Test de Death Stranding 2: On the Beach réalisé sur PlayStation 5 à partir d’une version fournie par l’éditeur.
- Action-aventure
- Développé par Kojima Productions | Édité par Sony Interactive Entertainment
- PlayStation 5 – 26 juin 2025
- Entièrement localisé en français – PEGI 18
- Toute l’actualité du jeu | de la série
Depuis le 26 juin 2025, Kojima Productions est de retour sur le devant de la scène avec Death Stranding 2: On the Beach, édité par Sony Interactive Entertainment au prix de 79,99 €, sur PlayStation 5.
Dans sa longue carrière, jamais la super star japonaise, Hideo Kojima, n’avait autant fait parler d’elle que depuis son indépendance. En attendant la restauration de son légendaire Metal Gear Solid 3: Snake Eater chez Konami, c’est le nouveau volet de Death Stranding qui fait la Une. Lors de sa sortie, en 2019, le premier épisode avait décontenancé les joueurs, des plus férus de l’œuvre de Kojima jusqu’aux nouveaux venus. On doit bien avouer que cet univers loufoque et mélancolique, alternant cinématiques d’exposition et longues randonnées sur les terrains accidentés d’une Amérique de fin du monde, était aussi iconique que clivant. Le créateur tokyoïte a donc, certes, une réputation à tenir. Mais également des jeux à vendre. Quel équilibre trouver avec Death Stranding 2: On the Beach, entre le respect d’une proposition sans concession, et l’apport de nouveautés consensuelles ?
Test de Death Stranding 2: On the Beach sur PlayStation 5
Ce test évite au maximum les spoilers du scénario du jeu, ainsi que de son prédécesseur. Pour autant, les personnes souhaitant garder la surprise totale sur l’intrigue peuvent sauter les deux prochains paragraphes.
L’univers de Death Stranding se déroule après un évènement cataclysmique, ayant anéanti une grande partie de l’humanité. La source de tous ces maux est une forme mystérieuse de porosité entre le monde des morts et des vivants. Cet évènement, éponyme, génère des phénomènes paranormaux comme l’apparition de spectres invisibles à même de créer de gigantesques explosions au contact des vivants, ou encore la chute d’une pluie accélérant le vieillissement de tout ce qu’elle touche. Effrayés, les survivants sont réfugiés dans des cités souterraines isolées les unes des autres, qui dépendent des courageux transporteurs, à même de livrer les colis d’un abri au suivant.
Death Stranding 2: On the Beach commence après la fin du premier volet. Sam Porter Bridges, l’un de ces porteurs de renom, est parvenu à reconnecter les citoyens de l’Ouest Américain dans un réseau de cités grâce au réseau chiral. Ayant protégé une jeune enfant d’une mort certaine, il s’est enfui avec elle et l’a baptisée Lou. Mais dans sa cavale, les ennuis le rattrapent. Car le Death Stranding est loin d’avoir fini de causer des soucis à l’humanité. Notamment au travers du retour d’un certain antagoniste.
Un casting digne d’Hollywood
Death Stranding 2: On the Beach repose sur les mêmes bases que le jeu précédent. C’est un jeu d’aventure à la troisième personne, en monde ouvert, mettant l’accent sur la narration et l’exploration. Son scénario, disposant d’une mythologie étendue et jargonneuse, est délayé par une grande galerie de personnages, en partie issus du premier volet. Ils sont tous reliés de près ou de loin au monde du cinéma, que l’on sait être la passion d’Hideo Kojima. Les réalisateurs Guillermo Del Toro et Nicolas Winding Refn, mais aussi les actrices comme Léa Seydoux, Kutsuna Shiori ou encore Elle Fanning ont tous prêté leurs voix, et leurs visages, à cette grande famille bigarrée et attachante. Le résultat à l’écran est confondant de réalisme. Les acteurs sont superbement retranscrits, grâce à la maestria des ingénieurs de Kojima Productions et d’un Decima Engine particulièrement efficace. Mais les performances de chacun des protagonistes est également à saluer. Même si le choix de Norman Reedus, plus placide, dans le rôle du personnage principal reste surprenant, aujourd’hui encore.
Si cette fresque de science-fiction verbeuse continuera de diviser sur ses portées narrative et émotionnelle, elle reste intrinsèquement marquée du sceau Kojima Productions, pour le meilleur comme pour le pire. Mais au moins sur le plan visuel, la promesse est tenue, tant les décors sont à la fois désolés et marquants. Ils représentent l’écrin parfait pour mettre en valeur la formidable bande son méditative proposée par le jeu, avec des noms prestigieux tels que Gen Hoshiro, Woodkid ou Ludwig Forssel. Chvrches, Low Roar ou Silent Poets font d’ailleurs leur retour.
Une proposition de jeu radicale
Dans la peau de Sam, la proposition demeure singulière. Pour que progresse le scénario, on navigue d’abri en abri, pour délivrer des paquets et relier les cités, afin de rendre le monde moins désolé. Sam étant un porteur particulièrement rodé, il peut porter plusieurs dizaines de kilogrammes de biens sur lui, grâce à un sac à dos mais aussi des supports sur ses épaules et ses hanches.
Le cœur du gameplay repose toujours sur la marche et la livraison. Le poids total et la répartition de la charge jouent sur la vitesse, l’équilibre et la consommation d’endurance. Pour franchir les précipices et descendre les falaises, des équipements spécifiques comme des échelles sont nécessaires, s’ajoutant au poids initial. Il faut surveiller les dénivelés, l’usure des bottes, ou l’état des colis en fonction des chutes ou de la pluie. La répétitivité faisant partie de l’esprit du jeu, elle ne rime jamais avec ennui, avec une variation des conditions de livraison : cargaisons volumineuses ou fragiles, temps limité etc.
Le monde n’est pas sans danger enfin, en raison des camps de bandit et autres menaces surnaturelles à gérer avec les armes et les outils adéquats. Heureusement, pour se simplifier le voyage, Sam peut compter sur des véhicules, ainsi que l’installation d’infrastructures comme des ponts, des générateurs électriques ou des abris contre la pluie. Ces constructions sont collaboratives. Les jeux Death Stranding pouvant se jouer en ligne, le joueur profite de créations mises à disposition par d’autres et peut même les améliorer. Ce faisant, on ressent une réelle satisfaction devant le monde qui se ranime, contribuant à ce processus tout en aidant d’autres joueurs.
Une évolution technique
On se rend tout de même vite compte que Death Stranding 2: On the Beach s’inscrit pleinement dans la continuité du premier jeu. Tout comme d’une volonté d’équilibrer et d’ajuster une recette qui a fait ses preuves, à l’image des apports de la version Director’s Cut du volet précédent. La première évolution est technique, avec une fidélité de motion capture et une esthétique qui repoussent les limites de la PlayStation 5. Les temps de chargement sont inexistants, et les capacités techniques de la console permettent un monde plus organique, avec un cycle jour/nuit, des séismes à l’origine d’éboulements, ou des crues en temps réel. On note d’ailleurs la présence d’une faune, dont il faut prendre soin. Écraser des animaux cause des malus, alors que certaines missions mettent en scène des sauvetages de bestioles en peine.
Dans la continuité plus que la nouveauté
Quelques ajustements de qualité de vie sont à recenser, comme un raccourci pour réorganiser idéalement la charge sur Sam, ou la présence de mines et de monorails pour ramener plus vite à soi des quantités importantes de ressources. La variété d’équipements, d’armes et de structures, les modifications de sac à dos est plus importantes, ainsi qu’un nouvel arbre de compétences, permettent de spécialiser d’autant plus son personnage. On note également que la formule a légèrement évolué vers une recette plus action, avec davantage d’options lors des affrontements, plus nombreux par ailleurs. Dommage, les combats de boss s’avèrent toujours aussi laborieux quand ils ont lieu dans la poix.
La principale différence est la mise à disposition, après un long chapitre introductif et tutoriel, d’un vaisseau. Ce dernier sert de base d’opération, un peu comme la Mother Base de Venom Snake. Ressemblant par ailleurs furieusement à un Metal Gear, ce vaisseau n’est qu’un des nombreux parallèles que l’on peut faire avec la grande saga d’Hideo Kojima. En pratique, cette base mobile reste relativement similaire à n’importe quelle ville dans son usage, et sert principalement à se déplacer sur la carte.
Il est parfaitement louable de proposer un deuxième volet affinant une proposition déjà bien radicale à sa sortie. Mais plus de nouveautés auraient été appréciables. Les ennemis surnaturels du jeu n’impressionnent plus autant qu’avant, et seuls les rebondissements du scénario permettent, par moment, de se sentir surpris.
Plus loin | [AVIS] Death stranding 2 (Taikenban)
Notre avis | 8
Traverser les étendues désolées de Death Stranding 2: On the Beach s’avère particulièrement satisfaisant. Les équipes d’Hideo Kojima ont su rebondir sur une proposition aussi remarquable que clivante, en gardant les singularités de l’œuvre originale tout en effaçant certaines aspérités. Il en ressort une suite plus orientée action, plus accessible, plus complète… mais aussi émouvante qu’auparavant. Il manque juste quelques surprises et des nouveautés pour atteindre le statut de chef-d’œuvre. Mais avec OD et Physint, annoncés pour les prochaines années, le maitre japonais a d’autres occasions de nous étonner.
On aime
- La recette méditative
- Les personnages attachants
- La dimension action satisfaisante
- Les qualités artistiques et musicales
- Le sentiment de coopération entre joueurs
On n’aime pas
- La légère sensation de Death Stranding 1.5
- Le vaisseau, décevant dans son usage
- Peu de surprises côté bestiaire
- Les affrontements contre les boss
Merci d’avoir lu notre test de Death Stranding 2: On the Beach sur PlayStation 5.








