Test de The Last of Us Part II Remastered réalisé sur PlayStation 5 à partir d’une version fournie par l’éditeur.
- Action | Horreur
- Développé par Naughty Dog | Édité par Sony Interactive Entertainment
- The Last of Us Part II
19 juin 2020 – PlayStation 4 - The Last of Us Part II Remastered
19 janvier 2024 – PlayStation 5 - Entièrement localisé en français – PEGI 18
- Toute l’actualité du jeu | de la série
Avec The Last of Us Part II Remastered, disponible sur PlayStation 5 depuis le 19 janvier 2024, Naughty Dog poursuit sa longue tradition de restauration de son catalogue récent. Le premier volet avait bénéficié du même traitement à l’occasion de The Last of Us Part I. À l’époque déjà, l’annonce avait soulevé autant d’enthousiasme que de scepticisme. The Last of Us Remastered, jusqu’alors à disposition des utilisateurs PlayStation 4, tenait encore la route.
Aujourd’hui, ce sentiment est exacerbé. The Last of Us Part II demeure effectivement un tour de force technique, que les productions PlayStation 5 de Sony Interactive Entertainment n’ont pas surclassé. Au prix de 49,99 €, ou de 10 € pour quiconque possède la version d’origine, il est possible de constater, manette en main, à quel point le studio californien a dépoussiéré son magnum opus et de découvrir les bonus qui l’accompagnent.
Test de The Last of Us Part II Remastered sur PlayStation 5
The Last of Us Part II démarre quatre ans après l’épilogue déchirant du premier volet. Les conséquences des non-dits se font toujours ressentir entre Ellie et Joel. Tous deux vivent dans la ville de Jackson, dont la relative quiétude est rythmée par la vie courante et les sorties en expédition de surveillance. Cette triste tranquillité se trouve rapidement bousculée par l’arrivée d’une mystérieuse troupe de rodeurs semblant chercher quelqu’un en particulier. Les conséquences de cette rencontre entrainent Ellie et ses proches dans une expédition sans retour, marquée par la rancœur et la détermination.
Une aventure qui fait toujours autorité
The Last of Us Part II Remastered reste le jeu d’action-aventure avec des orientations survival-horror que l’on connaît. Le joueur suit Ellie dans sa quête de vengeance au travers des rues de Seattle. La série se caractérise par une dualité entre séquences de tir et d’exploration plutôt classiques, et des scènes cinématiques étalées. Ces dernières représentent l’âme du titre, à tel point que le jeu d’acteur et la motion capture mobilisés par Naughty Dog font référence dans toute l’industrie. L’hyper-réalisme des animations et des combats sont au service de la mise en scène avec, en trame de fond, un propos sur la violence, parfois trop crûment exprimé. La principale innovation entre le premier et le deuxième volet s’exprimait dans les dimensions du jeu. Tout était plus grand, du panel de possibilités d’affrontement aux aires de jeu.
La restauration ne comporte que peu de changements
Cette restauration offre une résolution 4K en mode fidélité, et 1440p (mise à l’échelle en 4K) en mode performance. Pour les écrans compatibles, un mode VRR est également disponible. L’usage du SSD réduit par ailleurs les temps de chargement. Mais en dehors de ces performances supérieures, les seuls apports au cœur du mode histoire sont graphiques, et se font à la marge. Le jeu était déjà excellent en l’état, comme l’atteste notre test du 28 juin 2020. Aucune extension de l’aventure n’était nécessaire ni attendue, puisqu’elle s’étalait déjà au-delà des vingt-cinq heures en ligne droite. Mais au regard du faible nombre de différences visuelles avec l’opus original, il est légitime de questionner l’intérêt de mettre à nouveau la main au portefeuille, pour les joueurs déjà familiers de l’expérience. Pour répondre à cette attente, quelques à-côtés sont proposés pour pimenter l’aventure.
Le mode No Return, principale nouveauté
No Return est un mode qui fait son apparition pour la première fois dans la série. Il s’inspire partiellement du célèbre mode Mercenaires de Resident Evil, saupoudré d’une mécanique rogue-like décidément très en vogue. Une fois son personnage sélectionné en fonction de ses compétences, l’utilisateur commence dans sa planque où il modifie ses armes puis planifie sa progression via un tableau en liège. Ce dernier indique plusieurs cheminements possibles, avec modificateur de météo, récompenses spécifiques, et types d’ennemis à affonter. Chaque partie donne alors lieu à une alternance entre planque et niveau. Selon les arènes sélectionnées, les affrontements varient, les vagues d’ennemis laissant parfois place à des éliminations qui favorisent l’infiltration. Demeurent deux impondérables : chaque fin de parcours signifie l’affrontement d’un boss, et la mort est dans tous les cas définitive.
Il est possible d’imaginer les fans de la série s’amuser sur ce mode, mettant en lumière les affrontements musclés du jeu. Même si les combats ont gagné en relief entre The Last of Us et The Last of Us Part II, ils n’en demeurent pas pour autant la dimension la plus intéressante de la série. Il est donc difficile de saluer avec enthousiasme le mode No Return, qui n’intègre par ailleurs aucune réelle nouveauté, tant en termes d’ennemis que d’environnements.
La présence des niveaux non-finis
Parmi les autres ajouts attendus figurent les niveaux non-finis. À l’image de l’épilogue de Metal Gear Solid V: The Phantom Pain en son temps, cette initiative s’avère à double tranchant, aussi instructive que révélatrice d’errances de développement. Dans le cas présent, la version finale du jeu étant complète et satisfaisante, cette proposition est aussi bienvenue que bien exécutée. Chacun des trois niveaux proposés offre une contextualisation préalable sous forme de vidéo introductive. Neil Druckmann y présente l’état du niveau, sa position dans le jeu, et les choix ayant mené à sa suppression.
Des détails complémentaires sont apportés via des balises cliquables intra-jeu, avec des commentaires de l’équipe de développement similaires à des audiologs. En plus d’en apprendre davantage sur l’univers de The Last of Us Part II, parcourir ces actes manqués fournit des détails supplémentaires sur les stratégies de développement du jeu, notamment concernant la gestion du rythme. Bien que représentant probablement le meilleur ajout de ce remaster, ces niveaux inachevés ne durent que quelques minutes, et ne justifient pas à eux seuls d’acheter cette version.
Dans les coulisses de The Last of Us Part II Remastered
Une cohorte de petits contenus annexes s’ajoute à l’expérience, sans changer fondamentalement la donne. Sont notablement mis en avant le mode guitare libre, assez peu jouable, et les fonctionnalités DualSense qui enrichissent vaguement la mise en scène et l’immersion en combat. Quelques podcasts et bandes-annonces permettent de découvrir les coulisses du jeu du point de vue des développeurs. La courte vidéo « Behind the Scenes » aborde des questions particulièrement intéressantes. Parmi eux sont mentionnés l’héritage écrasant du succès de The Last of Us, et la difficulté de traiter d’une pandémie mortelle à l’écran… en pleine épidémie de COVID-19.
Si la volonté de montrer l’envers du décor est toujours louable, elle n’en est pas systématiquement reluisante pour autant. Il est difficilement concevable, en 2024, d’imaginer que déclarer « je ne suis plus capable de cruncher aussi facilement que quand j’étais plus jeune » soit assumé, voire pire, intégré dans un discours glorifiant la réussite du studio. Après l’année noire pour le jeu vidéo qu’a constitué 2023 et ses milliers de licenciement injustifiés, il est dommage que Naughty Dog n’ait pas à cœur de défendre le bien-être et la dignité de ses employés.
The Last of Us Part II Remastered intègre également des options de commentaires, en premier lieu pour décrire l’action des cinématiques, dans une optique d’accessibilité toujours aussi soignée chez Sony Interactive Entertainment. La possibilité d’avoir un commentaire du réalisateur tente de consolider l’image d’une version Director’s Cut. Seulement, on se demande pourquoi avoir caché cette fonctionnalité derrière l’obligation de terminer le jeu une première fois… en particulier pour le public ayant déjà fini le jeu mais ne disposant plus de sauvegarde. Une autre idée louable, mais mal exécutée.
Notre avis | 9
The Last of Us Part II reste, aujourd’hui encore, une référence. Cette restauration permet de constater que cette aura n’a pas changé quatre ans après sa sortie, ni plus ni moins. Le jeu n’en ressort pas sublimé, et les quelques ajouts ne justifient pas de repasser à la caisse pour quiconque a déjà parcouru Seattle en long, en large et en travers. Mais les nouveaux-venus bénéficieront d’une version à la hauteur des standards techniques actuels. Mais puisque The Last of Us Part II Remastered n’a rien perdu de ses qualités, la note attribuée en 2020 n’a aucune raison de changer.
On aime
- Un jeu d’action légendaire
- Une expérience qui n’a pas vieilli
- Les niveaux non-finis
- La mise à jour à petit prix pour les possesseurs du jeu d’origine
On n’aime pas
- Peu de nouveautés
- La restauration n’est pas si flagrante
- Les commentaires disponibles en New Game+ uniquement
Merci d’avoir lu notre test de The Last of Us Part II Remastered sur PlayStation 5.
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