Test de « Kamiwaza: Way of the Thief » sur Switch. Pourquoi ce jeu d’infiltration de l’ère PlayStation 2 est-il unique en son genre ?

Test de Kamiwaza: Way of the Thief réalisé sur Switch à partir d’une version fournie par le distributeur.

Miracle ! Seize ans après sa sortie en catimini sur PlayStation 2, Kamiwaza: Way of the Thief sort de l’ombre. Le jeu d’infiltration d’Acquire est désormais disponible en anglais sur PlayStation 4, Switch et PC. Après tant d’années, peut-il devenir un grand classique du studio ? On reconnaît la légèreté technique de ce remaster, mais aussi son originalité, qui en fait un jeu d’infiltration véritablement unique en son genre.

Attention, spoilers

L’auteur de ce texte s’engage à divulguer le moins d’information concernant l’intrigue de Kamiwaza: Way of the Thief. Il peut tout de même contenir quelques spoilers gâchant le plaisir de la découverte. Si vous souhaitez y jouer dans les meilleures conditions possibles, on vous conseille de reporter votre lecture de cet article.

Test de Kamiwaza: Way of the Thief sur Switch

Le joueur incarne Ebizo, jeune voleur qui restitue aux pauvres ce qu’il dérobe aux riches. Il quitte toutefois la profession quand une mission dérape et que des confrères assassinent une famille de nobles. Il recueille leur orpheline et promet de l’élever comme son propre enfant. Mais dix ans plus tard, Suzuna tombe malade et le père adoptif ne possède pas suffisamment d’argent pour lui acheter des remèdes. Il décide alors de reprendre du service pour offrir un avenir à sa fille.

Pourquoi ce jeu d’infiltration est-il différent des jeux du genre ?

Bien que le joueur doive échapper à l’attention de nombreux gardes, Kamiwaza: Way of the Thief est davantage axé sur le vol que sur l’infiltration. Ebizo possède un baluchon, qu’il peut d’ailleurs utiliser comme un ballon de football pour assommer ses ennemis, qu’il remplit des nombreux biens qu’il s’approprie. Plus le sac grossit, plus les villageois le remarquent cependant et le noble voleur doit penser à se masquer le visage pour ne pas être reconnu. Il faut aussi planifier ses larcins car, la nuit, les intérieurs sont plus difficiles d’accès et des gardes patrouillent en ville.

L’infiltration en elle-même se révèle extrêmement loufoque, dans un style propre à Acquire. Ebizo peut par exemple débloquer une technique qui lui permet de passer inaperçu en s’allongeant et en roulant dans les escaliers. Il peut également rester collé au dos d’un garde pour éviter son champ de vision. Mais on pense surtout à son incroyable cabriole pour échapper à toute vigilance. Dès lors qu’il est aperçu par un PNJ, le joueur effectue une roue qui le rend invisible quelques secondes.

Ebizo peut apprendre de multiples techniques pour améliorer sa discrétion. Ces petits pas chassés lui permettent de rester inaperçu pendant qu’un personnage se déplace.

Cette esquive est essentielle car quand il la réalise, Ebizo entre dans une frénésie qui lui permet de voler n’importe quel trésor d’un seul coup, qu’importe sa barre d’endurance. Ce système se révèle étonnamment dynamique et assure l’action du titre. Car Kamiwaza: Way of the Thief est un jeu non-violent où le noble voleur ne combat pas, il dérobe de l’argent à ses adversaires. Une fois détroussés, les ennemis tombent dans les pommes.

Comment se manifeste le côté action-RPG de Kamiwaza: Way of the Thief ?

Depuis la sortie de Kamiwaza sur PlayStation 2 en 2006, Acquire a sorti de nombreux titres qui font sa personnalité. Mais à l’époque, ce jeu d’infiltration était presque un pionnier du genre. Son monde semi-ouvert rappelle des titres comme Way of the Samurai et Akiba’s Trip: Hellbound & Debriefed sorti plus tard. Le personnage peut évoluer en s’améliorant, notamment pour cambrioler plus rapidement, mais aussi en apprenant de nouvelles techniques contre des points de style.

Le joueur doit donc trouver le bon équilibre pour satisfaire tout le monde. Aider les villageois permet notamment de passer inaperçu en ville. Certains détruisent ainsi les avis de recherche placardés contre Ebizo. Les portraits-robots sont d’ailleurs à mourir de rire car plus le voleur est discret, moins la ressemblance est frappante. Enfin, les villageois déposent aussi des objets sur le seuil de la porte du joueur quand les relations sont positives.

Ce monde très compact, mais que l’on peut explorer à sa guise, donne lieu à des missions secondaires, pour gagner de l’or, et principales pour faire progresser l’histoire. Comme dans d’autres classiques du studio, il est ici possible d’agir sur son environnement. Car les butins ne servent pas qu’à acheter des médicaments. Il servent aussi à améliorer la qualité de vie des villageois quand on leur offre de la nourriture par exemple. Attention toutefois à certains biens qui les mettent en colère, comme les statues de Jizo. On peut aussi préférer offrir son pécule au Boss, la gérante d’une organisation de voleurs qui permet d’acheter des objets et des améliorations de plus en plus utiles.

Seize ans après sa sortie sur PlayStation 2, Kamiwaza: Way of the Thief peut-il devenir un grand classique ?

Aujourd’hui encore, Kamiwaza: Way of the Thief est déroutant par de nombreux aspects. Un joueur ne connaissant pas Acquire se demandera sans doute où est-ce qu’il a mis les pieds, mais on prend vite ses marques et le plaisir de jeu apparaît aussitôt. Malgré tout, les systèmes ne sont pas toujours bien expliqués malgré des tutoriels, et seul l’usage permet de bien prendre en main le titre.

N’importe quel objet peut rentrer dans le baluchon d’Ebizo. Sur cette capture d’écran, il s’approprie de grands paravents.

L’univers parfois excentrique et l’humour typiquement japonais font toujours mouche, mais le jeu n’est pas sous-titré en français. Certes, la localisation en anglais est déjà un miracle, mais il n’est tout de même pas facile d’accès aux joueurs qui ne comprennent pas la langue. Il faut aussi et surtout accepter une esthétique d’un autre âge, comme pour les autres jeux de la maison du reste. Déjà à l’époque, Kamiwaza ne brillait pas grâce à son rendu visuel. Les animations sont hélas pauvres et les bugs graphiques sont fréquents, comme des objets ou des personnages traversant des surfaces.

Cela contribue à l’aspect burlesque du titre, signature d’Acquire. Mais ce manque de polissage se ressent jusque dans le gameplay car l’intelligence artificielle est extrêmement faible. On se demande comment certains gardes nous repèrent, à travers des murs et des plafonds, tandis que d’autres ne nous remarquent pas à quelques centimètres. Cette part d’aléatoire gâche un peu le plaisir, bien qu’elle ne soit pas frustrante. Kamiwaza: Way of the Thief n’est pas excessivement difficile et trois degrés de difficulté permettent de joueur selon ses préférences. Par ailleurs, la durée de vie plutôt courte motive à progresser puisqu’un run ne dépasse pas dix heures. Cela permet d’enchaîner plusieurs parties pour découvrir les différentes fins possibles de l’aventure.

Notre avis | 6

Seize ans après la version PlayStation 2, Kamiwaza: Way of the Thief sort finalement en anglais sur PlayStation 4, Switch et PC. Il aurait été dommage que cette production d’Acquire ne sorte jamais du Japon car il s’agit d’un jeu d’infiltration d’une grande singularité. Les vols que l’on effectue sont souvent loufoques mais le système est dynamique et motivant. Le monde est également bien construit, car Ebizo peut aider les villageois ou servir ses propres intérêts. On regrette simplement un remaster trop brut visuellement, ainsi que l’absence de sous-titres en français. L’intelligence artificielle est également perfectible, mais n’empêche pas de progresser. Dans tous les cas, on ne peut que se réjouir d’avoir accès à Kamiwaza: Way of the Thief, grand oublié d’un studio qui a pris du galon depuis.

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Test de Kamiwaza: Way of the Thief réalisé sur Switch à partir d'une version fournie par le distributeur. https://www.youtube.com/watch?v=o73_sZJ39vU Miracle ! Seize ans après sa sortie en catimini sur PlayStation 2, Kamiwaza: Way of the Thief sort de l'ombre. Le jeu d'infiltration d'Acquire est désormais disponible...Test de « Kamiwaza: Way of the Thief » sur Switch. Pourquoi ce jeu d'infiltration de l'ère PlayStation 2 est-il unique en son genre ?