Test de « Cyberpunk 2077 » sur PC. CD Projekt Red devra beaucoup travailler pour aller au bout de ses idées

Test de Cyberpunk 2077 réalisé sur PC à partir d’une version commerciale.

  • Action-RPG
  • Développé et édité par CD Projekt Red | Distribué par Bandai Namco
  • Cyberpunk 2077
    PlayStation 4 | PlayStation 5 | Xbox One | Xbox Series X | PC – 10 décembre 2020
  • Phantom Liberty
    PlayStation 5 | Xbox Series X | PC – 26 septembre 2023
  • Entièrement localisé en français – PEGI 18
  • Toute l’actualité du jeu

En développement depuis 2012, annoncé pour « when it’s ready », plusieurs fois reporté et empêtré dans un enfer de développement : CD Projekt Red n’a pas accouché de Cyberpunk 2077 dans les meilleures conditions. Il est pourtant là, offrant l’immensité de Night City à ses joueurs, ceux qui possèdent le matériel adéquat. La métropole est-elle aussi immersive qu’on l’a rêvé ? Trop partiellement hélas, ce qui ne l’empêche pas d’être le terrain de jeu d’un titre curieusement addictif.

Test de Cyberpunk 2077 sur PC

Dans Cyberpunk 2077, on incarne V que l’on personnalise en début de partie et qui tente d’entrer dans la légende en participant à une mission suicide. Tout ne se déroule pas comme prévu et sa conscience est envahie par Johnny Silverhand, présumément décédé depuis les années 2020. Le joueur enquête alors à Night City pour débarrasser V de son intrus cérébral.

Night City n’est finalement pas si organique

Night City, ses gratte-ciels et ses lumières impressionnent, d’autant que l’échelle des grandeurs est convaincante grâce à la vue subjective. Hélas, le monde n’est pas si organique. Le trafic et la population sont denses mais il n’y a que trop peu d’activités annexes pour flâner. Nos interactions avec Night City se résument souvent à la traverser. Le manque de finition ainsi que les bugs graphiques que l’on rencontre parfois, bien que non-rédhibitoires, sont des éléments de distanciation qui ont tendance à briser l’immersion.

La métropole ne manque cependant pas de points d’intérêt et on croule sous les quêtes annexes. V reçoit de nombreuses propositions en foulant une nouvelle zone : contrats de chasse, courses automobiles, des enquêtes parfois et même la recherche de taxis disparus, l’une des missions emblématiques de Cyberpunk 2077. Des quêtes annexes plus substantielles, dont CD Projekt Red a le secret, offrent un nouvel éclairage aux événements de la campagne principale.

Un rythme qui ne s’essouffle jamais

Cette dernière est parfaitement rythmée et bénéficie d’une mise en scène spectaculaire. Cyberpunk 2077 ne philosophe pas longtemps sur la décadence humaine, sur l’émergence de la cybernétique ou sur l’hypersexualisation de la société. La lutte anticapitaliste de ses héros est menée tambour battant et débouche sur différentes fins en fonction des actions du joueur.

Différentes évolutions possibles

Bien qu’il ne nous plonge pas entièrement dans son univers, Cyberpunk 2077 n’en demeure pas moins plaisant grâce à une expérience sur mesure. Le joueur peut combattre avec différentes approches : en piratant l’environnement et les ennemis, en jouant la carte de l’infiltration ou en optant pour la manière forte. Qu’il s’agisse des fusils, mitrailleuses, katanas et autres grenades, l’utilisation des armes est pleinement satisfaisante.

V peut évoluer de différentes manières puisque l’on peut modifier ses capacités de piratage, gagner de nouvelles compétences et même modifier ses équipements cybernétiques. De nouvelles épaules renforcent les armures tandis que de nouvelles jambes permettent un double saut. Le joueur peut aussi fabriquer des équipements et des consommables, et acquérir une impressionnante collection de véhicules. La conduite à moto est d’ailleurs extraordinaire. On se surprend à préférer engloutir les kilomètres plutôt qu’opter pour les voyages rapides.

Notre avis | 8

★★★★★★★★

Complet malgré ses airs d’accès anticipé, Cyberpunk 2077 maintient l’intérêt du joueur grâce à un enchaînement d’objectifs fluide. Il n’y qu’à compter les heures qui défilent quand on prend la manette pour s’en rendre compte : à peine a-t-on l’impression de prendre ses marques à Night City que l’on est déjà au milieu de la nuit. CD Projekt Red aura toutefois fort à faire pour aller au bout de ses idées. En l’état, l’immersion n’est pas encore optimale à cause d’une métropole pas suffisamment organique et de bugs à répétition.

Merci d’avoir lu notre test de Cyberpunk 2077 sur PC.

CD Projekt Red, plus punk que jamais

On a moqué les problèmes techniques de Final Fantasy VII Remake, on a pointé du doigt l’optimisation d’Assassin’s Creed Valhalla sur PC. On a pesté contre les reports successifs de The Last of Us Part II et on ne s’est jamais autant ému des conditions de travail en période de crunch. Était-il seulement possible que tous les brûlots de l’industrie convergent vers un seul et unique jeu vidéo ? Eh bien…

Des versions consoles à la limite du jouable

Il est l’élu, celui qui représente ce que l’industrie peut faire de pire : Cyberpunk 2077. À la lecture du test ci-dessus, vous aurez compris que l’on apprécie le titre, dans lequel on a investi de nombreuses heures de jeu. On n’avait cependant que rarement assisté à un lancement aussi calamiteux. Les versions PlayStation 4 et Xbox One de base sont à la limite du jouable et même les plâtres de la version PC, qui fait autorité à l’heure où cet article est rédigé, ne sont pas correctement essuyés.

Une optimisation PC qui doit encore s’affiner

Outre le cocktail de bugs maintes fois relayé sur les réseaux sociaux, l’optimisation est loin d’être satisfaisante. Dans les conditions du test (Ryzen 7 3700X, 32 Go de RAM, GeForce RTX 2070 8 Go, 1440p), on n’atteint que rarement les 60FPS. Pour y arriver, il faut tout bonnement faire une croix sur le ray-tracing. Malgré l’activation du DLSS, Cybepunk 2077 ne fait pas de miracle. En « ultra », on stagne à 30FPS et parfois moins au centre-ville de Night City !

Une communication qui questionne

Si les performances de Cyberpunk 2077 peuvent donner, à juste titre, l’impression d’être roulé dans la farine, que dire de la communication de CD Projekt Red ? Le studio polonais, qui bénéficiait d’une confiance quasi-aveugle des fans de ses RPG sous licence The Witcher, s’est littéralement conduit comme un punk. Les versions consoles n’ont tout simplement jamais été dévoilées, pour masquer l’ampleur du désastre. Pour éviter une vague d’annulation de précommandes, les développeurs ont gardé le secret verrouillé jusqu’à ce que la presse s’empare des versions commerciales. Adam Kiciński, PDG de CD Projekt Red, s’étonnait même des performances du jeu sur PlayStation 4 et Xbox One, quelques jours avant la sortie.

Comme si ça ne suffisait pas, CD Projekt Red a proposé aux joueurs le remboursement du jeu s’ils n’étaient pas satisfaits de Cyberpunk 2077. Mais le studio n’a signé aucun accord avec les plateformes de distribution, numérique ou physique. L’alternative est donc d’attendre des patchs pour améliorer l’expérience, en espérant que la pression sur les équipes se relâche sensiblement depuis la sortie. La version 1.04, disponible depuis le 12 décembre 2020, corrige déjà de nombreux problèmes. Entre autres, l’occurrence de jouets intimes dans les décors a été très fortement revue à la baisse, pour éteindre un autre incendie dont les actionnaires se seraient bien passés.

Des conséquences financières

CD Projekt RED a en effet perdu plus de deux milliards de dollars en quelques jours avec un cours qui a dévissé de 11,46%. Combien aurait perdu le studio en annulant ou repoussant les versions old gen ? Le plus dommageable est la rupture du lien de confiance unissant CD Projekt Red à un public acquis. L’image éthique (sans DRM, suivi de qualité…) du studio est fortement écornée et il y a fort à parier que pour redorer son blason et rayonner à nouveau, la nuit sera longue.

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6 commentaires

  1. C’est un super test ! Tes propos sont si justes, sans click bate ou accusations. Merci 🙏

    Est-ce que la bande son est immersive autant que l’environnement ? Y a t’il un morceau qui se détache ?

    • Sincèrement, je ne trouve pas qu’il y ait de morceau qui se détache. Marcin Przybyłowicz a aussi composé les musiques de Cyberpunk 2077 mais, cyberpunk oblige, c’est moins mélodieux que dans The Witcher III. Pas de thème de Priscillia, pas de musiques de gwynt, etc.

  2. Excellent test, même ressenti ici. J’adore le jeu, je m’y perd pendant des heures mais tout en ayant parfois l’impression d’avoir été pris pour un idiot sur le niveau de finition.

    • Merci 🙂 Surtout que la première partie est la plus propre, c’est un peu la foire passé un certain cap. D’un côté, je crève d’envie de le poncer mais de l’autre, il vaut peut-être mieux en garder sous le coude pour quand ce sera moins buggé.

  3. Cyberpunk 2077 a été annoncé en 2012 mais son développement n’a commencé qu’en 2016, ce qui signifie que CDPR a travaillé sur son développement pendant quatre ans, ce qui est suffisamment long pour produire un jeu presque parfait. Cela dit, le jeu s’est beaucoup amélioré depuis son lancement car ses développeurs travaillent dur pour se débarrasser de tous les bugs et problèmes du jeu avec plusieurs correctifs et un correctif majeur déjà publié. CDPR a certainement le potentiel de changer les choses et d’en faire un énorme succès comme Star Wars.

    • Je suis aussi persuadé qu’il peut encore devenir un énorme succès. Question ventes, il l’est déjà, mais le deuxième lancement sur Xbox Series X et PlayStation 5 peut changer la donne. Des jeux au démarrage catastrophique qui recollent les morceaux sont nombreux, notamment No Man’s Sky. Le problème de Cyberpunk 2077 est que son lancement a fait beaucoup de bruit 😅

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