Test de Shuten Order réalisé sur Nintendo Switch 2 à partir d’une version fournie par l’éditeur.
- Roman visuel | Enquête
- Développé par Tookyo Games et Neilo | Édité par Spike Chunsoft et DMM Games
- Shuten Order
Nintendo Switch | PC – 5 septembre 2025 - Shuten Order – Nintendo Switch 2 Edition
Nintendo Switch 2 – 27 novembre 2025 - Ne comporte pas de sous-titres en français – PEGI 16
- Toute l’actualité du jeu
Alors que The Hundred Line: Last Defense Academy n’est disponible que depuis le 24 avril 2025, Kazutaka Kodaka est déjà de retour aux affaires pour le lancement de Shuten Order. Le nouveau roman visuel du créateur de Danganronpa, réalisé par Tookyo Games et Neilo, et édité par DMM Games et Spike Chunsoft, sera disponible au téléchargement dès le 5 septembre 2025, sur Nintendo Switch et PC, contre 49,99 €. Et parce que les personnalités impliquées dans le développement de ce jeu d’enquête ne connaissent pas la demi-mesure, c’est une nouvelle expérience extrêmement ambitieuse qui nous est présentée aujourd’hui. Les difficultés économiques traversées par le studio semblent loin derrière nous désormais.
Test de Shuten Order sur Nintendo Switch
Présentation | Cinq embranchements pour cinq mécaniques de gameplay
Comme souvent avec Kazutaka Kodaka, Shuten Order se déroule dans un univers alambiqué que le joueur découvre en même temps que son héroïne. Rei Shimobe se réveille effectivement sans aucun souvenir de son passé et apprend, par deux anges, qu’elle est la réincarnation du « Fondateur ». Ce dernier a jadis établi l’Ordre de Shuten, un micro-État dont les membres souhaitent la fin du monde, attendue dans les cent-soixante-huit jours à venir. Mais le temps presse car Rei n’a en réalité que quelques heures pour lever le voile sur le mystère de son assassinat. Pour ce faire, elle doit non seulement obliger son meurtrier à passer aux aveux, mais aussi lui faire payer son crime. Sans quoi, elle disparaîtra à tout jamais, sans recouvrer la mémoire.
Les principaux suspects sont les cinq ministres de l’Ordre de Shuten, qui maintiennent le bon fonctionnement de la cité en l’absence du Fondateur. Charismatiques, experts dans leurs domaines de prédilection et dotés d’égos démesurés, ils donnent accès à cinq embranchements narratifs distincts, chacun avec une mécanique de jeu qui lui est propre, tirée de l’univers du roman visuel. Un véritable pied de nez aux joueurs qui considèrent que les jeux narratifs ne présentent aucune forme de gameplay.
L’histoire de Kishiru Inugami, ministre de la Justice, prend la forme d’une enquête dans la veine d’Ace Attorney. Celle de Yugen Ushitora, ministre de la Santé, s’apparente à un death game duquel s’échapper, façon Zero Escape. Du côté de Teko Ion, ministre de la Science, on a affaire à une aventure multi-perspective, rappelant Ever17: The Out of Infinity. Honoka Kokushikan, ministre de l’Éducation, nous plonge dans une aventure romantique. L’embranchement de Manji Fushicho enfin, ministre de la Sécurité, représente les jeux d’horreur et d’infiltration tels que Mad Father.
Critique | Des arcs narratifs qui donnent l’impression d’être déconnectés
Le point fort de cette structure est qu’elle relance sans cesse l’intérêt. Et si toutefois le scénario d’un ministre en particulier plaît moins, en raison de son ambiance ou de son gameplay, on peut s’attendre à un renouveau complet dans le suivant. Son point faible est qu’elle donne l’impression de cinq histoires déconnectées les unes des autres. L’impression seulement, car l’utilisateur fait forcément le lien entre les informations distillées ici et là. Mais Rei Shimobe n’a, semble-t-il, pas cette faculté. Autrement dit, l’ordre dans lequel on parcourt les embranchements n’influence aucunement les révélations qui se font au fil de l’eau.
Afin de déceler la vérité, il faut donc traverser toutes les routes possibles, ce qui est un processus assez long. Le rythme est très lent dans l’ensemble, avec le risque de décrocher avant les réjouissances. Il faut compter une bonne heure et demie avant que l’enquête ne démarre véritablement. D’un côté, cela permet aux développeurs de poser l’univers ; de l’autre, aux joueurs de pleinement l’intégrer. Mais on ne se défait jamais d’une impression de déjà-vu, puisque l’on reconnaît des ficelles trop fréquentes dans les nombreux jeux du genre, avec les coups de théâtre, presque routiniers, qui font tout le sel de ces productions.
Force est de reconnaître que les développeurs sont néanmoins parvenus à leurs fins, malgré le défi que représentaient cinq récits aux mécaniques différentes. La menace d’une expérience incohérente, ou inégale, tout du moins, existait. Beaucoup ont d’ailleurs attaqué Resident Evil Village sur ce point. Mais grâce à une direction artistique homogène et au grand soin apporté à toutes les parties du jeu, on n’a jamais le sentiment qu’un embranchement soit plus bâclé qu’un autre. On souligne également la qualité de la localisation, en anglais uniquement. Devant certaines révélations, les traducteurs ont franchement dû s’arracher les cheveux.
Notre avis
La plus grande surprise de Shuten Order ne tient finalement pas dans son scénario, assez habituel pour un Kazutaka Kodaka. Mais dans la capacité de Tookyo Games à enchaîner des jeux aussi ambitieux. Après The Hundred Line: Last Defense Academy et son contenu colossal, le studio est parvenu à mettre en place cinq récits aux cinq mécaniques de gameplay totalement différentes. Le pari était risqué, mais ça fonctionne à merveille.
On aime
- Cinq types de romans visuels différents
- Le récit qui détaille progressivement l’univers
- La réalisation soignée
On n’aime pas
- L’impression d’histoires déconnectés
- Un rythme assez lent
- L’absence de version française
Merci d’avoir lu notre test de Shuten Order sur Nintendo Switch.






