Test de Chrono Cross: The Radical Dreamers Edition réalisé sur Steam Deck et PC à partir d’une version fournie par l’éditeur.
- JRPG
- Développé par D4Entreprise | Édité par Square Enix
- PlayStation 4 | Xbox One | Switch | PC – 7 avril 2022
- Entièrement localisé en français – PEGI 12
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Depuis le 7 avril 2022, Chrono Cross: The Radical Dreamers Edition est disponible sur PlayStation 4, Xbox One, Switch et PC au prix de 19,99 €, pour la première fois chez nous. Accompagné de Radical Dreamers : Le trésor interdit et d’une localisation en français, cette résurrection inespérée est toutefois contrariée par la faible qualité du portage, réalisé par D4Entreprise.
Test de Chrono Cross: Radical Dreamers Edition sur Steam Deck et PC
Avec Chrono Cross: The Radical Dreamers Edition, Chrono Cross est disponible pour la première fois en France ! Après Collection of Mana qui réparait une injustice vieille de vingt-quatre ans, un nouveau pan de l’histoire de Squaresoft s’ouvre aux Européens. Un jeu aussi légendaire que celui-ci méritait peut-être une sortie en grande pompe… mais il faut se contenter d’un portage « presque » brut. Dans ces cas-là, doit-on juger la qualité de cette édition ou le chef-d’œuvre qu’elle représente ? Chrono Cross étant inédit en Europe, on peut difficilement faire la fine bouche. Mais…
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Dans Chrono Cross, le joueur incarne Serge, un adolescent sans histoire d’un paisible village de pêcheurs. Mais son destin bascule lorsqu’il est mystérieusement téléporté vers un autre monde. Cette « réalité alternative » ressemble à s’y méprendre à la sienne, mais possède une différence notable : Serge est censé y être mort depuis l’âge de dix ans. Avec l’opportunité de passer d’un monde à l’autre, il se met en quête de vérité. À cette occasion, il rencontre de multiples personnages avec lesquels il peut s’allier.
Pourquoi n’a-t-il pas connu le même succès que les JRPG de l’âge d’or de Squaresoft ?
Inédit en Europe, Chrono Cross n’est pas entouré de la même aura que la trilogie PlayStation de Final Fantasy. Ce JRPG s’avère même très baroque dans le catalogue de l’éditeur et n’est très certainement pas le plus fédérateur. Il partage certes de nombreux éléments avec Chrono Trigger, mais il est finalement assez éloigné des codes du genre. À commencer par son inventaire qui présente quelques particularités. Les consommables et les sorts sont des éléments à équiper. Les armes et accessoires ne peuvent être obtenus qu’en échange de ressources. Il s’éloigne aussi des JRPG traditionnels avec ses systèmes de précision et d’endurance qui rendent les combats plus tactiques qu’il n’y paraît. En réalité, même sans approfondir toutes les possibilités, le titre reste de toute façon très accessible.
Chrono Cross se distingue aussi par sa galerie de personnages à recruter. On en dénombre plus de quarante en fonction des décisions que l’on prend. De ce fait, aucune partie ne ressemble exactement à la précédente. Pour tous les recruter, le joueur doit de toute façon parcourir plusieurs runs, ce qui est en réalité encouragé par la nature-même du jeu. Comme Chrono Trigger, Chrono Cross possède de nombreuses fins. Même si une seule d’entre elles est réellement considérée comme la meilleure, on a de bonnes raisons de recommencer l’aventure. On ne redémarre bien sûr pas de zéro et un objet permet d’accélérer les New Game+… Celui-ci est d’ailleurs disponible d’emblée, dès la première sauvegarde, dans Chrono Cross: The Radical Dreamers Edition.
Pourquoi le considère-t-on comme un si grand classique de la PlayStation ?
Au-delà des différents embranchements, Chrono Cross possède une écriture prodigieuse pour un jeu de 1999. On pense au développement de certains personnages, tout en nuances, que l’on ne détaille pas pour ne rien spoiler. Les liens avec Chrono Trigger sont encore plus surprenants et difficiles à cerner pour quiconque n’a pas l’intrigue de ce dernier en tête.
Chrono Cross est aussi une expérience esthétique venue d’un autre monde. Sous la direction artistique de Yasuyuki Honne, aussi connu pour son travail sur Baten Kaitos: Eternal Wings and the Lost Ocean, le monde qui prend vie est absolument paradisiaque. Les décors sont d’une richesse inouïe puisque le procédé est le même que pour Final Fantasy VII, VIII et IX ou Resident Evil. Les arrière-plans en 2D sont fixes tandis que les personnages se déplacent dessus. Les couleurs chaleureuses, la végétation luxuriante, les cieux bien dégagés et les bords de mer invitent perpétuellement au voyage.
Que dire de la bande-son légendaire de Yasunori Mitsuda ? On peut la considérer comme son magnum opus. Elle fait partie des étoiles de la musique de jeu vidéo. Tantôt mélancolique, tantôt poignante, elle a aussi le rôle de différencier les deux dimensions de Chrono Cross. Le compositeur puise son inspiration dans de multiples cultures : Méditerranée, percussions africaines, fado, musique celtique… On ne voyage même plus, on plane.
Le portage est-il aussi mauvais qu’on le prétend ?
On aurait donc espéré le meilleur des traitements pour ce bijou de Squaresoft. L’éditeur n’a toutefois que partiellement répondu à cette attente avec un portage similaire à Final Fantasy VIII Remastered. Les personnages les plus importants ont droit à de nouvelles textures. Les images d’arrière-plan sont floutées pour ne pas détonner. Le rendu n’est pas entièrement satisfaisant sur grand écran où l’on a l’impression que les développeurs se sont contentés d’un filtre grossier… Mais sur Steam Deck, cette représentation est très adaptée. On regrette surtout l’absence de 16/9, l’impossibilité d’enregistrer un signet ou le framerate extrêmement bas, qui tombe parfois et inexplicablement sous les 20FPS. Sur PC, on peut le réparer à l’aide d’un éditeur hexadécimal mais on aurait aimé que Square Enix corrige le tir.
Chrono Cross: Radical Dreamers Edition est donc avare en nouveautés et il faut se contenter de combats automatiques et d’options d’accessibilité. Le joystick gauche désactive les rencontres aléatoires tandis qu’avec le joystick droit, les ennemis ratent toutes leurs attaques.
D’un autre côté, le jeu n’est pas seulement disponible pour la première fois chez nous. Il est entièrement localisé en français. Il y a de quoi s’en réjouir car il est extrêmement volubile et son histoire est parfois complexe. Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, l’éditeur a aussi intégré le roman visuel exclusif au Satellaview, à savoir Radical Dreamers : Le trésor interdit. Il n’est peut-être pas aussi merveilleux que sa « suite » Chrono Cross, mais on salue la volonté de préserver le patrimoine, d’autant qu’il est aussi intégralement traduit. On n’aurait donc pas été contre une refonte plus ambitieuse de Chrono Cross, mais il s’agit malgré tout d’une porte d’entrée idéale vers un JRPG unique en son genre.
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Notre avis | 7
Chrono Cross: The Radical Dreamers Edition ramène à la vie un JRPG que l’on pensait oublié pour toujours. Aussi étonnant que cela puisse paraître, il est accompagné de Radical Dreamers : Le trésor interdit, le tout étant traduit en français. Mais la réalisation n’a pas bénéficié du même soin que le travail d’édition. Malgré de maigres améliorations de qualité de vie, l’œuvre reste brute et l’adaptation s’avère d’une grande faiblesse technique. Chrono Cross reste le JRPG légendaire qu’il a toujours été et il méritait une modernisation plus soignée.
On aime
- Le retour d’un JRPG unique
- La présence de Radical Dreamers : Le trésor interdit
- La localisation en français
On n’aime pas
- Techniquement inadmissible
- Peu d’améliorations de qualité de vie
Merci d’avoir lu notre test de Chrono Cross: The Radical Dreamers Edition sur Steam Deck et PC.








