Test réalisé à partir d’une version fournie par Microids sur Switch
Développé par Oddworld Inhabitants et édité par Microids
Sorti le 14 mai 2020 et disponible sur Switch
| Interface | Anglais |
| Audio | Anglais |
| Sous-titres |
Mise à jour du 24 juin 2020 : en marge de l’annonce des éditions physiques, Microids a annoncé le déploiement d’un DLC gratuit pour télécharger les localisations d’Oddworld: Munch’s Oddysee en français, allemand, espagnol et italien. La date de disponibilité du DLC n’a pas été communiquée.

Oddworld: Munch’s Oddysee, le troisième épisode de la série Oddworld, fait son retour sur Switch quelques semaines après le hors-série Oddworld: Stranger’s Wrath. D’abord sorti en 2001 comme une exclusivité du catalogue de lancement de la première Xbox, cet opus se caractérise principalement par le passage d’Oddworld en trois dimensions. Il se démarque aussi grâce la collaboration entre deux personnages : le célèbre Abe et Munch. Cette rupture de la formule s’est-elle montrée suffisante pour éviter l’essoufflement d’une recette à succès ?
Les habitués de la série connaissent Abe, un simple ouvrier devenu figure messianique lors des deux premières épopées. Pour les nouveaux venus, un résumé des cinématiques est proposé pour rattraper l’histoire. Le plus célèbre Mudokon part cette fois-ci en quête de Munch, dernier survivant des Qabbits, une espèce aquatique en voie de disparition. Ce dernier a été capturé par les Vykkers, le conglomérat pharmaceutique derrière ce génocide. Ensemble, ils s’attèlent à ressusciter l’espèce des Qabbits, grâce aux quelques œufs restants dans une boîte de caviar.
Le programme d’Oddworld: Munch’s Oddysee est chargé avec une aventure découpée en 25 niveaux de 30 min environ. Le joueur doit remplir des objectifs variés, comme libérer des alliés, corrompre des Vykkers, etc., avant d’atteindre le téléporteur de sortie. Le moteur d’intelligence artificielle A.L.I.V.E., toujours en vigueur dans cet épisode, joue un rôle crucial dans les combats et la complémentarité entre les personnages. Abe peut envouter des ennemis, porter des charges et sauter. Munch sait se déplacer dans l’eau, électrocuter les ennemis et contrôler les machines. Chacun peut rallier à lui un type de créature alliée avec lequel il interagit via le traditionnel système d’onomatopée Gamespeak, ici simplifié.

Cette grande épopée se déroule dans un monde en trois dimensions, pour la première fois dans la série Oddworld. La liberté de déplacement accuse le passage du temps, et certaines opérations manquent de précision dont la gestion de la caméra et des unités, ainsi que les sauts et les combats. Il n’en reste pas moins que la variété de puzzles est immense, évitant tout sentiment de lassitude. Certaines situations amènent à expérimenter plusieurs approches et donnent un vrai sentiment d’accomplissement !
Déjà saluées à sa sortie, les qualités esthétiques du jeu sont fidèlement restituées par le lissage en haute définition. La localisation française de la version Xbox (le jeu s’appelait alors Oddworld : L’Odyssée de Munch) n’est toutefois pas présente dans ce portage. Mais c’est surtout l’absence de sous-titres qui nuit le plus à la compréhension des non-anglophones, étant donné l’accent très appuyé des personnages. La richesse de la direction sonore, et plus particulièrement des doublages, est cependant toujours remarquable et vivante, 19 ans après.
Oddworld: Munch’s Oddysee n’est certainement pas autant en rupture avec la série qu’Oddworld: Stranger’s Wrath. Le passage en trois dimensions a cependant donné un nouveau souffle à la recette des Oddworld, par le biais d’un level design ingénieux parfaitement restitué dans cette version. Des problèmes dans les contrôles et l’absence de localisation se font remarquer, mais le portage s’avère à la hauteur de nos attentes sur le volet technique avec une résolution en 1080p et 60 fps. Rares sont les jeux alternant avec tant de justesse l’humour et le drame.





