Après dix-huit ans de carrière au sein de nombreuses rédactions, Romain Mahut est devenu une figure emblématique de la presse « JV » francophone. Véritable historien du jeu vidéo japonais, l’ex-chef de rubrique news de Gameblog a finalement rejoint l’autre côté de la barrière en février 2022, en tant que responsable communication et business chez Red Art Games, société française œuvrant pour la diffusion, la préservation et l’accessibilité du jeu vidéo.
Interview de Romain Mahut
Olga P. Bonjour Romain et merci de répondre à nos questions. Studio de développement, éditeur, distributeur, retailer… Qui est exactement Red Art Games ?
Romain Mahut. Red Art Games est une société aux multiples casquettes. Avant sa création, son fondateur Michael Binkowski a dirigé pendant quinze ans la célèbre boutique parisienne Trader. Son idée de créer Red Art Games est venue de clients lui demandant régulièrement des jeux qui n’étaient malheureusement disponibles qu’en dématérialisé. L’idée première était donc de proposer des versions physiques de titres uniquement téléchargeables auparavant. À partir de là, l’activité de la société s’est grandement développée. Elle s’organise désormais autour des axes suivants :
- Publishing en dématérialisé et en physique en Europe et en Amérique du Nord de jeux.
- Portage sur consoles, PC et mobile de jeux aussi bien pour nous que pour des tiers. Nous avons par exemple réalisé le portage sur consoles de Rugrats: Adventures in Gameland, titre que nous n’éditons pas nous-mêmes.
- Développement de compilations rétro sur consoles et PC.
- Publishing de versions physiques en Europe et/ou Amérique du Nord de jeux déjà disponibles en dématérialisé.
- Productions de merchandising (en plus des versions physiques de jeux) pour des campagnes Kickstarter.
- Vente directe de nos jeux aux consommateurs via le site redartgames.com.
- Distributeur de nos jeux à différents revendeurs et distributeurs en Europe et en Amérique du Nord.
Nous sommes donc loin de nous limiter à la vente de versions physiques de jeux indé !
O.P. L’annonce de la PlayStation 5 Pro semble diriger de plus en plus l’industrie vers le tout-dématérialisé. Avez-vous l’impression que les constructeurs vous mettent des bâtons dans les roues dans votre œuvre de préservation du jeu vidéo ?
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R.M. Ils ne cherchent pas vraiment à nous mettre spécifiquement des bâtons dans les roues. Ils vont juste dans la direction qui leur semble la plus rentable, la direction que prend malheureusement le marché dans son ensemble. Nous soutiendrons les jeux physiques tant que nous le pourrons mais leur disparition sur les nouvelles plates-formes semble inévitable à long terme. Nous sommes plusieurs collectionneurs au sein de l’équipe et nous ne nous réjouissons évidemment pas de cette situation pour de nombreuses raisons. Mais il n’y a rien à faire pour éviter ça. À part peut-être bouder massivement les consoles 100% démat’, ce que le public ne semble pas faire.
« Nous œuvrons pour faciliter l’accès au plus grand nombre aux classiques du jeu vidéo »
O.P. On décèle l’envie chez Red Art Games de rendre plus accessibles des classiques japonais, parfois méconnus, comme l’édition récemment de Sunsoft is Back! Retro Game Selection. Doit-on s’attendre à d’autres projets dans ce sens ?
R.M. Absolument ! Nous avons été bercés par les pages import des magazines de jeux vidéo dans les années 90, et plusieurs membres de l’équipe ont travaillé pour la boutique Trader déjà évoquée précédemment. Nous savons très bien que nombre de pépites n’ont jamais quitté les frontières du Japon. À l’heure où l’accès légal à des classiques devient de plus en plus difficile à cause des fermetures de plates-formes virtuelles ou des prix prohibitifs des jeux rétro d’occasion, nous voulons œuvrer pour faciliter l’accès au plus grand nombre et la préservation des classiques du jeu vidéo !
O.P. Les studios de Red Art Games se sont fait une spécialité du portage. Mais l’idée d’un projet « maison » n’a-t-elle jamais germé au sein des équipes ?
R.M. Oh que si ! Des idées, ce n’est pas ça qui manque ! Il faut simplement que les étoiles soient bien alignées. De plus, l’offre actuelle en matière de jeu indé est telle que même des grands titres ne parviennent pas toujours à trouver leur public. Il faut donc avancer prudemment et ne jamais dire jamais.
O.P. Pourriez-vous partager une exclusivité avec nos lecteurs ?
R.M. Étant un ancien journaliste moi-même, je sais à quel point il est compliqué de récupérer des informations exclusives croustillantes de première-main ! Mais pour des raisons de confidentialité je ne peux malheureusement rien révéler de précis. Je dirai simplement que des projets comme Romancing SaGa -Minstrel Song- Remastered International ou Sunsoft is Back! Retro Game Selection sont loin d’être les seuls de ce type dans nos cartons. Si 2024 a été riche en surprises de la part de Red Art Games, 2025 devrait l’être tout autant ! J’invite tous les lecteurs d’Actua à nous suivre sur les réseaux sociaux et/ou s’abonner à notre newsletter pour être au courant de chacune de nos annonces.
O.P. Merci, Romain Mahut, pour vos réponses et pour votre temps. Nous souhaitons à toute l’équipe de Red Art Games de la réussite dans vos projets !




