Test de « Heroland » sur Switch. Dans ce JRPG original, le joueur incarne un employé de parc d’attractions

Le logiciel prend la forme d'un JRPG dont vous n'êtes pas le héros.

Test de Heroland réalisé à partir d’une version fournie par l’éditeur.

« Bienvenue à Heroland, le parc d’attraction dans lequel tout le monde est le héros ! Que vous soyez employé de bureau, retraité, animal de compagnie, loutre ou encore prince déchu, ici, vous pourrez laisser libre cours à votre imagination ! Choisissez un rôle à votre mesure et embrassez la vocation de votre choix. Vous avez toujours voulu devenir un valeureux héros virtuose de l’escrime ou encore un puissant mage érudit ? Alors nul doute que Heroland saura vous combler, avec ses mystérieux donjons grouillant de créatures démoniaques à défaire et regorgeant de butin. Heroland, c’est l’aventure de votre vie ! »

Test de Heroland sur Switch

En tout cas, c’est celle du client. Parce que celle de Lucky, nouvel employé du parc et protagoniste du jeu, est beaucoup moins rose. Fraîchement débarqué sur l’île tropicale qui héberge le parc et après y avoir décroché un poste, il se retrouve logé dans un appartement décrépi. Il brise malencontreusement un vase inestimable, propriété de la compagnie gestionnaire de Heroland. Le voilà donc contraint à besogner en tant que guide pour rembourser une dette colossale. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que sa tâche ne sera pas de tout repos. D’autant plus qu’entre deux clients excentriques aux attentes démesurées, Lucky va découvrir que cet univers paradisiaque cache de sombres secrets.

Un JRPG original par des vétérans

Si l’on s’en tenait à son communiqué de presse, on pourrait s’attendre, au vu des grands noms qui émaillent le cast du jeu, à un JRPG orienté fantasy médiévale, épique bien que classique, peut-être avec un côté old-school assumé. Takahiro Yamane, Nobuyuki Inoue, Nobuhiro Imagawa et Tsukasa Masuko… Excusez du peu. Pourtant, nous voilà propulsé dans le rôle de l’assistant. Son but consiste non pas à occire des démons et protéger la veuve et l’orphelin, mais à guider un groupe de clients vivant la vie d’aventuriers dans les donjons d’un parc d’attractions à thème.

L’aventure d’un non-héros

Le rôle de Lucky est donc essentiellement passif. Il se résume à intervenir ponctuellement dans des combats à la Final Fantasy VII (semi tour par tour et jauge d’ATB) où les membres de l’équipe agissent à leur guise. Le joueur dispense ses instructions, distribue des objets de soin à ses clients et répartit le butin à la fin des combats.

Chaque action contraint notre non-héros à se reposer avant d’être en mesure de prodiguer de nouveau ses bienfaits. Le timing et la prise de décisions ont donc ici une place essentielle. Le salaire perçu en fin de donjon dépendant de la satisfaction des clients, il convient également de bichonner ses petits protégés en leur évitant au mieux les désagréments que leur réservent les collègues de travail de Lucky qui jouent les rôles des monstres.

Une boucle de gameplay répétitive

Particulièrement original et efficace, le système de Heroland pourra néanmoins diviser. Il faut dire que les jeux nous proposant d’incarner un assistant attentiste ne courent pas les rues. De plus, si Heroland nous propose de gérer une bonne vingtaine de personnages, tous plus barrés les uns que les autres, ainsi que leurs compétences et équipements, il n’en reste pas moins vrai que l’activité principale, la chasse au Seigneur du Mal dans les donjons, s’avère répétitive et demande un farming considérable, que ce soit pour équiper ou maintenir à niveau toute la troupe. Farming qui, soit dit en passant, tourne rapidement à l’obsession si vous adhérez à la formule, tant le jeu s’avère gargantuesque en éléments de décoration et équipements à débloquer pour quiconque ose se frotter aux sacro-saint 100%.

Heureusement, Heroland contrebalance cette répétitivité avec une personnalité en acier trempé. Sa direction artistique globale se révèle très efficace, avec des personnages-jetons animés tout en pixels, un cadre de théâtre de marionnettes et une bande son parfaitement adaptée au côté décalé de l’aventure. La mise en scène n’est pas en reste, rappelant furieusement les saynètes au ton si délicieusement absurde d’un Disgaea, mais en moins digressif.

Une écriture soignée

Mais ce n’est pas tout, puisqu’il peut également compter sur une finesse d’écriture princière, tout en références subtilement placées, en vannes efficaces qui fusent telles les balles d’une Gatling et en tacles bien sentis envers la concurrence qu’il parodie allègrement et avec talent. Qu’on se le dise, à Heroland, les poncifs prennent cher, pour un ton de narration des plus réjouissants. À noter que l’humour reposant principalement sur ces nombreuses saillies et autres jeux de mots, un niveau correct d’anglais est ici préférable pour profiter au mieux de l’expérience.

Merci d’avoir lu notre test de Heroland sur Switch.

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