Test réalisé à partir d’une version fournie par Koch Media sur Xbox One X
Développé par inXile Entertainment, édité par Deep Silver et distribué par Koch Media
Sorti le 27 août 2020 et disponible sur PlayStation 4, Xbox One et PC
| Interface | Français / Anglais / Allemand / Espagnol / Polonais / Russe |
| Audio | Anglais |
| Sous-titres | Français / Anglais / Allemand / Espagnol / Polonais / Russe |

Nombreux sont les joueurs qui n’ont pas connu Wasteland, pourtant à l’origine d’une vague de jeux postapocalyptiques, dont Fallout. D’abord sorti sur Commodore 64 en 1988, il aura fallu un financement participatif pour qu’un second opus voie le jour en 2014. Aujourd’hui, inXile Entertaiment a gagné en autonomie et tente, avec Wasteland 3, de se tenir debout sur ses deux jambes. Le dernier titre du studio de Brian Fargo est-il à la hauteur de ses ambitions ?
Wasteland 3 se déroule dans le futur d’un univers postapocalyptique alternatif, ravagé par un conflit nucléaire qui a éclaté entre les États-Unis et la Russie en 1998. L’humanité, rassemblée autour des vestiges de notre civilisation, mène désormais une vie aride et dénuée de morale. Souhaitant restaurer un semblant de civilisation, certains rejoignent les Rangers, une faction de mercenaires bien décidée à faire régner l’ordre. Après le désert de l’Arizona, c’est dans les montagnes enneigées d’un Colorado dévasté sans foi ni loi que les Rangers dépêchent la team November.

On aurait tôt fait de comparer notre sujet du jour à XCOM mais il convient de prendre des pincettes. Les deux titres, s’ils partagent un même ADN, n’ont toutefois pas la même démarche. XCOM se rapproche du Tactical RPG tandis que Wasteland 3 correspond à un RPG traditionnel, avec des escarmouches tactiques. Là où le titre de Firaxis propose un scénario qui s’effeuille linéairement au fil des missions, chez InXile, on opte pour une structure ouverte de RPG classique : le joueur peut explorer et interagir à sa guise avec son environnement. Finalement, ils s’avèrent similaires sur le système de combat en tour par tour, le déplacement d’unités sur un damier, la gestion de couverture, les lignes de vues et les points d’action. Pour tout le reste, c’est le grand écart.
Avec sa réputation de taulier de toute une tradition de C-RPG, Wasteland 3 met un point d’honneur à rendre son univers vivant et tangible. Les nombreux dialogues, désormais intégralement doublés, avec les personnages qui peuplent les terres perdues révèlent une écriture riche, maîtrisée, bardée de références et régulièrement empreinte de l’humour noir cher à la licence. Les échanges verbaux sont également l’occasion de laisser le joueur exploiter ses compétences sociales pour résoudre diverses situations. On prend parfois des décisions qui impactent radicalement le déroulement de la partie.

Généreux, narrativement intéressant, stratégiquement solide, Wasteland 3 compense sa relative faiblesse technique par sa direction artistique efficace et sa bande-son qui frappe fort et au bon moment. Le titre permet en outre de parcourir l’aventure avec un ami : les deux joueurs se répartissant le contrôle des unités comme bon leur semble. Mais malgré toutes ses qualités, Wasteland 3 n’est pas exempt de tout reproche. Son interface semble lourde, ses chargements sont agaçants et il possède de nombreux bugs. La plupart d’entre eux sont sans gravité, mais d’autres, heureusement plus rares, obligent à relancer une session ou interdisent l’accès à certains lieux-clés le temps d’exécuter un script ailleurs. Tel est le prix à payer pour profiter d’un RPG postapocalyptique de qualité, un genre qui se fait rare par les temps qui courent.



