Test réalisé à partir d’une version fournie par Sony sur PlayStation 4
Développé par IllFonic et édité par Sony Interactive Entertainment
Sorti le 24 avril 2020 et disponible sur PlayStation 4
| Interface | Français / Anglais / Arabe / Chinois / Néerlandais / Allemand / Italien / Coréen / Polonais / Portugais / Russe / Espagnol |
| Audio | Français / Anglais / Allemand / Italien / Polonais / Portugais / Russe / Espagnol |
| Sous-titres | Français / Anglais / Arabe / Chinois / Néerlandais / Allemand / Italien / Coréen / Polonais / Portugais / Russe / Espagnol |
Créateurs de Friday the 13th: The Game, Illfonic réalise un nouveau titre multi asymétrique avec Predator: Hunting Grounds. Les protagonistes changent mais pas le concept : on troque les campeurs terrorisés contre une équipe de commandos surarmés. Le tueur masqué sanguinaire laisse place à un autre tueur masqué sanguinaire mais extraterrestre. Le studio a-t-il capitalisé sur son expérience pour proposer un titre équilibré, capable de restituer de façon convaincante les escarmouches du film ?

Predator: Hunting Grounds oppose deux factions aux gameplays et objectifs distincts. Parachutés sur l’une des trois cartes du jeu, les quatre commandos doivent coopérer pour accomplir divers objectifs (implantation de bombes, démantèlement de réseaux de stupéfiants…) au sein d’une jungle dense et constellée de camps de soldats gérés par l’IA. En face, un cinquième joueur incarne un Predator.
Côté commando, la vue est subjective. L’atmosphère oppressante de la jungle et la sensation d’être épié fonctionnent bien grâce au sound design bien ficelé. Cependant, la balistique des armes s’avère désuète et la réactivité des fantassins adverses inexistante. Les affrontements avec l’IA sont peu passionnants et les situations peu variées. Les objectifs génériques s’enchaînent et les soldats-poteaux décèdent sans jamais esquisser le moindre réflexe. Heureusement, les promesses de Predator: Hunting Grounds ne résident pas là mais dans la capacité du Predator à épicer les événements.
Puissant, véloce et résistant, le chasseur se joue à la troisième personne et dispose d’un panel de capacités et gadgets pour pourrir la vie des commandos. Capable de sauter loin et de se mouvoir facilement dans les arbres, le Predator est plus aérien que ses adversaires. Il peut aussi compter sur une vision thermique pour localiser ses cibles dans un décor très chargé, et sur son invisibilité qui lui confère un avantage tactique indéniable. Mais puisque la stratégie seule suffit rarement à oblitérer un groupe ennemi armé de fusils, il est heureux de constater que le titre propose de nombreuses armes extraterrestres.

On l’a souvent constaté : l’expérience asymétrique est périlleuse, tant l’équilibrage est un art délicat et primordial. Hélas, Predator: Hunting Grounds se résume à ce déséquilibre. Jamais poussés dans leurs retranchements par les adversaires non-humains, les commandos sont rarement en danger, à condition de rester groupés et alertes. Ce ne sont pas les moyens de contrôle des foules à la disposition du Predator qui renversent cette tendance, ces derniers manquant d’efficacité.
Le Predator est orphelin d’outils efficaces pour créer une opportunité, il est contraint de guetter les erreurs adverses plutôt que de les provoquer. S’il se risque à tenter l’approche frontale, il finit rapidement en position de faiblesse sous le feu de quatre fusils d’assauts pointés sur lui. Le chasseur endosse trop souvent le rôle de la victime maltraitée par ses proies, un comble pour un jeu au titre si évocateur.
Ce déséquilibre se poursuit en match making : il faut plusieurs minutes pour rejoindre une partie en tant que Predator contre quelques secondes pour un commando. Le jeu accuse aussi un déficit de contenu avec seulement trois cartes similaires. On peut toutefois débloquer des armes via l’expérience, des objets cosmétiques aléatoires et des compétences passives. Predator: Hunting Grounds est sorti trop tôt mais des mises à jour pourraient corriger ses déséquilibres. En l’état, difficile de se contenter de son ambiance convaincante et des notes d’intentions posées sur des fondations instables.





