Test de « Rise Eterna » sur Switch. Quand on s’inspire de sagas aussi mythiques que « Fire Emblem », ne risque-t-on pas la comparaison frontale ?

Test de Rise Eterna réalisé sur Switch à partir d’une version fournie par l’éditeur.

Jeune studio franco-japonais, Makee a pour objectif de faire revivre les formules du jeu vidéo d’antan. Le studio travaille notamment sur Tiara the Deceiving Crown annoncé sur Switch et PC et qui s’inspire de The Legend of Zelda. Avec Rise Eterna, c’est le tactical-RPG qui passe à la moulinette et plus particulièrement Fire Emblem. Quand on s’inspire de sagas aussi mythiques, ne risque-t-on pas de faire pâle figure à côté ?

Test de Rise Eterna sur Switch

Le royaume d’Ars Rare est à feu et à sang. L’invasion des troupes de l’Empire Athracien a semé le chaos, balayant toute résistance sur son passage. Après trente-cinq ans de terreur, les espoirs de liberté se ravivent. Nathanael et Lua, réunis par des circonstances troubles, décident ensemble de se diriger vers la capitale. Ce voyage constitue le point de départ d’évènements mettant en branle le destin du royaume.

Une narration qui manque de mise en scène

Rise Eterna se déroule dans un univers de fantasy classique. La narration s’insère mal entre les combats et manque de rythme en l’absence de voix ou d’onomatopées. L’enjeu des batailles est rarement présenté, amenant le joueur à décimer des villages entiers sans que cela ne pose de problème moral à l’équipe. Les boucles musicales sont répétitives, mais les morceaux participent à faire varier les ambiances. Une combinaison surprenante de jolis portraits, de cartes aquarellées et de sprites de combat réussis contribue toutefois à sublimer le jeu.

Des mécaniques différentes de Fire Emblem

Rise Eterna inclut différentes mécaniques qui lui permettent de se démarquer de Fire Emblem. Au cours des combats, on récolte différents types de ressources dans l’eau, les arbres, les gisements ou les coffres. Elles permettent d’alimenter un système d’artisanat très utile pour produire des soins et outils d’exploration. Collectionner des gemmes et les associer à des personnages permet de modifier leurs statistiques et combler leurs faiblesses. Enfin, la prise de niveau donne accès à des points à dépenser dans un arbre de compétences. En ajoutant à cela des objets de lancer, du poison à placer sur les armes et autres outils, Rise Eterna surprend par ses emprunts à d’autres genres du jeu de rôle.

Une difficulté artificielle

Paradoxalement, les escarmouches ne sont pas nécessairement rendues plus stratégiques. Quelques éléments contribuent à augmenter significativement la difficulté, comme le nombre impressionnant d’ennemis, ou l’omniprésence de pièges invisibles pouvant infliger des blessures bien trop durables. Mais les combats restent mécaniques, face à l’absence de toute influence de terrain et aux limites de l’intelligence artificielle des ennemis. Ces derniers ne se déplacent que lorsque leurs champs de vision sont traversés, et il suffit de réaliser des boucles pour éloigner un par un les soldats adverses et reprendre le dessus. Les objectifs de mission sont souvent similaires et ne contribuent pas à diversifier les batailles.

Rise Eterna
Captures d’écran © Forever Entertainment

Notre avis | 5

Rise Eterna est un jeu singulier, qui présente des vraies réussites sur le plan artistique. Plusieurs sous-systèmes de personnalisation d’équipe et d’artisanat constituent des partis pris intéressants, trop souvent survolés chez ses homologues. Malheureusement, le manque d’équilibrage des combats, la faible diversité des situations et son univers en demi-teinte empêchent la magie de pleinement prendre. Ces faiblesses prises en compte, le public chérissant les champs de bataille quadrillés peut donner sa chance à une proposition originale, qui ne se contente pas d’imiter les gloires passées.

Merci d’avoir lu notre test de Rise Eterna sur Switch.

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