Test d’Anonymous;Code réalisé sur Switch à partir d’une version fournie par l’éditeur.
- Roman visuel
- Développé par MAGES. et Chiyomaru Studio | Édité par Spike Chunsoft | Distribué par Just For Games
- PlayStation 4 | Switch | PC – 8 septembre 2023
- Ne comporte pas de sous-titres en français – PEGI 16
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Ce 8 septembre 2023, Anonymous;Code sortira sur PlayStation 4, Switch et PC. Il aura fallu sept ans à MAGES. et Chiyomaru Studio pour réaliser ce sixième Science Adventure. Leurs ambitions ont peut-être dépassé leurs capacités de développement toutefois car, derrière sa réalisation raffinée, le titre présente un récit légèrement en retrait par rapport au reste de la série.
Test d’Anonymous;Code sur Switch
Anonymous;Code se déroule en 2037, au-delà du pire futur possible de Steins;Gate, dans un monde où des « simulateurs de Terre » permettent d’anticiper les catastrophes à venir. Pollon, prodige du piratage informatique, y rencontre l’énigmatique « Momo » dans des circonstances fâcheuses. La jeune femme, recherchée par l’armée japonaise, est finalement secourue par le hacker qui obtient l’étrange application « Save & Load ». Elle lui permet de sauvegarder et charger les données du monde, comme s’il s’agissait d’un jeu vidéo.
Par ailleurs, des événements et des personnages issus d’épisodes précédents de Science Adventure font parfois leur apparition. Mais leur rôle se limite souvent au fan service. Dès lors, rien n’oblige à maîtriser l’ensemble du lore pour pleinement apprécier Anonymous;Code. Contrairement aux récits massifs des autres jeux, son histoire se termine entre quinze et vingt heures. La durée de vie est raisonnable mais elle ne permet toutefois pas d’installer une immersion et une empathie propres aux jeux de la série. D’un autre côté, les évènements s’enchaînent tambour battant.
Une histoire complexe aux embranchements imperceptibles
Il ne s’agit cependant pas de la seule raison pour laquelle on entre difficilement dans l’histoire, la narration étant particulièrement enchevêtrée. La confusion règne entre les simulateurs de Terre, l’application mystérieuse, les quêtes de Cicada 3301 et les secrets de Fátima. Comme d’ordinaire, le titre s’appuie sur des mythes ou des événements du monde réel pour tisser sa toile. Mais le jargon propre au piratage et à l’administration réseau complexifie souvent la compréhension des actions des protagonistes, malgré le lexique qui développe de nombreux concepts. L’absence de traduction en français n’aide pas non plus.
On développe également moins de compassion envers les personnages secondaires, hormis Momo que l’on incarne ponctuellement. La plus grande faiblesse d’Anonymous;Code se trouve sans doute à ce niveau. Dans Steins;Gate par exemple, Okabe Rintaro agit notamment pour protéger un être aimé. Pollon, quant à lui, prête la main à Momo pour sauver le monde, purement et simplement. L’absence de nuance dans cet objectif tend à lisser ses relations avec les autres personnages. D’ailleurs, les Science Adventure enrichissent généralement leurs histoires avec des fins individuelles qui n’existent pas ici. On atteint bel et bien de mauvais dénouements, mais qui ne concernent que Pollon. La progression s’avère donc plus linéaire.
Les embranchements sont d’ailleurs pénibles à déceler. Pour éviter un sort funeste, Pollon fait appel à la fonctionnalité de chargement de son application « Save & Load ». Il suffit d’appuyer sur une gâchette pour la déclencher au moment opportun. Mais quand l’utiliser devient laborieux à découvrir, car la fonctionnalité « skip » ne s’arrête jamais aux embranchements. On finit donc par tenter de charger une sauvegarde à chaque ligne de dialogue. Tant qu’on n’a pas trouvé le moment précis où bifurquer, Pollon déclame la même phrase, encore et encore, agaçante au plus haut point.
Une réalisation ambitieuse
Si le volet narratif ne satisfait pas pleinement, l’expérience esthétique s’avère du reste extrêmement solide. À l’image de Robotics;Notes DaSH ou des remakes de Famicom Detective Club, MAGES. fait l’usage de modélisation en 3D pour représenter les personnages. Les échanges sont ainsi riches en animations avec un soin particulier apporté aux expressions faciales ou aux mouvements des cheveux. Les arrière-plans qui dépeignent Nakano sont également minutieux et variés.
Chiyomaru Shikura espérait à l’origine produire plus de trois-mille illustrations pour représenter chacune des scènes d’Anonymous;Code. Mais les développeurs ont revu ces ambitions à la baisse avec des planches façon bande dessinée pour les scènes-clés uniquement. Ces séquences de toute beauté pallient astucieusement à l’absence d’animatiques telles qu’on en trouve dans Steins;Gate Elite et Robotics;Notes Elite.
Les graphistes se sont aussi appliqués à construire l’interface, susceptible de diviser néanmoins. Stylisée à l’extrême, cette dernière manque toutefois de clarté. Pollon reçoit des e-mails, des actualités ou des messages issus d’un forum de piratage qu’il fréquente. Tous ces textes apparaissent sous la forme d’un bandeau d’information en continu difficile à lire, dans un coin de l’écran. On regrette enfin la sous-exploitation de la réalité augmentée. En appuyant sur le bouton d’annulation, l’interface disparaît complètement au profit des illustrations, comme le veut la tradition des romans visuels. À cette occasion, tous les éléments numériques disparaissent aussi dont les tatouages électroniques ou certains textes qui apparaissent en surimpression dans les rues. L’effet est saisissant dans les premières heures mais s’estompe trop rapidement, donnant l’impression que les développeurs ne sont pas toujours parvenus à aller au fond des choses.
Notre avis | 7
Anonymous;Code n’est finalement pas le pinacle de Science Adventure, malgré sept ans de développement pour le réaliser. Les ambitions de ce roman visuel étaient-elles trop élevées ? On a cette impression devant un récit complexe qui peine à pleinement immerger et une mécanique « Save & Load » qui semble mal intégrée. On regrette surtout qu’il soit si difficile de s’attacher aux personnages, faute d’exposition parfois. D’un autre côté, la réalisation s’avère extrêmement solide avec des modélisations détaillées et des planches de bande dessinée qui dynamisent la narration. En fin de compte, Anonymous;Code souffre surtout de la comparaison avec les autres jeux de la série, qui placent la barre si haut qu’il semble légèrement en retrait.
On aime
- La réalisation spectaculaire
- Les planches de BD dynamiques
- Les clins d’œil aux autres épisodes
- Le rythme de la narration
On n’aime pas
- Les embranchements sont difficiles à déceler
- Les personnages secondaires en retrait
- Un jargon complexe
- L’absence de version française
Merci d’avoir lu notre test d’Anonymous;Code sur Switch.







