Allemand / Espagnol / Coréen / Portugais / Russe / Chinois / Arabe / Turc / Polonais / Hongrois |
| Audio | Anglais |
| Sous-titres | Français / Anglais / Italien / Allemand / Espagnol / Coréen / Portugais / Russe / Chinois / Arabe / Turc / Polonais / Hongrois |

Maid of Sker est un survival horror en vue subjective développé par Wales Interactive. Ce n’est pas un coup d’essai puisque le studio gallois est également à l’origine de l’excellent Don’t Knock Twice, sorti en 2017 et lui aussi à la première personne. Comment Maid of Sker parvient-il à se différencier des nombreux autres titres d’un genre ultra-codifié, à savoir le jeu d’horreur ?
L’un des points les plus intéressants concernant Maid of Sker est qu’il s’appuie sur le folklore gallois. Son histoire se déroule en 1898 et s’inspire de faits réels autour d’Elizabeth Williams. Thomas Evan, le musicien qu’incarne le joueur, met tout en œuvre pour tenter de sauver la femme qu’il aime. Débute alors une aventure durant laquelle Thomas est pris au piège par les Quiet Ones, des individus aveugles à l’ouïe surdéveloppée.
Dans les grandes lignes, Maid of Sker ressemble à de nombreux jeux d’horreur sortis avant lui. On se trouve rapidement en terrain connu. Son système de jeu est tout à fait classique ; ce qui le rend très singulier est l’importance du son dans le game design. Comme dans le film Sans un bruit, les Quiet Ones, principaux ennemis du jeu, sont aveugles. Il se servent de leur ouïe fine pour repérer le joueur, si bien qu’ils sont alertés par le moindre bruit suspect. Ce choix de game design est radical mais extrêmement simple à comprendre : il faut jouer en silence.

Dans Maid of Sker, tout ou presque peu trahir la position du joueur comme les bruits de pas, par exemple, ou le fait de heurter un élément du décor. Plus encore, la poussière ou la fumée des feux de cheminées peuvent faire tousser Thomas Evan. Dans ce cas, une pression continue sur la gâchette gauche permet de retenir son souffle, mais l’oxygène est limité ! Plus Thomas retient son souffle, plus est bruyant lorsqu’il remplit ses poumons d’airs. Ce cercle vicieux pousse le joueur à jongler entre les différentes possibilités et à prendre beaucoup de risques. L’infiltration est d’autant plus importante en début de partie puisque l’on ne possède aucune possibilité de se défendre face à l’ennemi.
Certains passages obligent à se mettre volontairement en danger, ce qui crée une réelle tension dans différentes situations. Maid of Sker met sincèrement les nerfs à rude épreuve durant son déroulement. Par ailleurs, y jouer au casque n’est pas un luxe pour mieux profiter du travail sur le son, composante au cœur de l’expérience. Certains jump scares sont efficaces et l’ambiance est réussie. L’utilisation du silence pour progresser fait de Maid of Sker une proposition plutôt originale.
Tout n’est pas parfait car on dénote au cours de l’aventure quelques passages en retrait et un rythme non-maîtrisé. Les premiers pas dans l’aventure notamment semblent un peu longs et peuvent lasser les plus impatients. Mais pour quiconque prend la peine de passer la première heure, Maid of Sker se montre séduisant avec une aventure qui émeut profondément. Il est même difficile de poser la manette jusqu’au dénouement de l’histoire.





