lundi 26 octobre 2020
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Test de Hades : nom de Zeus !

Test réalisé à partir d’une version commerciale sur PC (Ryzen 7 3700X, 32 Go de RAM, GeForce RTX 2070 8 Go)

Développé et édité par Supergiant Games
Sorti le 17 septembre 2020 et disponible sur Switch et PC

InterfaceFrançais / Anglais / Italien / Allemand / Espagnol / Coréen / Portugais / Russe / Chinois / Polonais
AudioAnglais
Sous-titresFrançais / Anglais / Italien / Allemand / Espagnol / Coréen / Portugais / Russe / Chinois / Polonais

Hades est le dernier-né de Supergiant Games (Bastion, Transistor et Pyre), un studio principalement attendu pour son écriture et pour la réalisation superbe de ses titres. On connaît désormais son savoir-faire en matière de plaisir de jeu. Hades est particulièrement excitant à pratiquer et l’envie d’enchaîner les parties, comme on enchaîne les défaites, est irrésistible. Oui, on parle bien d’un rogue-like, un genre pourtant classique aujourd’hui et dans lequel tout, ou presque, a été vu. Quels délices des dieux ont été intégrés à la recette de ce nectar pour que l’on y prenne tant goût, que diable ?

Il est temps pour l’oisillon de prendre son envol, paradoxalement pour rejoindre sa mère. Zagreus désire quitter la maison d’Hadès à la rencontre de ses parents du mont Olympe, mais le dieu des Enfers ne voit pas le projet du même œil. Pour l’empêcher d’atteindre la surface, les Damnés sont chargés de tuer Zagreus dans le Tartare, l’Asphodèle, l’Élysée puis le temple du Styx. Le jeune dieu ressuscite alors dans le bassin du manoir, sous le regard sévère du Seigneur Hadès.

On ne pouvait trouver meilleur prétexte à la mécanique rogue-like, la mort de Zagreus étant inéluctable. La construction de Hades est d’ailleurs très conventionnelle : grâce à ce que l’on récolte entre chaque partie, on progresse de plus en plus loin dans les Enfers jusqu’à la prochaine défaite, que l’on espère le plus tard possible. Dans l’absolu, venir à bout de Hades ne devrait prendre qu’une trentaine de minutes mais, à part un dieu de l’Olympe, qui peut prétendre y arriver à sa première tentative ?

À chaque fois qu’il est vaincu, Zagreus rentre à la maison avec la possibilité de gagner en compétences, grâce aux clés chtoniennes et aux obsidiennes. Le Miroir de la Nuit installé dans ses quartiers permet d’obtenir des « vies » supplémentaires, de récupérer de la santé entre chaque salle ou de posséder quelques oboles de Charon en poche pour la tentative suivante. Des gemmes permettent aussi à l’architecte des lieux quelques travaux de rénovation, entrecoupant les salles aléatoires du labyrinthe par des fontaines pour se restaurer, par exemple. La progression est alors plus facile à chaque évasion. On avance un peu plus, on récolte davantage de ressource et ainsi de suite.

Les combats ne sont toutefois pas particulièrement difficiles, même si chaque nouvel ennemi requiert que l’on comprenne et apprenne ses motifs d’attaque. Quand on appréhende chacun d’entre eux, les salles de combat sont vite nettoyées, même lorsque les adversaires possèdent une armure. Les rouages sont simples avec une attaque, une technique, des projectiles en quantité limitée et une esquive. Mais les tentatives ne sont jamais, ô grand jamais, redondantes grâce à la variété des six armes évolutives de l’arsenal, dont cinq sont à déverrouiller. Épée, lance, bouclier, arc, gantelets et fusil (parfaitement) ont des contrôles aussi différents qu’agréables. Pour motiver le joueur à régulièrement modifier son équipement, un bonus de 20% est appliqué sur la récolte d’obsidiennes en début de tentative.

Chaque salle permet au joueur d’obtenir un bonus, dont les fameux bienfaits des dieux de l’Olympe que l’on perd quand on rentre à la maison d’Hadès. Il en existe des centaines pour augmenter la portée de la lance, appliquer un statut à chaque esquive, tirer deux flèches à l’arc, octroyer des effets rebondissants aux projectiles, invoquer les dieux, obtenir davantage de ressources ou retrouver quelques points de vie après avoir subi un coup. On peut en plus choisir son cheminement parmi différentes portes, puisque le bonus présent dans la pièce suivante est indiqué au préalable. Dans ces conditions, aucune tentative ne ressemble à une autre et on n’a jamais l’impression de réaliser deux parties identiques.

En comprenant mieux les builds qu’il est possible de monter, le joueur peut orienter sa partie pour gérer plus facilement les mini-boss. Ces derniers donnent parfois du fil à retordre et l’arène devient un véritable shoot’em up ! Les boss ponctuant les paliers sont d’authentiques murs de difficulté qui balisent la progression. Rien n’est insurmontable quand on se présente avec un Zagreus adéquatement préparé, même sous la pression des riffs électrisants de Darren Korb. Et gare à ne pas se reposer sur ses lauriers : il suffit qu’un boss devienne une formalité pour qu’il nous surprenne de bien des manières…

Chaque tentative est également ponctuée d’événements aléatoires. Dans une salle, Thanatos peut aider Zagreus ; une compétition pour savoir qui éliminera le plus d’ennemis démarre alors. Des rencontres permettent d’obtenir des ressources bienvenues. Un portail du chaos propose de sacrifier sa santé et de subir un malus temporaire qui, après quelques combats, devient un bonus permanent. Parfois, deux bienfaits sont disponibles dans la même salle : le joueur doit sélectionner l’un des deux mais attention au courroux de l’autre, vexé de ne pas être choisi ! Voilà pourquoi Hades est toujours aussi passionnant après des dizaines et des dizaines de parties.

Zagreus n’est pas le seul être de Hades à progresser, les personnages non-jouables évoluent aussi. Au cœur des labyrinthes ou dans la maison d’Hadès, gérée par son Seigneur comme une administration, le joueur tisse des relations avec les dieux Chtoniens, les dieux de l’Olympe et d’autres personnages. Bénéficiant d’un chara-design admirable, Dieu qu’ils sont beaux, chacun possède ses propres motivations pour soutenir Zagreus ou lui nuire. Mégère n’a rien contre le jeune dieu, elle ne fait que son travail, par exemple.

Au fil des discussions, les descriptions de chacun se précisent dans le codex. On sympathise même avec eux en leur offrant du nectar, une ressource rare mais qui permet d’obtenir un souvenir : un autre bonus que l’on équipe en début d’évasion. Le nombre de lignes de dialogues différentes est immense, avec des conversations contextuelles, selon les actions de Zagreus au cours de sa dernière évasion. En mourant face aux Gorgones, Hypnos commentera leur regard pétrifiant. En battant Mégère avec les gantelets, elle pestera contre leur brutalité. Les dieux de l’Olympe ne cessent de discuter du build de Zagreus selon ses rencontres précédentes.

La maison d’Hadès semble de fait plus vivante que jamais, un comble pour le maître des Enfers, et les relations entre les dieux se dévoilent en même temps que les tentatives s’enchaînent. Hormis Charon qui grogne plus encore que Cerbère, dialoguer avec les personnages et les écouter surtout est un véritable nectar pour les oreilles. Les doublages sont tout simplement divins, de l’attitude presque désabusée de Zagreus à l’autorité naturelle d’Hadès. Quelle réussite !

Pour que tout le monde profite de l’intrigue, jouissant du même soin que la jouabilité, Supergiant Games a prévu un God Mode pour rendre Hades plus accessible. À chaque échec, Zagreus devient plus fort, rompant son cycle de remise à zéro. Dès lors, le déploiement de l’histoire devient la principale motivation pour progresser dans le jeu, avec la relation père-fils au cœur du récit. Hadès n’étant pas monsieur Tout-le-monde, il écrase Zagreus et le joueur de sa présence divine. Les saynètes qui s’affichent régulièrement, où le maître des lieux domine son fils par ses paroles décourageantes, enragent et procurent un sentiment de révolte. Qu’il est motivant de lui clouer le bec avec une évasion réussie !

Hades ne se conclut cependant pas après une première évasion : des objectifs différents permettent de pimenter les tentatives, comme la course contre la montre. Une liste de missions annexes requiert aussi beaucoup d’investissement. Surtout, Zagreus continue de compléter son codex grâce aux discussions, aux offrandes et à ses actions dans les labyrinthes. Le codex contient des informations sur tous les personnages, les ennemis, les armes et mêmes les ressources du jeu. La mythologie grecque est d’une richesse inouïe et la consulter par le prisme de Supergiant Games est une redécouverte fascinante.

Parce qu’on ne rentre jamais bredouille et par l’interconnexion de tous les éléments de Hades, ce rogue-like est d’une accoutumance rare. On meurt, il est vrai, mais jamais sans servir un projet d’évasion qui se dessine plus nettement au fil des heures, grâce à l’équilibrage quasi-maniaque dont le jeu bénéficie. On meurt, mais la curiosité l’emporte : le désir perpétuel de se plonger dans ces dédales isométriques grandit à chaque tentative. On meurt, encore et toujours, mais avec déjà des plans d’évolution qui se précisent pour la prochaine. On meurt, mais qu’il est bon de renaître, nom de Zeus !

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