vendredi 3 décembre 2021
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Test d’Alan Wake Remastered : qu’apporte-t-il par rapport à l’original ?

Alan Wake est de retour à Bright Falls à l’occasion d’Alan Wake Remastered, version améliorée du désormais classique de Remedy. C’est-à-dire que le thriller psychologique a déjà onze ans cette année ! Avec un nouvel habillage et ses deux extensions incluses d’office, Alan Wake Remastered annule et remplace la mouture Xbox 360. On se réjouit de retrouver l’écrivain en si belle forme, mais on n’aurait pas été contre de nouveaux contenus.

VersionsSortieDéveloppeurÉditeurDistributeurPrix
PlayStation 405/10/2021RemedyEpic GamesJust For Games29,99 €
PlayStation 505/10/2021RemedyEpic GamesJust For Games29,99 €
Xbox One05/10/2021RemedyEpic GamesJust For Games29,99 €
Xbox Series X05/10/2021RemedyEpic GamesJust For Games29,99 €
PC
Epic Games Store
05/10/2021RemedyEpic Games29,99 €

Sommaire

En quoi la narration d’Alan Wake se distingue-t-elle des modèles du thriller psychologique ?

Lorsqu’il est sorti en 2010, Alan Wake s’est surtout fait remarquer grâce à l’originalité de sa narration. Son scénario est pourtant et en réalité très classique. Écrivain à New York, Alan Wake perd l’inspiration et s’installe à Bright Falls pour se ressourcer. Sur place, sa compagne disparaît mystérieusement et l’auteur se lance à sa recherche. Au fil de son périple toutefois, on découvre d’étranges pages de Departure, manuscrit d’un roman que l’auteur n’a pourtant pas écrit. Les pages décrivent des événements très précis qui se produisent dans le monde d’Alan Wake, préfigurant toujours les scènes de gameplay qui nous attendent.

Cette tension qui existe entre littérature et monde réel rythme formidablement l’aventure. Mais il ne s’agit pas de la seule mise en abyme imaginée par Remedy. Malgré la présence d’une Ombre Noire et de Possédés qui ne cessent d’agresser Alan Wake, l’univers paraît extrêmement crédible grâce à la richesse de son lore. De multiples épisodes de la Zone X, une émission inspirée par la Quatrième Dimension, s’affichent par exemple sur les téléviseurs intra-jeu. On a aussi et parfois l’occasion de prendre une pause aux côtés d’un poste de radio et d’écouter les émissions nocturnes de Pat Maine. L’animateur de KBF-FM, radio locale de Bright Falls, se révèle étonnamment fascinant, en partie grâce aux merveilleux doublages en français.

À quel point Alan Wake Remastered fait-il peur ?

Au cours de l’aventure, l’écrivain devient la proie des ténèbres, matérialisées ici par les Possédés. Ces ombres aux formes humaines l’agressent en permanence en poussant des cris stressants, quand elles ne délirent pas en monologuant. Mais Remedy ne franchit jamais de ligne rouge. Les scènes ne sont pas extrêmement choquantes et l’histoire, quoique mystérieuse, ne verse jamais dans le jeu d’horreur. Voilà pourquoi, malgré les apparences, on parle plus souvent de thriller psychologique que de survival horror dans le cadre d’Alan Wake.

Pour progresser, le joueur doit traverser six longs niveaux de nuit, mais on n’est jamais plongé dans l’obscurité totale. Bien sûr, Alan Wake est un jeu extraordinairement sombre mais on y voit suffisamment pour ne pas craindre le danger à chaque foulée. De nombreuses sources de lumière ponctuent la route de l’écrivain : un réverbère ici, les feux d’une automobile là. Lorsqu’il se trouve dans une zone lumineuse, le joueur est à la fois protégé des Possédés et il récupère progressivement ses points de vie. Pour se défendre, on doit utiliser sa lampe torche pour briser le bouclier de ses ennemis. Dès lors, on peut leur tirer dessus au révolver ou à la carabine. On obtient quelques fois des fumigènes pour repousser les hordes, ou des lance-fusées dont l’effet s’avère explosif.

Alan Wake est donc suffisamment équipé pour que l’on ne se retrouve jamais étouffé. La souplesse de son esquive et la quantité de consommables (piles, munitions…) à ramasser en forêt sont tels que l’on a toujours la maîtrise globale des affrontements. Dans ces conditions, Alan Wake n’est pas excessivement effrayant. Les choses se corsent toutefois dans les niveaux de difficulté supérieurs, fatalement plus punitifs.

Qu’apporte Alan Wake Remastered par rapport à l’original ?

À première vue, Alan Wake Remastered semble identique à nos souvenirs embellis par la nostalgie. Pour en avoir le cœur net néanmoins, on a relancé les versions Xbox 360 puis PC. Côte à côte, le travail effectué pour ce remaster est flagrant. Dans nos conditions de test, Alan Wake Remastered tourne parfaitement en 4Ket à 60 FPS et les textures sont de bien meilleure qualité. Les visages bénéficient de nouvelles modélisations et les environnements paraissent aussi plus détaillés. En 2012, la version PC améliorait déjà Alan Wake avec la mise en branle des arbres au gré du vent, par exemple. Aujourd’hui, les environnements semblent aussi plus riches, notamment le brouillard ici très convaincant.

En tout cas, le glow up n’est peut-être pas aussi spectaculaire pour un joueur passant de la version PC de 2012 à Alan Wake Remastered sur la première Xbox One. Un joueur n’ayant pratiqué que la mouture Xbox 360 et redécouvrant Alan Wake Remastered sur PC dans les meilleures conditions possibles sera sans nul doute plus impressionné. Et malgré sa superbe direction artistique, Alan Wake n’a de toute façon jamais été foudroyant techniquement. Et pour cause, son développement initial s’est étiré sur cinq ans. On retrouve au cours des scènes cinématiques des vestiges du passé, comme la rigidité de certaines animations. On aurait apprécié que le jeu soit aussi rajeuni par cet aspect qui fonctionne hélas comme un élément de distanciation, alors que les doublages sont très convaincants.

Au total, combien de temps faut-il pour le terminer ?

Alan Wake est calibré en six niveaux d’une durée d’une heure et demie environ, portant son total à neuf heures. Toutefois, les joueurs exhaustifs ont de quoi prolonger l’expérience au-delà d’un premier run. L’aspect collectathon du titre est suffisamment développé pour qu’on replonge à la recherche de ses nombreux objets cachés. Pêlemêle : cent thermos de café, douze pyramides de cannettes, trente coffres, onze émissions de radio, quatorze de télé, vingt-cinq panneaux, dix réveils, six personnages en carton et dix jeux vidéo sont à débusquer. S’ajoutent les cent-six pages de Departure dont certaines ne sont accessibles que dans le mode de difficulté cauchemardesque.

Alan Wake Remastered est également livré avec ses deux extensions : Le Signal et L’Écrivain. Vendus séparément à l’époque, ces deux épisodes bonus forment le véritable épilogue d’Alan Wake. On n’aurait pas été contre un épisode supplémentaire pour l’occasion, il est vrai. On déplore enfin l’absence d’Alan Wake’s American Nighmare, le stand-alone de quelques heures paru en 2012. Quitte à regrouper tout le contenu d’Alan Wake, pourquoi ne pas inclure cette suite ? On l’imagine mal faire l’objet d’un remaster à elle toute seule, mais qui sait ?

Une nouvelle version était-elle nécessaire ?

Alan Wake Remastered est finalement très proche d’Alan Wake, dont la version PC de 2012 permettait déjà de jouer en 4K et à 60 FPS. Ce remaster reste bienvenu pour ses améliorations graphiques, qu’il s’agisse des textures ou des modélisations des personnages. Et il ne faut pas oublier que la seule version disponible sur console jusqu’à maintenant remontait à 2010. On peut toujours y accéder grâce aux bienfaits de la rétrocompatibilité Xbox, mais dans les conditions d’antan : en 720p et à 30 FPS. Comment y revenir après avoir goûté à Alan Wake Remastered ?

Désormais sous la houlette d’Epic Games et non plus de Microsoft Game Studios, Alan Wake Remastered est surtout accessible pour la première fois aux joueurs fidèles à la marque PlayStation. En effet, le thriller psychologique est désormais disponible sur PlayStation 4 et PlayStation 5, en plus des versions Xbox One, Xbox Series X et PC. On regretterait presque que Remedy n’ait pas entrepris de portage Switch pour que de nouveaux publics encore puissent le découvrir. En effet, un tel magnum opus ne devrait jamais et sous aucun prétexte sombrer dans les ténèbres de l’oubli.

Test réalisé à partir d’une version fournie par le distributeur sur PC

Alan Wake Remastered

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Julien Capronhttps://actua.blog/
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