Test de Metal Max Xeno Reborn réalisé sur Steam Deck et PC à partir d’une version fournie par l’éditeur.
- JRPG
- Développé par 24Frame et Kadokawa Games | Édité par PQube
- PlayStation 4 | Switch | PC – 10 juin 2022
- Ne comporte pas de sous-titres en français – PEGI 12
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Comme les mails qui « annulent et remplacent », Metal Max Xeno Reborn fait oublier l’affront subi par Metal Max Xeno. Cette nouvelle version, pour ne pas dire ce nouveau jeu, remet à plat tous les aspects de son prédécesseur, de l’esthétique au gameplay. Cette fois, Kadokawa Games a tenu toutes ses promesses. Il aurait pu faire une percée en Occident avec son JRPG de tanks. Et si l’avenir de la série s’est subitement assombri la veille de la sortie de Metal Max Xeno Reborn, cet épisode guidera très certainement de nouveaux joueurs vers les vestiges de Metal Max.
Test de Metal Max Xeno Reborn sur Steam Deck et PC
Dans Metal Max Xeno Reborn, le joueur incarne l’un des derniers survivants d’un cataclysme. Les humains qui ont survécu à la « Grande annihilation », au cours de laquelle les robots se sont soulevés pour protéger la Terre, se concentrent dans la Base de fer. Depuis ce hub, ils s’organisent pour secourir les leurs à l’aide de tanks dans une Dystokyo (dystopie + Tokyo) ensevelie par les sables. Leur objectif est de combattre le Catastropus et de permettre à l’humanité de reprendre vie.
De quel épisode ce « Reborn » est-il le remake ?
Metal Max Xeno Reborn est le « remake », d’une certaine manière, du Metal Max Xeno de 2018. Disponible sur PlayStation 4 et PlayStation Vita, ce dernier n’avait pas pleinement convaincu parce qu’il était finalement assez éloigné des Metal Max traditionnels. Les développeurs ont donc mis en branle une version à ce point définitive que l’on ne distingue même plus le jeu d’origine parfois ! Intrigue, mécaniques, esthétique, chara-design… 24Frame a profondément transformé son titre pour une expérience nettement plus authentique.
Le principal changement provient des combats puisqu’ils se déroulent sur la carte où l’on explore, sans transition vers une arène de JRPG. Le déroulement est ainsi plus fluide et la progression paraît moins hachée, d’autant plus que le joueur peut attaquer ses adversaires avant d’entamer le combat. Comme de nombreux ennemis sont détruits en un seul coup, il n’est pas rare de les abattre avant même que l’ATB ne soit en place.

Les nouvelles illustrations font aussi forte impression. Les personnages de la première version sont nés sous les crayons d’Oda Non, célèbre pour ses hentai. Son remplaçant n’est autre que Takeshi Oga, qui a notamment travaillé sur Gravity Rush. On ressent la volonté de Kadokawa Games d’élargir son public avec une esthétique moins érotisée ; de nombreux utilisateurs ont d’ailleurs manifesté leur mécontentement en ligne quant aux scènes édulcorées de Toni, prisonnière d’une toile d’araignée dans le jeu d’origine.
À la Metal Max, les développeurs ont enfin ajouté un partenaire canin sous la forme d’un shiba inu extrêmement costaud. Il agit de son propre chef mais le joueur peut tout de même personnaliser son équipement et ses compétences. Et caresser cet excellent pépère aussi, qui devient très vite une véritable machine de guerre.
S’agit-il d’un JRPG traditionnel ?
Dans l’ensemble, Metal Max Xeno Reborn ne rompt pas une longue lignée de JRPG. Ses combats sont finalement assez traditionnels, avec une jauge ATB pour définir l’ordre d’action. La caractéristique de cette saga et de cet épisode en particulier est la présence de tanks. On dispose aussi de véhicules motorisés, que l’on peut personnaliser à loisir. Un système d’affinités au type d’armement (canon, lasers, mitrailleuses) ou aux éléments (électricité, feu, glace) ajoute de la profondeur stratégique aux combats. On peut aussi souder des puces pour prendre l’avantage, comme le fameux Double Rush qui permet d’attaquer avec les armes des slots 1 et 2 en même temps.
En définitive, on passe énormément de temps dans les menus pour modifier, transformer, réimaginer ses blindés. L’ergonomie n’est pas toujours au mieux, mais on arrive vite à ses fins pour adapter son trio de tanks à toutes les circonstances. On pense notamment aux ennemis venus du ciel que l’on ne peut vaincre qu’avec du matériel anti-aérien.

Par ailleurs, plusieurs passages ne se découvrent qu’à pied. Les trois pilotes que l’on a déployés peuvent descendre à tout moment, le temps d’explorer un « donjon ». Il ne faut donc pas négliger non plus les armes et les équipements des héros. Ces séquences sont tout de même plus rares et moins passionnantes aussi que les combats de blindés dans le désert. On apprécie tout particulièrement les boss qui quadrillent les dunes et les ruines de Dystokyo, que l’on peut tous éviter mais qui rapportent gros.
Qu’est-ce qui rend Metal Max Xeno Reborn aussi addictif ?
En effet, dans chacune des régions que l’on traverse, des ennemis étiquetés « Wanted » font office de défis à relever. Et après tout, pourquoi ne pas s’y frotter ? Un système de voyage rapide permet de revenir à peu près où l’on souhaite en quelques secondes… et le joueur n’est jamais pénalisé en cas de défaite. Il est d’ailleurs assez rare de gagner la première fois, mais on revient toujours plus fort d’une séquence d’exploration. On trouve dans les décombres, et à l’aide d’un détecteur de métal, de nombreuses ressources pour améliorer son équipement, quand on ne tombe pas carrément sur un tank. Certains sont désaffectés, d’autres ne sont obtenus qu’après un combat acharné.
De ce fait, la mini-carte est remplie de petits points d’intérêt où ramasser des choses et d’autres. Les joueurs exhaustifs sont largement récompensés parce que l’on obtient aussi certains objets qui font avancer l’intrigue. Les chemins alternatifs mènent généralement vers de nouveaux compagnons, mais on peut se montrer frileux à changer son équipe car la plupart des personnages commence au premier niveau.
Dans tous les cas, l’exploration est agréable car les zones semi-ouvertes permettent de se perdre dans le désert. Bien évidemment, aimer le sable est un plus. On reste cependant limité dans les flâneries par des obstacles que l’on ne peut détruire que quand on atteint une force suffisante. Mais comme on peut éviter n’importe quel combat, ou s’échapper de ceux qui s’annoncent mal, on soupire rarement d’une énième joute aléatoire qui hacherait le rythme. La possibilité d’automatiser les commandes pour aller plus vite encore est également une bonne idée.

S’agit-il d’un jeu facile d’accès ?
Malgré tout, les combats les plus difficiles demandent un minimum de jugeote. Le joueur n’est pas sanctionné s’il perd, mais il est finalement commun de recommencer plusieurs fois pour comprendre la meilleure stratégie à adopter. Le moins évident est de comprendre comment améliorer son tank, en fin de compte. Si on n’augmente pas la durabilité de l’armement ou des moteurs, il ne faut que quelques tours à l’adversaire pour immobiliser complètement un véhicule. Mais dès lors que l’on acquiert les bons réflexes, Metal Max Xeno Reborn vient même à manquer de défi. Un mode difficile n’est disponible qu’après avoir terminé un premier run mais n’importe quel joueur peut en venir à bout.
Le jeu n’est en plus pas très long puisqu’il faut compter entre vingt et trente heures, en fonction du profil du joueur, pour le terminer. Toutefois, les contenus annexes ne sont en réalité pas toujours facultatifs. Aussi étonnant que cela puisse paraître, le joueur est obligé d’accomplir certaines missions secondaires pour faire progresser la campagne principale. Celles-ci abritent souvent des personnages ou des objets-clés qui font avancer l’histoire.
Reste que Metal Max Xeno Reborn ne comporte pas de sous-titres en français. En l’occurrence, ce n’est pas aussi grave que pour un titre tel que Persona 4 Golden, par exemple, qui se révèle être extrêmement bavard. Mais on peut comprendre que les joueurs non-anglophones puissent abandonner, puisqu’on passe beaucoup de temps à lire les descriptions des objets, par exemple. À ce propos, la localisation manque de soin, ce qui devient une mauvaise habitude des jeux Kadokawa Games édités par PQube. C’était déjà le cas de Root Film, il n’y a pas si longtemps.
Comment l’exploration prend-elle le pas sur la narration ?
Mais intra-jeu, guère besoin de lire des tunnels et des tunnels de texte car la narration est effectivement timide. Un peu à la manière de Shin Megami Tensei V, l’exploration n’est entrecoupée qu’à de très rares occurrences. D’ailleurs, dès le tout début de Metal Max Xeno Reborn, l’objectif est défini noir sur blanc et il n’y a qu’à l’accomplir. On regrette ainsi que la narration environnementale ne soit pas plus développée qu’elle ne l’est. Les joueurs qui préfèrent se plonger dans la boucle de gameplay et qui ont tendance à accélérer les dialogues seront ravis ; ceux qui aiment être pris par la main par l’histoire et ses enjeux pourraient rester perplexes.

Mais la narration ne manque pas d’originalité pour autant. L’histoire, ou plutôt ce qui a amené au postulat de départ, se dévoile par petites touches au bar de la Base de fer. Le joueur découvre des bouteilles d’alcool dans les ruines de Distokyo. Il peut alors les consommer auprès d’un personnage qui aime discuter derrière le comptoir. Petit à petit, le joueur possède donc tous les éléments pour remettre les pièces du puzzle dans le bon ordre.
On peut tout de même regretter l’absence de coups de théâtre ou de péripéties pour pimenter la sauce et rythmer l’aventure. L’histoire reste extrêmement simple et ne réserve pas davantage de surprise que ce qui est décrit dans ce test. Au moins, on ne risque pas les spoilers en amont d’une nouvelle partie.
Metal Max Xeno Reborn peut-il permettre à la série de s’installer en Europe ?
On aurait aimé écrire que Metal Max Xeno Reborn constitue la porte d’entrée idéale vers une série déjà trentenaire. Seul Metal Max Xeno, avec les défauts qu’on lui connaît, était parvenu jusque chez nous. Avant lui, Metal Saga, un hors-série disponible sur PlayStation 2,avait fait le voyage jusqu’aux États-Unis uniquement. Il y avait donc de quoi se réjouir de voir un nouveau pilier du JRPG rendu accessible aux publics occidentaux. Avec ses multiples corrections, ses mécaniques repensées et l’exploration placée au cœur de l’expérience, le titre possède tous les atouts pour se construire une excellente réputation.
Mais alors que les blindés de Metal Max foulent nos terres, l’avenir de la série semble déjà en danger. La veille de sa sortie, 9 juin 2022, le compte Twitter de Metal Max annonçait l’annulation de Metal Max: Wild West. Cette suite devait s’appuyer sur tout le travail effectué pour rebâtir Metal Max Xeno Reborn. Les fondations paraissaient extrêmement solides, mais la réalité du marché ne permet pas toujours de concrétiser ses meilleures idées. Qui sait si Metal Max reviendra sous une autre forme, sur une autre plateforme ? Les joueurs hypnotisés par les déserts de Dystokyo pourront au moins se plonger dans le glorieux passé de la série. Il s’étale tout de même de la Famicom à la PlayStation 4.

Analyse technique des versions Steam Deck et PC
Dans le cadre de ce test, on a joué à Metal Max Xeno Reborn sur PC et Deck. Et aussi étonnant que cela puisse paraître, c’est surtout sous Windows 10 que l’on a eu du fil à retordre.
Quelles sont les options de confort de la version PC ?
Il faut tout d’abord savoir que le titre ne dispose que de trois options graphiques. On peut modifier la luminosité de 1 à 5, choisir sa résolution entre 720p et 1080p et opter pour le plein écran ou le mode fenêtre. Impossible de jouer en 4K, donc…
Les options de remapping laissent aussi à désirer, puisqu’il est impossible de jouer à Metal Max Xeno Reborn à la souris. Les joueurs ne disposant pas d’une manette seront très handicapés par les contrôles au clavier lorsque l’on doit pointer son canon sur un ennemi blindé.
Comment contourner les bugs sous Windows 10 ?
Mais pire encore, Metal Max Xeno Reborn est truffé de bugs quand on le lance depuis une version française de Windows 10 ! On a rencontré des problèmes extrêmement fâcheux au cours de notre partie, comme des ennemis qui ne disparaissent pas après un combat remporté. Impossible alors de progresser dans certaines quêtes. De nombreux débris, qui servent à améliorer ses blindés, sont également impossibles à ramasser. Ils disparaissent définitivement si l’on clique dessus…
En attendant un correctif, car de nombreux utilisateurs s’en plaignent sur le forum Steam du jeu, il existe une solution très simple. Il suffit de changer la région du système dans les paramètres de Windows. Comme par enchantement, tout revient à la normale dès lors que l’on choisit « États-Unis » comme pays et « English (United States) » comme format.
Pourquoi préférer y jouer sur Deck ?
Sur le Deck, on n’a rencontré aucun problème du genre. Le jeu fonctionne parfaitement sans devoir changer de région. Et pour cause, celui-ci ne tourne pas sous Windows 10. En revanche, il faut se contenter d’un affichage en 16/9 puisque les développeurs ne proposent pas de résolution de 1280 × 800 pixels.

Enfin, Steam Cloud ne semble pas compatible pour ce jeu en particulier. C’est la première fois qu’il nous est impossible de poursuivre une sauvegarde depuis le PC vers le Deck. Ce n’est peut-être qu’un détail, mais les joueurs nomades préféreront vers la Switch pour passer d’un écran à l’autre.




