dimanche 17 janvier 2021
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Test de Cyberpunk 2077 : la nuit sera longue / Suivi de : CD Projekt RED, plus punk que jamais

Test réalisé à partir d’une version commerciale sur PC (Ryzen 7 3700X, 32 Go de RAM, GeForce RTX 2070 8 Go)

Développé et édité par CD Projekt RED
Sorti le 10 décembre 2020 et disponible sur PlayStation 4, Xbox One et PC (des versions PlayStation 5 et Xbox Series X sont également prévues)

InterfaceFrançais / Anglais / Italien / Allemand / Espagnol / Arabe / Tchèque / Hongrois / Japonais / Coréen / Polonais / Portugais / Russe / Chinois / Espagnol / Thaï / Turc
AudioFrançais / Anglais / Italien / Allemand / Espagnol / Japonais / Coréen / Polonais / Portugais / Russe / Chinois
Sous-titresFrançais / Anglais / Italien / Allemand / Espagnol / Arabe / Tchèque / Hongrois / Japonais / Coréen / Polonais / Portugais / Russe / Chinois / Espagnol / Thaï / Turc

Test de Cyberpunk 2077

En développement depuis 2012, annoncé pour « when it’s ready », plusieurs fois reporté et empêtré dans un enfer de développement : CD Projekt RED n’a pas accouché de Cyberpunk 2077 dans les meilleures conditions. Il est pourtant là, offrant l’immensité de Night City à ses joueurs, ceux qui possèdent le matériel adéquat. La métropole est-elle aussi immersive qu’on l’a rêvé ? Trop partiellement hélas, ce qui ne l’empêche pas d’être le terrain de jeu d’un titre curieusement addictif.

Dans Cyberpunk 2077, on incarne V que l’on personnalise en début de partie et qui tente d’entrer dans la légende en participant à une mission suicide. Tout ne se déroule pas comme prévu et sa conscience est envahie par Johnny Silverhand, présumément décédé depuis les années 2020. Le joueur enquête alors à Night City pour débarrasser V de son intrus cérébral.

Night City, ses gratte-ciels et ses lumières sont impressionnants, d’autant que l’échelle des grandeurs est convaincante grâce à la vue subjective. Hélas, le monde n’est pas si organique : le trafic et la population sont denses mais il n’y a que trop peu d’activités annexes pour flâner. Nos interactions avec Night City se résument souvent à la traverser. Le manque de finition ainsi que les bugs graphiques que l’on rencontre parfois, bien que non-rédhibitoires, sont des éléments de distanciation qui ont tendance à briser l’immersion.

Night City ne manque cependant pas de points d’intérêt et on croule sous les quêtes annexes. V reçoit de nombreuses propositions en foulant une nouvelle zone : des contrats de chasse, des courses automobiles, des enquêtes parfois et même la recherche de taxis disparus, l’une des missions emblématiques de Cyberpunk 2077. Des quêtes annexes plus substantielles, dont CD Projekt RED a le secret, offrent un nouvel éclairage aux événements de la campagne principale.

Cette dernière est parfaitement rythmée et bénéficie d’une mise en scène spectaculaire. Cyberpunk 2077 ne philosophe pas longtemps sur la décadence humaine, sur l’émergence de la cybernétique ou sur l’hypersexualisation de la société. La lutte anticapitaliste de ses héros est menée tambour battant et débouche sur différentes fins en fonction des actions du joueur.

Bien qu’il ne nous plonge pas entièrement dans son univers, Cyberpunk 2077 n’en demeure pas moins plaisant grâce à une expérience sur mesure. Le joueur peut combattre avec différentes approches : en piratant l’environnement et les ennemis, en jouant la carte de l’infiltration ou en optant pour la manière forte. Qu’il s’agisse des fusils, mitrailleuses, katanas et autres grenades, l’utilisation des armes est pleinement satisfaisante.

V peut évoluer de différentes manières puisque l’on peut modifier ses capacités de piratage, gagner de nouvelles compétences et même modifier ses équipements cybernétiques. De nouvelles épaules renforcent les armures tandis que de nouvelles jambes permettent un double saut. Le joueur peut aussi fabriquer des équipements et des consommables, et acquérir une impressionnante collection de véhicules.

La conduite à moto est d’ailleurs extraordinaire. On se surprend à préférer engloutir les kilomètres plutôt qu’opter pour les voyages rapides. Complet malgré ses airs d’accès anticipé, Cyberpunk 2077 maintient l’intérêt du joueur grâce à un enchaînement d’objectifs fluide. Il n’y qu’à compter les heures qui défilent quand on prend la manette pour s’en rendre compte : à peine a-t-on l’impression de prendre ses marques à Night City que l’on est déjà au milieu de la nuit.

Post-scriptum : CD Projekt RED, plus punk que jamais

On a moqué les problèmes techniques de Final Fantasy VII Remake. On a pointé du doigt l’optimisation d’Assassin’s Creed Valhalla sur PC. On a pesté contre les reports successifs de The Last of Us Part II et on ne s’est jamais autant ému des conditions de travail en période de crunch. Était-il seulement possible que tous les brûlots de l’industrie convergent vers un seul et unique jeu vidéo ? Eh bien…

Il est l’élu, celui qui représente ce que l’industrie peut faire de pire : Cyberpunk 2077. À la lecture du test ci-dessus, vous aurez compris que l’on apprécie le titre, dans lequel on a investi de nombreuses heures de jeu. On n’avait cependant que rarement assisté à un lancement aussi calamiteux : les versions PlayStation 4 et Xbox One de base sont à la limite du jouable et même les plâtres de la version PC, qui fait autorité à l’heure où cet article est rédigé, ne sont pas correctement essuyés.

Outre le cocktail de bugs maintes fois relayé sur les réseaux sociaux, l’optimisation est loin d’être satisfaisante. Dans les conditions du test (Ryzen 7 3700X, 32 Go de RAM, GeForce RTX 2070 8 Go, 1440p), on n’atteint que rarement les 60 frames par seconde. Pour y arriver, il faut tout bonnement faire une croix sur le ray-tracing. Malgré l’activation du DLSS, Cybepunk 2077 ne fait pas de miracle. En « ultra », on stagne à 30 images par seconde et parfois moins au centre-ville de Night City !

Si les performances de Cyberpunk 2077 peuvent donner, à juste titre, l’impression d’être roulé dans la farine, que dire de la communication de CD Projekt RED ? Le studio polonais, qui bénéficiait d’une confiance quasi-aveugle des fans de ses RPG sous licence The Witcher, s’est littéralement conduit comme un punk. Les versions consoles n’ont tout simplement jamais été dévoilées, pour masquer l’ampleur du désastre. Pour éviter une vague d’annulation de précommandes, les développeurs ont gardé le secret verrouillé jusqu’à ce que la presse s’empare des versions commerciales. Adam Kiciński, PDG de CD Projekt RED, s’étonnait même des performances du jeu sur PlayStation 4 et Xbox One, quelques jours avant la sortie.

Comme si ça ne suffisait pas, CD Projekt RED a proposé aux joueurs le remboursement du jeu s’ils n’étaient pas satisfaits de Cyberpunk 2077. Mais le studio n’a signé aucun accord avec les plateformes de distribution, numérique ou physique. L’alternative est donc d’attendre des patchs pour améliorer l’expérience, en espérant que la pression sur les équipes se relâche sensiblement depuis la sortie. La version 1.04, disponible depuis le 12 décembre, corrige déjà de nombreux problèmes. Entre autres, l’occurrence de dildos dans les décors a été très fortement revue à la baisse, pour éteindre un autre incendie dont les actionnaires se seraient bien passés.

CD Projekt RED a en effet perdu plus de 2 milliards de dollars en quelques jours avec un cours qui a dévissé de 11,46%. Combien aurait perdu le studio en annulant ou repoussant les versions old-gen ? Le plus dommageable est la rupture du lien de confiance unissant CD Projekt RED à un public acquis. L’image éthique (sans DRM, suivi de qualité…) du studio est fortement écornée et il y a fort à parier que pour redorer son blason et rayonner à nouveau, la nuit sera longue.

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Joueur Citoyenhttps://actua.blog/
On n'a pas la même manette mais on a la même passion

4 Commentaires

  1. C’est un super test ! Tes propos sont si justes, sans click bate ou accusations. Merci 🙏

    Est-ce que la bande son est immersive autant que l’environnement ? Y a t’il un morceau qui se détache ?

    • Sincèrement, je ne trouve pas qu’il y ait de morceau qui se détache. Marcin Przybyłowicz a aussi composé les musiques de Cyberpunk 2077 mais, cyberpunk oblige, c’est moins mélodieux que dans The Witcher III. Pas de thème de Priscillia, pas de musiques de gwynt, etc.

  2. Excellent test, même ressenti ici. J’adore le jeu, je m’y perd pendant des heures mais tout en ayant parfois l’impression d’avoir été pris pour un idiot sur le niveau de finition.

    • Merci 🙂 Surtout que la première partie est la plus propre, c’est un peu la foire passé un certain cap. D’un côté, je crève d’envie de le poncer mais de l’autre, il vaut peut-être mieux en garder sous le coude pour quand ce sera moins buggé.

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