Test réalisé à partir d’une version fournie par Wales Interactive sur PC
Développé et édité par Wales Interactive
Sorti le 31 mars 2020 et disponible sur Switch, PlayStation 4, Xbox One et PC
Wales Interactive, qui s’est fait une spécialité du FMV avec The Bunker et Late Shift, publie son nouveau film interactif où le joueur décide : The Complex. De quelle manière peut-on influencer le scénario d’un titre où les interactions sont, à première vue, si limitées ? Bien que l’on soit davantage spectateur qu’acteur, il nous revient de feutrer les événements pour altérer le dénouement de cette histoire complexe.

Produite par Paul Raschid et écrite par Lynn Renee Maxcy (The Handmaid’s Tale : La Servante écarlate), l’histoire de The Complex raconte le confinement d’Amy (Michelle Mylett) accompagnée de Rees (Al Weaver), deux scientifiques qui tentent d’échapper à un complexe ultra-protégé abritant de très précieuses recherches sur les nano-cellules.
Pour se sortir de cet enfer, il revient au joueur de faire des choix et ce sont les seuls instants où il est possible d’interagir. Même s’ils sont limités en temps, on peut quasiment poser la manette pour pleinement profiter de la vidéo, d’autant que tous les dialogues sont sous-titrés en français. The Complex ne possède pas de QTE comme dans les vieux classiques du genre et seuls les dilemmes cruciaux qui ponctuent l’histoire déterminent la fin.
Au total, on dénombre neuf conclusions possibles pour 196 scènes différentes. On n’en voit que 80 environ sur un run, ce qui pousse à recommencer plusieurs fois. Mais la fin n’est pas la seule variable qui dépend des choix : la relation que l’on possède avec les autres personnages ainsi que les statistiques de personnalité (honnêteté, bravoure, curiosité, intelligence, sensibilité) dépendent également de nos décisions.

Ce que l’on peut reprocher à The Complex est de ne pas toujours prendre en compte le choix du joueur. Il arrive que l’on prenne une décision franche mais que le déroulement de l’histoire nous remette sur les bons rails avec une pirouette narrative. Les décisions ne font que feutrer l’issue de l’histoire et sont rarement radicales.
The Complex possède une histoire captivante avec des moments de tension et des révélations qui font effet lors de la première visualisation. On peut néanmoins regretter est que la majorité de l’action se déroule dans le laboratoire sous-terrain du fameux complexe, contrairement à Late Shift qui proposait une grande variété d’environnements.
L’esthétique est d’ailleurs très singulière avec un laboratoire que l’on croirait sorti d’un film de science-fiction. Certains plans sont extrêmement saisissants, notamment lorsque nos deux héros traversent le « vide » pour s’assurer de la stérilité de leurs combinaisons. Le travail sur les couleurs est assez remarquable pour donner l’impression d’évoluer dans un lieu entièrement déconnecté du monde réel.

Quoi qu’il en soit, on n’a pas le temps de s’ennuyer car le jeu dure environ 1 h 20. Après un premier run, il est possible et facile de trouver les nouveaux cheminements car les nouvelles parties permettent de sauter les scènes que l’on aurait déjà visualisées. Sans être un chef-d’œuvre du jeu vidéo ni du cinéma, The Complex est suffisamment bien écrit pour que l’on prenne la peine de découvrir toutes les facettes d’une histoire pas aussi simple qu’elle n’y paraît.




