Test réalisé à partir d’une version fournie par Raiser Games sur PC (Core i5-3470, 16 Go de RAM, GeForce GTX 1060 6 Go)
Développé par Protocol Games et édité par Raiser Games
Sorti épisodique du 31 octobre 2019 au 28 mai 2020 et disponible sur PC (également prévu sur PlayStation 4 et Xbox One)
| Interface | Français / Anglais / Allemand / Espagnol |
| Audio | Anglais |
| Sous-titres | Français / Anglais / Allemand / Espagnol |
Avec Song of Horror, premier projet développé par le studio, Protocol Games remet au goût du jour le jeu d’horreur des années 90. Il ne s’agit toutefois pas d’un énième clone d’Alone in the Dark ou de Resident Evil. La formule est légèrement modifiée et largement enrichie par sa distribution épisodique (cinq épisodes au total) et des choix de game design singuliers. La proposition est unique et prouve que l’on n’a jamais tout vu dans le domaine de l’horreur.

Dans Song of Horror, le joueur incarne une multitude de personnages, treize au total. Après avoir entendu l’étrange mélodie d’une non moins étrange boîte à musique, Daniel Noyer disparaît dans le manoir des Husher, eux-mêmes volatilisés depuis quelques jours. Pour retrouver Daniel, différents personnages mènent l’enquête, qu’ils soient liés à l’histoire d’une manière ou d’une autre ou qu’ils soient de simples passants embarqués par hasard dans cette tragédie.
La structure en épisodes de Song of Horror n’est pas anodine : chaque épisode met le joueur aux commandes de plusieurs personnages au choix, de trois à quatre selon le chapitre. Chacun possède ses caractéristiques de force et de vitesse et lorsqu’un personnage meurt, il décède de façon permanente ! Le système n’est pas seulement intéressant grâce à la tension que cela crée : chaque lieu que l’on visite est interprété différemment selon le personnage que l’on contrôle. Par exemple, en examinant un tableau, chacun possède une ligne de dialogue différente.
Le principal ennemi que l’on croise dans Song of Horror est la « Présence » qui revêt une forme différente à chaque épisode. Concrètement, le joueur doit réduire au maximum ses allers-retours pour résoudre les énigmes du jeu et éviter d’attirer l’attention de cette dernière. Les personnages plus habiles risquent moins d’être attaqués par la Présence, les plus forts ont cependant plus de facilité à s’en échapper en cas de rencontre fortuite, ce qui se règle par des QTE parfois difficiles.

Le level design est tel que le joueur est obligé de naviguer d’une pièce à l’autre car les casse-têtes requièrent que l’on associe différents objets. La peur qui s’invite lorsque l’on ouvre une porte est extrêmement bien retranscrite, avec la possibilité d’écouter derrière celles-ci pour s’assurer que rien n’attend derrière. Les angles de vue façon survival horror de l’ère 32-bits renforcent le sentiment d’être constamment épié. L’ambiance est très réussie et largement plus probante que la narration et les doublages, un peu moins soignés hélas.
Les différents épisodes ne sont pas égaux en qualité ni en longueur mais ils offrent de la variété dans les environnements : manoir Husher, magasin d’antiquité, bibliothèque, abbaye… Chaque zone est l’occasion de nombreuses références à bientôt trente ans de jeux d’horreur. Des clins d’œil appuyés à Resident Evil, Silent Hill, Amnesia, Project Zero ou Alone in the Dark sont à découvrir tout au long de l’intrigue, chatouillant la fibre nostalgique des connoisseurs.
Si les jeux du genre sont globalement tous passés derrière l’épaule, les angles de caméra fixes sont ici plus que jamais vecteurs d’angoisses, surtout que les jeux d’ombre et de lumière sont extrêmement judicieux. Song of Horror prouve que le jeu d’horreur à l’ancienne peut toujours se montrer innovant, pour notre plus grand malheur.





